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Etape 47 : Akhtousbinsk - Kharabali

Mercredi 6 Mai 2008

Distance : 158 km Dénivelé : 269 mètres

Départ : 7h10 - Arrivée : 17h15

Nous quittons la ville des aviateurs – le premier centre d’études aéronautique de la Russie nous a-t-on dit - pour plus de 150 km. Départ matinal. Cela devrait nous permettre d’arriver plus tôt. La première partie de l’étape est assez monotone car la steppe gagne du terrain, encore quelques arbustes, mais le décor Kazakhstanais se met en place, lentement et sûrement. Les populations aussi changent et l’influence des peuplades venues de Mongolie, commence à se voir. La deuxième partie de l’étape sera beaucoup plus souriante, car nous longeons le fleuve Aktouba, qui est parallèle à la Volga. Ces deux fleuves vont se jeter dans la mer Caspienne, par des deltas immenses, après Astrakan. Ces fleuves sont tellement puissants qu’ils font remonter le niveau de mer, ce qui provoque chaque année des inondations encore visibles en mai. Manifestement un système d’irrigation est en place, car nous voyons des centaines d’hectares de serres basses, travaillées par des agriculteurs, hommes et femmes très nombreux. En prime nous prendrons notre pique nique au pied d’une église magnifique en bois ; Elle a résistée aux incendies, aux invasions, aux séismes politiques et fait la fierté des habitants d’un petit village.
Ce soir nous logeons dans deux hôtels. Le confort est désormais le minimum !
Une douche froide et un W.C. Pour 115 !
Les lits, neufs, il y a une trentaine ‘années, retrouvent une nouvelle jeunesse avec une planche ! Nous entrons réellement dans la vraie vie des populations locales !
Demain sera un autre jour !


Le témoin du jour est : Rémy Fleurent de l’U.S.Métro, habitant au Perreux sur Marne (94) Val de Marne.
Je suis soumis à un enrichissement quotidien, par l’observation des populations dans leur vie quotidienne, qui ne nécessite pas une fraternisation démagogique ! Mon étonnement vient des qualités humaines des populations des pays traversés, par rapport à l’extrême délabrement de leur environnement. J’ai perçu cette différence, notamment en Roumanie. Mes plus grandes émotions de touriste ont été ressenties tout d’abord quand j’ai vu, au petit matin, à Bucarest le confluent de la Sava et du Danube et plus récemment ma visite nocturne du mémorial et de la statue de la Mère Patrie à Stalingrad. Pour information, votre serviteur est natif de Verdun, et j’ai été le premier à réaliser la maquette du mémorial de Fleury devant Douaumont, en 1963.
Cependant, Paris Pékin pour moi est un exercice contre nature car je suis sinon marginal du moins décalé par rapport à n’importe quel groupe. Paradoxalement c’est ce qui me permet de m’y sentir à l’aise, ne faisant jamais chorus avec les mouvements de mauvaise humeur collective. Je me contente de la mienne dont j’évite dans la mesure du possible de faire profiter la collectivité.


Etape 46 : Volgograd (Stalingrad) -Akhtousbinsk

Mardi 6 Mai 2008

Distance : 158 km Dénivelé : 269 mètres

Départ : 7h45 - Arrivée : 18h

De plus en plus a l’est !

La chaleur arrivant, les plus longues distances aussi, nous partons ce matin plus tôt, et nous allons essayer désormais de partir plus tôt chaque matin. La prise du petit déjeuner à une heure plus matinale, n’est pas cependant garantie par nos prestataires.
Dés le départ, encadré, nous avons la possibilité de mesurer l’ampleur de la Volga. Une vingtaine de km, après notre mise en route, nous la franchissons en effet sur un barrage gigantesque. Le fleuve mesure au moins deux kilomètres de large ! Deux écluses monumentales, apparemment sans trafic, achèvent cet ouvrage monumental et impressionnant.
La route continue et le paysage se modifie lentement, l’herbe devient moins verte, la poussière plus dense, dans quelques jours nous serons dans la steppe. Des troupeaux de moutons, porteurs de laine d’Astrakan, annoncent cette dernière ville du sud est de la Russie, que nous atteindrons dans deux jours.
A l’arrivée, les officiels, une fanfare, un groupe folklorique et des enfants nous offrent le pain et le sel. Chaque jour, des cyclos différents sont ainsi honorés. Cérémonie simple et bon enfant, mais qui se veut officielle et bien réglée. Désormais nous avons l’habitude.
Demain sera un autre jour !

Notre témoin du jour : Roland Diot de l’U.S. Ivry sur Seine (94) Val de Marne.
Pour l’instant je réalise ce Paris Pékin, comme je l’imaginais, tout n’est pas parfait, mais me préparant sérieusement depuis un an, je me sens très bien. Je discute très librement avec tous et j’ai l’impression de faire tous les jours une sortie de club. Surprise aujourd’hui : nous avons vu le premier……..chameau. Le pays qui me laisse le plus fort souvenir reste la Roumanie. Le contraste entre la ville et la campagne est saisissant, et cette pauvreté rurale m’a bouleversé. Que de choses à faire !
Autre étonnement, les millions d’hectares de terres agricoles depuis notre départ. J’ai eu l’impression de traverser le grenier de l’Europe. La saison des moissons doit être spectaculaire ! Hélas, je ne serais pas là.
Tous les jours je m’interroge pour savoir ce que pensent de nous les gens qui nous regardent. Qu’imaginent-ils ? Savent-ils où nous allons ? La barrière de la langue, la timidité, m’empêche, pour le moment de connaître la réponse. Aujourd’hui, quand j’ai signé des autographes à des dizaines de jeunes filles et garçons, je n’arrivais pas à croire que c’était moi la « vedette ». Seul bémol à mon bonheur, l’absence de ma famille et de mes amis avec qui j’aimerais tant partager ces moments incroyables, variées, divers et inracontables. Nos soirées de cet hiver sont déjà réservées.




Journée de repos à Volgograd (ex Stalingrad)
Lundi 5 Mai 2008
RUSSIE


"En cas de rêverie mélancolique, prends le temps d’aller plus loin, pour apprécier au-delà de ce que tu crois" L.T.

Arriver à "Stalingrad", ne peut laisser indifférent. C’est une ville immense, posée sur la rive droite de la Volga, qui resurgit de ses cendres, avec en stigmates des traces indélébiles de ces folies meurtrières qui ont anéanties des millions d’hommes et de femmes, civils et militaires, en majorité Soviétiques et Allemands !
C’est pourquoi, cette journée de repos, s'est décomposée en deux parties.
Une invitation des autorités locales pour une visite de la ville, avec cérémonie au musée et un après midi libre, pour souffler.

A dix heures, deux cars nous ont conduits au mémorial de la guerre qui honore en particulier, les combats vécus à Stalingrad. Il s’agit d’un bâtiment énorme de forme cylindrique. A l’intérieur un musée, rappelant l’histoire de la ville, des salles de conférences où nous avons bénéficié d'une projection privée d'un film relatant les combats, avec une attention délicate, le souvenir marqué, de la présence en U.R.S.S. de l’escadrille Normandie-Niemen et ses valeureux pilotes. A l’extérieur des matériels de guerre : Avions, chars de combat, orgues de Staline, ayant participé à la lutte contre le nazisme et le squelette unique d’un bâtiment en ruine de huit étages, conservé en mémoire.
Le Maire de la ville et ses responsables locaux, dans des discours, traduits en Français, ont valorisé l’amitié entre les peuples et notamment entre la France et la Russie. Une Marseillaise et l’hymne Russe ayant ponctué ces interventions. Jean-François, à son tour a exprimé au nom de la Fédération et au nom de tous les cyclos participant à Paris Pékin, combien nous étions honorés d’être reçus ici et fiers de participer à la compréhension entre peuples amis.

L’après midi, beaucoup sont allés visiter le mémorial de la patrie situé sur le sommet d’une colline d’une centaine de mètres, accessible par un millier de marches de 50 mètres de large. Une immense esplanade reçoit l’édifice. Œuvre architectural particulièrement réussie, moderne, sobre, émouvante et en même temps, porteuse d’espoir. Une flamme géante éternelle brûle au milieu. Elle est gardée par deux soldats en uniforme de parade, dont la relève chaque heure, se déroule au pas de l’oie. Une musique "la rêverie" de l’allemand Robert Schumann, procure une ambiance idéale de gravité, de tristesse et d’espoir.
Plus haut encore, la statue de la mère Patrie de plus de 90 mètres de hauteur, en béton (plus de 2 000 t) représentant une femme brandissant un glaive levé à la main ! Cette statue est devenue l’emblème de la ville, et une reproduction, sera en septembre dans les locaux fédéraux. Après une nuit de repos bien mérité, la route et notre histoire vont continuer.

Etape 45 : Sourovikino - Volgograd
Dimanche 4 Mai 2008
145 km - Dénivelé : 641 mètres
Départ : 8h30 - Arrivée : 19h30
RUSSIE


De fleuve en fleuve...

Dans notre imaginaire d’adolescent, ils nous faisaient rêver à des contrées lointaines et fantastiques, impossibles à atteindre, et porteurs d’exotisme, de légende et d’histoire !
Dans notre réalité de voyageur, nous les avons accompagnés du doigt sur notre atlas, puis croisés d’un regard bienveillant, suivi comme leur ombre et admiré comme des icônes: Ils sont tous là ces fleuves : La Seine, le Danube, le Don et La Volga désormais à nos pieds. Ils font dorénavant et pour toujours partie de nos histoires.




La conquête du dernier n’est pas la plus facile car ce dimanche ensoleillé, a été également très venteux ! Et ces longs kilomètres, dans une campagne plus rude, et moins riante n'ont pas été du plaisir. Il faut préciser que nous avons franchi la barre symbolique des 5 000 km de selle et que certains cyclos ont besoin de repos.



Nous avons rencontré les Cosaques, nous cherchons maintenant les bateliers !
Notre arrivée à Volgograd ne pouvait se faire sans un accueil particulier. Sur la place de la victoire, où ont lieu les parades militaires, un comité d’accueil, nous attend : cyclistes, Président de l’office des sports, un représentant de l’Union Cycliste internationale (UCI), presse et télévision. Offrande classique du pain et du sel et instants émouvants : six des nôtres, Jean François, le chef de l’expédition, une Anglaise : Angella, un Canadien : Michel, un Français : Jean-Pierre et un Suisse : Ernest, ont déposé un bouquet de fleurs sur la dalle sacrée, où brûle la flamme éternelle. Hommage symbolique international de la Fédération française de cyclotourisme, aux millions de morts de cette ville martyre.



Etape 44 : Morozoyskaia - Sourovikino
Samedi 3 Mai 2008
Distance : 92 Km - Dénivelé : 330 mètres
Départ : 8h30 - Arrivée : 17h00
RUSSIE


De surprise en surprise !

La première vient de la météo car c’est sous la pluie que nous reprenons la route, celle-ci a duré jusqu’ à midi. Le paysage étant moins attrayant, nous pensions, engranger les kilomètres sagement et sans histoire. Mais oh!! surprise à quelques kilomètres de notre destination finale, une foule chaleureuse nous attendait ! La cérémonie immuable du pain et du sel s'est renouvelée, en présence d’un groupe folklorique Cosaque, naturellement. Ce sont deux de nos cousins Canadiens qui ont l’honneur de recevoir, en premier ces présents, accompagnés d’un verre de vodka. Photos, vodka, sourires, poignées de mains, nous repartons joyeux, quand nous apprenons, que par suite de pluies importantes, il nous est impossible de rejoindre notre base de loisirs par le chemin normal. Deux de nos camions se sont déjà embourbés et ont été tirés de ce mauvais pas par la police. Nous devions donc, modifier l’itinéraire et notre mode de transport!!! Continuer à pied, et oui, sans vélo, en portant nos bagages, les véhicules étant en partie bloqués ! Et cerise sur le gâteau l’obligation de franchir par un pont de singe, une rivière en crue, on se serait cru dans une épreuve du Pékin Express ou de Koh Lanta ! Certains ont frémis, d’autres ont fermés les yeux les photographes se sont régalés et tout le monde est arrivé sur l’autre rive !

La deuxième surprise est venue de la présence d'une troupe de danseurs cosaques, femmes et hommes, en habits du dimanche, qui n'a pas hésité à faire le spectacle rien que pour nous. Nous sommes désormais bien loin du journal télévisé de 20 heures et nous vivons en direct et en relief l’histoire passée et actuelle. Demain, nous serons à Volgograd, qui ne vous dit peut être rien, sauf si je prononce Stalingrad.

Le témoin du jour :
Jean-Pierre Rouxel, du club l’avenir cyclotourisme d’Ormes dans le Loiret (45).
Je souhaite vous parler de la Russie car dans mon projet de voyage, je voulais absolument redécouvrir ce pays et son aspect slave que je connaissais, notamment par les livres. Ces derniers jours j’ai été marqué par les cérémonies d’accueil à la ville étape. Tout me renvoie, en effet, quarante ans en arrière, dans la façon d’organiser ces cérémonies officielles. En 1966, j’ai fait un voyage d’études à Moscou, pour apprendre le Russe et je retrouve la même convivialité, la même tonicité. Les contenus des discours restent identiques, le ton est le même, toujours cet aspect grandiose, vigoureux et à la fois rassurant. Je retrouve les mêmes réactions aux problèmes posés, tout est possible, des solutions irréalisables et inattendues sont proposées, même si elles sont inappropriées, tout cela présenté avec gentillesse et sans se prendre au sérieux. Je retrouve vraiment ce charme slave, indéfinissable, un peu vague et presque irréel qui m’avait tant marqué.
Je suis dans l’ensemble satisfait du voyage, les difficultés rencontrées étaient attendues et c’est dans la façon de les surmonter que nous vivons vraiment cette expédition, car les solutions, là aussi, peuvent être inattendues et surprenantes. Je veux saluer nos collègues Canadiens et Suisses qui apportent beaucoup de bonne humeur au sein du peloton et parfois, lors d’un jour sans, nous en avons bien besoin et tous ceux qui auraient souhaité participer à cette incroyable histoire ! En résumé la forme, le moral, la santé sont au beau fixe… pourvu que cela dure... !

Etape 43 : Belaia Kalitva - Morozoyskaia
Vendredi 2 Mai 2008
Distance : 95 km - Dénivelé : 439 mètres
Départ : 8h30 - Arrivée : 16h00
RUSSIE


Superbe plaine Russe.

Aujourd’hui encore, comme demain et après demain tout est fermé ici. Les Russes, aussi, profitent des viaducs festifs. Notre équipe d’approvisionnement se débrouille et assure !
La route étant semblable à celle de la veille et probablement identique à celle de demain. Les cyclotouristes, habitués, avalent leur cent kilomètres quotidiens, avec aisance et bonne humeur…

Voici un sujet essentiel où tout doit être clair pour tous. Ce sera, sauf imprévu, la seule fois où ce point sera évoqué.
Lors de la préparation de cette incroyable expédition, le comité d’organisation a souligné à multiples reprises que la sécurité du groupe serait la consigne n°1 pour chacun des cyclos et pour l’encadrement.
Pendant plus de deux ans, Dominique Lamouller, notre président fédéral et Jean-Michel Richefort, notre directeur technique national, lors de multiples contacts tant auprès des Ambassades des 11 pays traversés implantées en France, ont toujours formulé la même demande : pouvez-vous garantir notre sécurité sur votre territoire ?
Chaque état a reçu cette exigence, au plus haut niveau, l’a entendu et l'a faite appliquer selon ses propres critères. Du coup, jours et nuits, les services de police veillent sur nous. Dans les pays où le respect de l’autorité est un dogme, la méthode peut parfois surprendre, mais il faut reconnaître que le travail est fait de la manière la plus souple possible, compte tenu de la réalité du terrain et de la circulation. Nous convenons bien volontiers que cette exigence peut surprendre le cyclotouriste dominical, qui tranquillement pédale en famille dans le bois de Meudon ou le couple d’amoureux, qui traverse le massif de Chartreuse, en musardant sur les sentiers. Mais notre expédition est tellement différente du cyclotourisme traditionnel, que ces mesures, bien utiles parfois, continueront à être appliquées probablement jusqu’à Pékin. Que ne reprocherait-on à la FFCT, si les 101 cyclos, ne parlant pas la langue et incapables de lire une pancarte directionnelle, étaient laissés seuls dans ces pays inconnus? Arriver tous à Pékin constitue notre objectif majeur, avec, en contrepartie, cette exigence sécuritaire. Il faut l’accepter et savoir en payer le prix.

Le témoin du jour :
Jean-Marie Rion, Membre individuel de Luxembourg
Pouvez vous nous dire comment vous vivez cette randonnée Paris-Pékin, vous individuel, qui partagez votre quotidien avec 114 personnes ?
"Globalement je suis plein d’admiration pour l’exécution de cette expédition. Je me suis inscrit par défi, car j’ai organisé pour moi-même des randonnées en France et j’ai souhaité approcher une autre dimension, internationale et incroyablement longue. De plus, je souhaitai être débarrassé de l’intendance. Je mesure tous les jours la gageure du projet. Nous allons franchir les 5 000 km, c’est une première étape. Je mesure les difficultés de la suite et notamment l’ascension des cols à 3 600 mètres au Kirghizistan. Je suis persuadé qu’avec la solidarité du groupe nous y arriverons.
Cette expérience de vie communautaire me permet de rencontrer d’autres gens et en particulier ma rencontre avec les écoles solidaires de Vienne (Autriche) m’a beaucoup marqué. Elèves et professeurs avaient particulièrement bien préparé cette journée. Un peu septique, sur ce rôle d’ambassadeur, j’ai mesuré combien cette idée était riche et positive pour les enfants et pour moi.
L’accueil d’hier et d’aujourd’hui, préparé par les Cosaques, et l’offrande du sel et du pain, par une jeune fille en costume traditionnel est un moment particulièrement agréable, apprécié et inoubliable.
Je me réjouis d’être le témoin actif de cette incroyable randonnée et je forme l’espoir de pouvoir rejoindre Pékin le 3 août prochain".

Etape 42 : Chakhty – Belaia Kalitva
Jeudi 1er Mai 2008
116 Km - Dénivelé : mètres
Départ : 8h30 - Arrivée : 16h30


Incursion dans le pays cosaque !

Etre présent le premier mai en Russie est en soi particulier, mais se trouver dans le pays cosaque est vraiment surprenant. En arrivant devant le symbole du pays cosaque retrouvé : La croix orthodoxe et la statue du cheval triste (son cavalier est mort), nous avons droit à l’offrande du pain et du sel sous les yeux des télévisions. Puis nous reprenons notre route.
A l'étape une délégation de 25 cyclotouristes se rend en bus, à la mairie de Bélaia. En arrivant sur le parvis de l’hôtel de ville, surprise : Une délégation de 25 cosaques, en grande tenue de parade, médailles pendantes, nous attend au garde à vous ! Avec leur casquette, ils nous semblent des géants ! Après quelques mots de bienvenue, nous sommes entraînés dans la grande salle de réception et là, une cosaque avec une voix, vibrante et chaleureuse, nous vante les mérites du peuple cosaque et de cette ville et nous conte les exploits de ses compatriotes, sportifs, travailleurs, militaires, savants, hommes d’Etat ! Nous sommes cloués sur nos sièges !

La réponse de notre délégation, rend hommage à ces cosaques qui faisaient partie de notre imaginaire et que désormais nous connaissons un peu mieux. Il faut savoir que l’identité cosaque est reconnue et que cette région se veut exemplaire pour le reste du pays.
Ce soir l’hébergement se fait dans un camp de jeunesse. Le confort est simple (10 par chambre) mais le calme de la campagne convient à tous.

Notre témoin du jour est :
Evelyne Bernard de l’Association sportive cyclo de Cordemais (44) Loire Atlantique. Aujourd’hui une journée ordinaire avec la police qui nous protège et en même temps nous oblige à rouler tous ensemble. Je n’ai pas de problèmes particuliers.
Depuis que je suis partie je me sens de mieux en mieux physiquement et moralement. Je me sens très bien dans mon groupe (bleu) je monte les bosses facilement, je suis à l’aise. Je mange bien, je dors bien et je compte vraiment aller jusqu’a Pékin. J’ai conscience que grâce à la Fédé, nous, je suis avec mon mari, l’homme de ma vie depuis 36 ans, réalisons LE voyage de notre vie. J’ai été sidérée hier à Chakhty de l’accueil officiel et lorsque la Marseillaise a été entendue, j’ai eu la chair de poule et les larmes aux yeux.
Dans cette expédition j’ai roulé sur des chemins inoubliables, et impensables que je n’aurais certainement pas été capable de faire seule. Je suis également frappée par une certaine pauvreté des pays traversés et je pensais que les villages Russes seraient plus coquets. Le fait de rouler à deux est très bénéfique, nous sommes unis comme les doigts de la main et chacun protège l’autre. Il aurait été impossible pour nous d’être séparés. Partager ces paysages, ces émotions, ces découvertes à deux est le sommet du bonheur.
Ce voyage est déjà le sommet de notre vie de cyclotouriste. Nous n’aurions jamais imaginé il y a 36 ans, qu’un jour nous réaliserions Paris Pékin à vélo. "Fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité" est désormais notre but. Nous sommes sur le bon chemin et c’est notre bonheur.

Etape 41 : Rostov sur le Don - Chakhty
Mercredi 30 avril 2008
82 km - Dénivelé : 437 mètres
Départ : 9h15 - Arrivée : 17h
RUSSIE

Une sainte journée !

Changement de décor, changement d’ambiance. Aujourd’hui une vraie journée de cyclotourisme. Du temps, des photos, de l’ambiance. A défaut du vent c’est la sérénité qui a soufflé sur les cyclos. Un départ groupé et accompagné par la police, nous permet de franchir plus facilement le Don, sur un des deux ponts de la ville. La route est coupée à toute circulation.
Nous gagnons rapidement une campagne riche et variée, sur une belle et large route. Au km 30 nous découvrons une ville importante pour l’histoire Russe : Novocerlasck. C’est ici en effet qu’en 1541, a eu lieu la première unification de la patrie Russe. Pour cette raison deux monuments prestigieux ont été édifiés. Un arc de triomphe très "kitsch à nos yeux", met en valeur les héroïques combattants, et une cathédrale remercie le Dieu Orthodoxe. Nous avons pu visiter longuement ces monuments. Plus loin deux autres églises intéressantes nous ont été proposées.
A l’entrée de la ville, un groupe cycliste composé de jeunes filles nous fait une haie d’honneur et prend la tête de notre groupe pour nous conduire à l’arrivée. Là encore surprise de taille, sur une place, devant un bâtiment à colonnades, le Président local du sport et du tourisme, encadré par trois cents enfants, nous reçoit en grande cérémonie, puis offrande du pain et du sel par une jeune fille et deux footballeurs en herbe, la Marseillaise et l'Hymne Russe, discours chaleureux des autorités. La médaille officielle et le fanion du Paris Pékin sont offerts au Président et aux cyclistes. Une cérémonie émouvante, où cette fois encore nous avions conscience de représenter la France et nos pays amis participants. A 18 heures, nous pouvons nous reposer de notre journée bien remplie.

Notre témoin du jour est :
Michel Arnoult du club de Vineuil Sports cyclotourisme (41) Loir et Cher.
Un départ de l’étape, frais et dispos, grâce à la journée de repos, nous a permis de démarrer tranquillement, accompagnés par la police comme d’habitude... Je suis un peu gêné par l’arrêt total de la circulation, en notre faveur car j’ai conscience des problèmes crées à la population locale. J’ai apprécié l’arrivée dans la ville de Novocerlasck, car nous avons pu prendre du temps et l’arrêt pique nique a été très bienvenu. Cela nous change des stations services... ! Une cathédrale un mariage et un arc de triomphe symboles du passé historique de la ville et du présent. Au changement de région, nous avons attendu une heure l’arrivée de la garde montante…. ! Heureusement le temps était clément, mais l’orage menaçant faisait redouter le pire.
Je garderai un excellent souvenir de l’accueil des jeunes filles cyclistes à l’entrée de la ville. Applaudissements et émotions Ces jeunes avec un matériel un peu désuet étaient manifestement fiers de rouler avec nous. J’ai été très ému avec la cerise sur le gâteau, l’accueil du comité des sports et du tourisme de la ville, avec Marseillaise et hymne Russe, précédant l’offre du pain et du sel. D’un seul coup notre statut d’homme ordinaire est devenu celui d’homme d’exception. Cela est fort agréable. !

Journée de repos à Rostov sur le Don
Mardi 29 avril 2008
RUSSIE

"A quelque chose malheur est bon" dit le proverbe. Cette journée de repos, très attendue, illustre notre propos. Beaucoup dans le groupe en effet faisaient grise mine, en pensant que se tenir à bonne distance de la ville allait être un handicap pour le tourisme. Il faut dire que c’est totalement exact pour ce point de vue. En revanche, dormir et se reposer dans la verdure, au bord du fleuve, ont été bénéfiques pour tout le monde. La condition physique est essentielle pour un randonneur au long cours. Savoir se reposer, dormir le premier, manger calmement et lentement sont des facteurs de réussite. Aujourd’hui, ceux qui l’ont souhaité ont pu vraiment apprécier cette tranquillité en dehors de toutes contraintes. D’autres ont préféré prendre un bus pour aller en ville. A chacun le soin de gérer sa vie. La partie se termine sur la muraille.
Les derniers enfin, une vingtaine, volontaires, ont quitté la base de loisir à 9 heures, en minibus, pour "obéir" aux règles de la vie officielle, souhaitées et attendues par les autorités. Visite d’un lycée, formateur des futurs sportifs Russes, déjà quatre médailles d’or au J.O. Rien ne nous a été épargné : Le discours officiel de l’adjoint du proviseur, les spas, le réfectoire, les salles de soins, celles de perfusion de je ne sais pas trop quoi, je ne comprends toujours pas le Russe, probablement du glucose. Les salles de musculation, l’utilité du sport d’élite dans la richesse d’un pays ! Nous avons répondu modestement que nous pensions être aussi des sportifs, mais d’une autre planète. Tout a été parfait. Chacun a tenu son rôle.

Deuxième visite au représentant de Monsieur le Maire de la grande ville de Rostov, sous les yeux des caméras de la télévision et l’oreille des radios. Une présentation de la FFCT est faite en Russe sur un diaporama, œuvre du siège fédéral. Echange de cadeaux, sourires, poignées de mains chaleureuses et il faut rapidement quitter la salle, une autre délégation est attendue.
Quelques enfants, apprenant le Français son présents. Occasion de nouer quelques liens. A 14 heures la délégation rentre et file prendre une sieste réparatrice.

Aujourd’hui nous avons accompagné à l’avion pour un retour en France Gérard Bayard, très fatigué moralement et physiquement. Bonne chance a lui pour une autre aventure.

Etape 40 : Taganrog - Rostov sur le Don
Lundi 28 avril 2008
95 km - Dénivelé : 592 mètres
Départ : 12h15 - Arrivée : 20h
RUSSIE

La grasse matinée, a fait quelques heureux et le départ pris sous un soleil radieux et chaud, donne du cœur à l’ouvrage ! Mais il nous faut vite déchanter car l’avancée du groupe est arrêtée par la police à chaque crevaison ! Notre ennemi le vent de face est lui aussi présent. Nous n’avançons guère. Les arrêts successifs et les conditions de route, transforment ce qui devait être une petite étape tranquille de 72 km, en une épreuve de 95 km.

Il faut dire qu’initialement nous devions être logés au centre ville et que devant les prix pratiqués, nous avons du nous replier sur des camps de vacances, bien aménagés certes, mais à une trentaine de km de l’entrée de la ville. Dorénavant nous prendrons des dispositions pour partir tôt le matin.
La ville de Rostov est immense, et la circulation vraiment difficile. La police veille sur nous. Et c’est en deux convois, vélos et véhicules, que nous trouvons nos bases de vie, au bord du Don, l’énorme fleuve Russe, encombré de bateaux plats. Le repos sera bienfaisant.

Notre témoin du jour :
Claude Morel, de l’abeille de Rueil (92) Hauts de Seine.
La mise en route est très laborieuse : 3 crevaisons en 5 km.
Du coup, la police qui nous précède et nous suit, arrête systématiquement l’ensemble des cyclos ! Ce qui n’est pas évident pour nous, ni très agréable. Comme d’habitude le vent de face est encore omniprésent. Au vingtième kilomètre nous sommes contraints de pique niquer en bordure de route faute de trouver un replis tranquille.

"Depuis mon départ de Paris, je suis satisfait, par ce que j’ai vu, entendu, vécu et appris. En plus, j’ai observé le domaine agricole, des pays traversés - c’était mon activité - et j’ai découvert des terres magnifiques, riches, parfaitement cultivées et ensemencées, dans d’immenses plaines qui laissent présager d’excellents rendements, sauf si les conditions climatiques sont médiocres, au moment de la récolte. J’avais souvent entendu parler de ces terres à céréales, mais je ne pouvais imaginer de telles étendues. Immédiatement j’ai retrouvé les lectures de mon enfance sur la retraite de Russie : « Après la plaine blanche... une autre plaine blanche » Ce voyage me fait prendre conscience, pour la première fois de ma vie, de l’immensité de la terre, probablement parce que telle une fourmi j’avance lentement. Je ne doute pas de découvrir pendant les deux tiers du parcours restant, de nouvelles découvertes, de nouveaux paysages, de nouvelles peuplades et des nouvelles sensations". Henri Dusseau

Etape 39 : Mariupol - Taganrog
Dimanche 27 avril 2008
128 km - Dénivelé : 695 mètres
Départ : 8h45 - Arrivée : 22h30 (Sic!)
UKRAINE

Bonjour la douane Russe !

En ce dimanche de Pâques orthodoxe, la météo n’est vraiment pas engageante ! Et pourtant, il faut repartir! Pour ne pas changer les mauvaises habitudes le vent est de face, la pluie tombe drue et du coup il fait froid !
Désormais rodés, les groupes avancent lentement en attendant une pause à la frontière.
Nous pensions remplir les formalités douanières et de police rapidement. Nous avons vite déchanté. Des nerfs d’acier sont fortement utiles, pour attendre, revenir, signer, déclarer, encore attendre. Rien que pour sortir d’Ukraine, il nous a fallu plus de deux heures, et cinq heures pour entrer en Russie et repasser de bureaux en bureaux, remplir des formulaires, en plein air, sous la pluie : un cauchemar ! Les cyclos sont entrés enfin en Russie à 18 heures ! Et bien entendu, l’expédition doit rester groupée, car nous sommes pris en charge par la police, qui nous encadre, jusqu’à l’hôtel. Les véhicules arrivent, eux à la frontière de l’Ukraine à 10 heures, ils verront se lever la barrière pour entrer en Russie à 17h34. Nous avions perdu ces habitudes !
Petit bonheur, nous retrouvons notre interprète Valéry, figure du cyclotourisme Russe, qui nous facilitera la compréhension des subtilités de l’organisation locale ! Les cyclos arrivent enfin à l’hôtel tout feux allumés à 22h30. Cerise sur le gâteau, nous avons encore avancé notre montre d’1 heure. Différence désormais avec la France : 2h

Un instant de douceur cependant dans cette rude aventure, nous passons la nuit dans la ville natale d’un très grand écrivain Russe : Anton Pablovitch Tchekhov. Et si cette journée cauchemardesque était le contre chant de la poésie et de la complexité de l’éternelle Russie?

Ce soir le témoin du jour, fatigué, transis et introuvable, ne donne pas ses impressions. Il dort.

Etape 38 : Berdansk - Mariupol
Samedi 26 avril 2008
92 km - Dénivelé : 654 mètres
Départ : 10h00 - Arrivée : 17h45
UKRAINE


Le vent, encore lui !

Un départ plus tardif de l’hôtel est très apprécié. Mais nous constatons hélas que dès le 1er km aujourd’hui il nous faudra encore subir un vent de face. Dans chaque groupe, la consigne est à l’économie et nous arriverons tous à l’étape avec soulagement.
Le paysage ne varie guère et cette nuit encore notre bivouac annoncé se transforme en nuit en gymnase. Grâce au réseau de l’Alliance Française, nous trouvons accueil dans un lycée d’Etat où l’apprentissage de la langue française est prioritaire. Madame Alushina Tatyana et Olga, professeur de français mettent tout en œuvre pour faciliter notre installation, alors que la ville est en congés pour préparer la grande fête de la Pâques Orthodoxe.
Une fois encore, « l’équipe cuisine » nous régale dans un restaurant improvisé : salade composée, bœuf Charolais aux carottes d’Arpajon, pâtes façon Jean-Claude et dessert lacté ! A 21h00, matelas et duvets déployés, l’expédition s’endort...



Le témoin du jour :
Christian Blandeau, club Omnisports les Ulis (91).
Depuis notre départ de Paris quelles sont vos impressions ?
"Le froid est désormais derrière nous et nous allons vers la chaleur. Nous commençons notre bronzage. Depuis notre départ nous avons traversé la Serbie, la Roumanie, la Moldavie et l’ Ukraine dont le niveau de vie nous semble assez décalé par rapport aux premiers pays traversés. Depuis la Roumanie, la plaine est notre quotidien, heureusement cultivée et aménagée. Cela préfigure certainement les paysages du Kazakhstan. La vie en groupe reste la même que dans toutes les activités, je ne vois pas beaucoup de différence entre la vie professionnelle et la vie de cyclotouriste. Ici aussi, il y a des petits malins qui ne souhaitent pas trop participer aux corvées. Heureusement, la majorité s’adapte. La camaraderie, omniprésente, permet de poursuivre sereinement notre périple"

Etape 37 : Melitopol - Berdansk
Vendredi 25 avril 2008
118 km - Dénivelé : 362 mètres
Départ : 8h30 - Arrivée : 18h15
UKRAINE


Le grand Tolstoï, qui a séjourné en Ukraine a écrit :
"Les hommes vivent non parce qu’ils prennent soin d’eux-mêmes, mais à cause de l’amour que leur portent d’autres personnes"

Du vent, du soleil, du plat, du blé


Nous partons sous le regard de Nicolas, interprète généreux, qui s’est mis en congés -et en quatre- pour nous aider et celui bienveillant du Recteur de l’Université de Mélitopol. Ses instructions ont été entendues à la lettre : en plus du gymnase mis à notre disposition, nous avons été invités à dîner et à petit déjeuner. Savez-vous où ? Dans un boite de nuit ! à 7h00 du mat , la photo était de mise. Le trésorier est heureux ! Nous aussi.
Nous étions habitués au vent allié. Ce matin, virement de bord, le vent est notre ennemi. La route est plate mais l’effort est rude. Les plus costauds prennent en charge les plus faibles.
Le paysage ne change guère, d’assez bonnes routes entre deux villes, et une circulation assez faible. Dans les groupes, l’ambiance est bonne, malgré quelques coups de gueules dus à la fatigue. Nous savions que le challenge n’était pas seulement sportif mais essentiellement humain. Il faut être costaud et bien dans sa tête pour pédaler plus de quatre mois. L’encadrement est soudé, actif, adaptable et réactif.
Ce soir , un hébergement en hôtellerie nous permet d’apprécier les bienfaits d’une douche tiède, des draps blancs et le silence.

Notre témoin du jour :
Kevin Rousselon, de l’entente sportive de Chauffailles (71)
"Pour moi l’étape a été très difficile, le vent contraire, des longues lignes droites à perte de vue, rien que des champs de céréales. J’ai été filmé par Adrien et suis très fier d’avoir fait l’objet d’une interview. Pour le pique-nique, nous nous sommes arrêtés en pleine campagne. Odile Cabart, du groupe noire nous a déclamé un poème et cela était vraiment irréel, très sympathique et surprenant. Très bon pour la solidarité du groupe. Du coup, nos amis Suisses, ont offert un verre de vodka. André et Christian nous ont expliqué comment prendre des relais dans le vent et ainsi protéger les plus faibles.
Actuellement je suis en pleine forme et tout le monde est très gentil avec moi."


Etape 36 : Nova KachKova - Melitopol
Jeudi 24 avril 2008
168 km - Dénivelé : 382 mètres
Départ : 8h30 - Arrivée : 17h30
UKRAINE


Une très longue étape


Par souci d’économie, nous avions décidé avant de partir de supprimer, en Ukraine et en Russie plusieurs hébergements en hôtellerie – trop chers – et de les convertir en bivouacs. Il nous a toujours été possible, pour le moment, de remplacer ces bivouacs, par des gymnases, mis à notre disposition par des communes. C’est une chance car nous retrouvons le froid, et les nuits sont vraiment fraîches. Pour rouler, bénéficiant toujours d’un vent favorable, la température ne pose pas de problème. Toujours pas de pluie.
Nous continuons inlassablement de rouler sur de longues lignes droites, encadrés par la police. Pour des cyclotouristes épris de liberté, cette présence est parfois pesante. Pour le pays elle est indispensable. Cela risque t-il de continuer jusqu’à Pékin? Nous ne le souhaitons pas, mais nous n’avons pas trouvés de compromis possibles.
Une anecdote, comme dit le dicton "les routiers sont sympas", un groupe s’arrête dans un café rempli de routiers. Les cyclotouristes offrent le dépliant rouge présentant Paris-Pékin. Ces vieux briscards de la route sont tellement estomaqués qu’ils vont dans leur camion, installent le dépliant sur leur pare prise et reviennent avec un panier chargé d’œufs pour présent ! Une bonne omelette ukrainienne en perspective!! Ce soir nous dormons au chaud grâce à l’université de Melitopol, qui nous offre le gîte et le couvert !

Notre témoin du jour :
Alfred Muller du cyclo-club de Saint-Avold (57) Moselle.
"Le début de l’étape n’est pas très engageant, froid, nuage et heureusement vent dans le dos. Plus d’arbres, plus d’oiseaux. Le printemps arrivera t-il un jour?
Ayant une grande expérience des expéditions à vélo, je trouve que les organisateurs font de leur mieux pour résoudre les multiples problèmes quotidiens, matériels et humains. L’humour aidant, la rigueur indispensable pour conduire cette expédition, permet de prendre du recul et fait mieux passer les difficultés. J’aimerai beaucoup de temps en temps que les "cyclos- chanteurs" viennent donner de la voix. Cela permettrait de bénéficier d’une détente indispensable à notre équilibre. Désormais au tiers du voyage, je souhaite que nous arrivions heureux à Pékin."

Etape 35 : Kherson - Nova KachKova
Mercredi 24 avril 2008
80 km - Dénivelé : 582 mètres
Départ : 8h30 - Arrivée : 16h30
UKRAINE


4 000 km déjà

Bien sûr que tout n’est pas parfait, bien entendu que parfois un supplément de pain, serait le bienvenu, mais faut-il redire qu’il s’agit de Paris-Pékin à vélo et qu’il faut savoir choisir :
• Soit on prépare et on mange la soupe collective, et on ne crache pas dedans,
• soit on refuse la soupe et on en mange une autre !



Jean-François, avec l’accord unanime du staff, a rappelé le contrat moral signé par chacun de nous et réinvité à la responsabilité collective, les donneurs de leçons, spectateurs passifs, qui, sous couvert d’écrire un blog, se permettent de juger à titre personnel, les prestations, la préparation et l’exécution de l’expédition. Nous souhaitons des acteurs et non des profiteurs.
Sur la route nous considérerons l’incident terminé.



Et justement sur la route il ne se passe pas grand chose. Grâce au réseau qui se crée, nous arrivons, jour après jour à remplacer nos bivouacs par des gymnases ce qui nous fait gagner 2h00 le soir et 2h00 le matin. Aujourd’hui petite étape, beau temps, vent favorable sur le 4/5ème du parcours, les cyclos prennent des belles couleurs, du rouge vif au brun foncé, Un régal pour les passants et passantes !



Notre témoin du jour est :
Henri Gaulard licencié de l’A.S.PTT Caen dans le Calvados (14) et habitant Le Mesnil-Raoult dans la Manche (50).
"Au tiers du parcours, l’ambiance est bonne (groupe bleu) le groupe est homogène. En ce qui me concerne, je suis satisfait du déroulement du voyage, je ne vois pas le temps passer, vu que chaque soir je relate ma journée sur Obiwi.fr J’ai en retour des réponses très favorables, je continue donc avec plaisir. J’écris également et régulièrement à certaines classes, en tant qu‘ambassadeur et ancien enseignant, à la presse locale : la Manche Libre. Le positif à ce jour est l’écoute réciproque des membres du groupe, la possibilité de prendre des photos – en ce qui me concerne plus de 1 300 – la convivialité notamment aux pique-niques du midi. Mes deux coups de cœur ? Albota de Jos, en Moldavie où la petite commune rurale nous a préparé un accueil champêtre, simple, généreux et musical en compagnie de l’ancien champion cycliste devenu ministre Andrei tchmil puis Odessa pour ses palais, sa gare aux colonnes de marbre. Je vis un rêve merveilleux, qui je l’espère se terminera à Pékin, et je le raconterai avec plaisir à mes proches, à mes amis connus ou inconnus."

Etape 34 : Nikolaïev - Kherson
Mardi 22 avril 2008
75km - Dénivelé : 302 mètres
Départ : 8 h30 - Arrivée : 14h30
UKRAINE

Etape courte et ennuyeuse
Heureusement, le soleil est au rendez-vous. La température est agréable et un vent léger caresse nos dos.
Nous continuons notre avancée vers l’est à travers l’immense plaine d’Ukraine. La seule route est nationale, donc assez chargée en véhicules divers et ne traverse aucun village. Les arrêts se font dans les stations services, où tout folklore, poésie et contacts humains, ne font guère partie du décor. La police, omniprésente, fait son travail avec zèle !
Repos dans un hôtel de l’ex Intourist. L’accueil d’un personnel jeune est excellent mais il faut encore montrer patte blanche à la « toujours jeune » dame présente à l’étage. Garder le sourire reste la consigne.
L’ après-midi de repos permet de visiter la ville et de prendre son temps.
A signaler que certains ont quelques difficultés à trouver des timbres postaux. C’est la raison pour laquelle les courriers sont relativement rares, m’ont affirmé quelques cyclotouristes. - Je transmets le message -

Notre témoin du jour est : Henrique Nunes, ostéopathe, Pontault-Combault (77).
Quel est votre regard sur les cyclotouristes de Paris-Pékin après 5 semaines de route ?

« Nous sommes deux ostéopathes, venus tout spécialement de l’Ecole Supérieure d’Ostéopathie de Paris. A ce jour, nous avons traité 65 cyclistes différents, une dizaine venus en curieux, les autres pour des douleurs, soit chroniques soit aiguës dues aux kilomètres. Les plus fréquentes sont des douleurs de la nuque et des genoux, conséquence d’une position inadaptée sur le vélo.
Nous travaillons en parfaite collaboration avec le médecin et l’infirmière de l’expédition. Je ne connaissais pas véritablement le cyclotourisme. Je découvre que ce sont de véritables sportifs mais ils négligent un peu les soins de leur corps. Deux ou trois seulement, chaque matin font un échauffement et le soir des étirements. Il y a beaucoup à faire pour enseigner ces pratiques élémentaires à des randonneurs qui vont pédaler durant 120 jours. Mon rôle est très passionnant car il me permet d’exercer mes connaissances toutes récentes « pour de bon » et quotidiennement. Je suis pris très au sérieux par tous ces patients qui attendent de moi, un réconfort physique et quelquefois moral. Je peux donc mettre en application mes 6 ans d’études, ce qui me conforte dans le choix de ce futur métier ».

Etape 33 : Odessa - Nikolaiev
Lundi 21 avril 2008
140 km - Dénivelé : 605 mètres
Départ : 8h30 - Arrivée : 18h30
UKRAINE


La belle Ukraine.

La journée de repos a été salutaire. Le soleil étant très présent ce matin, le moral au beau fixe, le groupe décide d'opter pour un cuissard court pour donner des couleurs aux mollets qui se musclent de plus en plus !

Une belle sensation de début d'été parcourt la troupe. La condition physique étant bonne, la fantaisie vient égayer les esprits. Les "bleus", en passant dans un village, voient une femme en train de repeindre son muret, sans même se concerter, ils se sont arrêtés, ont demandé des pinceaux et une vingtaine de minutes plus tard le travail de la Mamouchka était terminé. La mamie stupéfaite, ne savait plus où donner de la tête, d’autant plus que la Capitaine Geneviève lui a offert un cadeau "Yves Rocher" ; une chanson, un baiser à la dame, voilà le vrai cyclotourisme, un pur bonheur !! Ce soir, par économie nous devions bivouaquer, par chance, des sportifs de la ville, nous ayant croisés, nous ont proposé un gymnase. Une fois encore nous dormirons au chaud.

Notre témoin du jour est :
Carlo Ferrari du club Sports loisirs en Suisse Normande, de Condé-sur-Noireau dans le Calvados (14).
J’ai été surpris par la ville d’Odessa. Très belle, avec des monuments et des églises très intéressantes. J’ai admiré notamment le bâtiment du Théâtre Ballet. Le centre ville est très beau mais très cher. Aujourd’hui, étape peu vallonnée avec d’immenses champs de blés de 100 hectares et plus et bordés de haies, contrairement à la Roumanie. Du coup le paysage devient fort agréable. Mon groupe, le "vert", est détendu, convivial et nous avons dégusté notre première glace ! Nous avons retrouvé le plaisir de pédaler. Après les difficultés de la première quinzaine, je savoure pleinement cette expédition, prend plaisir chaque jour, et suis très désireux de découvrir le lendemain.
Je sais que le 23 avril, mon Président de club présentera notre randonnée, j’en profite pour leur transmettre toutes mes amitiés de Normand.


Journée de repos à Odessa
Dimanche 20 avril 2008
UKRAINE


Nous avons tous rêvé un jour, en entendant le nom de cette ville, des cosaques de la mer Noire et des marins mutins du cuirassier Potemkine...

Nous y sommes, le rêve se matérialise. Etait-il un peu idéalisé ?

Odessa est une grande ville, vivant par et pour son port industriel actif et vivant. Un de ses fondateurs, reconnu publiquement ici est un certain Richelieu, duc de son état.

La mer Noire est seulement, et c’est impressionnant, un outil de travail, nous l’avons vu grise !!
La circulation de cette ville est, ici encore, inextricable, les trams brinquebalants, ne semblent pas vraiment améliorer la fluidité du trafic. Ville cosmopolite, variée, certainement attachante ou la poésie alterne avec l’industrialisation, ne pouvait être que la jumelle de notre deuxième ville de France : Marseille. Elle l’est.
Lundi nous reprendrons notre imaginaire et notre vélo.


Après 5 semaines de route, nous pouvons évoquer quelques remarques.

Sur les cyclotouristes :
Les véritables acteurs de ce film incroyable, des hommes et des femmes ordinaires, qui, tous les jours, sont réellement extraordinaires. Certains se la jouent vedette, d’autres se la jouent modeste, chacun a trouvé sa place, non sans mal pour une poignée. Plus les difficultés matérielles se précisent, plus les récriminations de détails s’estompent.


Sur le parcours, rien à dire, les paysages sont très variés, les kilométrages, un peu réduits sur le papier, révèlent des étapes bien découpées, ni trop longues, ni trop courtes. Le repos hebdomadaire est indispensable, pour tenir plus de quatre mois, car le rythme quotidien est lourd à assumer : 6 heures - 22 heures. Pour une majorité de retraité... ces horaires sont des retrouvailles.

Sur le climat : Comme prévu, le vent est le plus souvent favorable. Le ciel est la plupart du temps bleu ou gris et nous n’avons eu seulement que deux étapes très difficiles à cause d’une mauvaise météo.

Sur l’accueil : Partout, selon les usages et le tempérament des peuples croisés, il est exprimé avec sincérité, étonnement, admiration, respect, gentillesse, et un profond désir de communiquer.

A ce jour, vu de notre bulle déformante et de notre quotidien, l’expédition réalise les objectifs de la Fédération, valorise ses partenaires et confirme le bien fondé de ce défi improbable et pourtant réel : relier Paris à Pékin à vélo.


Le témoignage des capitaines de route

Etre capitaine de route sur Paris-Pékin à vélo 2008 n’est pas un rôle facile à assumer. Chaque jour, il convient de veiller à l’accomplissement de tâches incontournables :

• Maintenir la cohésion du groupe sur la route
• Veiller à la sécurité et rappeler les consignes
• Respecter le parcours prévu
• Programmer des arrêts opportuns
• Réguler l’allure
• Gérer la fatigue en fin d’étape
• Trouver enfin le lieu exact de l’hébergement et...
• Etudier le road book pour l’étape du lendemain.

Témoignages :

Alain
"pour ma part je suis très satisfait. Au début ce n’était pas facile de rouler en groupe. Nous avons pris petit à petit nos marques et la cohésion est meilleure. Certes, il nous arrive quelques fois d’être divisé mais très vite nous nous regroupons. L’ambiance est bonne même dans des conditions difficiles comme celles rencontrées dernièrement sous la pluie et sur une route très fréquentée entre Bucarest et Slobozia ou bien encore au passage de la frontière ukrainienne, sur une étape interminable"

James
"Dans notre groupe, "les Grognards", personne ne se plaint et mes Canadiens sont très solidaires et très forts sur la route. Chaque matin, nous entamons le parcours très motivés et très soudés. Je pense pouvoir dire que nous sommes bien partis sur la route de Pékin, même si nous avons mangé notre pain blanc. Le plus dur reste à venir"

Joël
"Pour moi, au début ce n’était pas facile d’obtenir la cohésion du fait de fortes personnalités qui faisaient preuve d’un comportement individualiste mais aussi des différences de niveau physique. Cela s’est quelque peu amélioré ces derniers jours. Il est difficile de gérer les différences de niveau mais on essaie de s’adapter. On sent que la fatigue s’installe peu à peu mais la condition physique est toujours bonne. Je prends ma tâche à cœur et ce n’est pas toujours facile de concilier les intérêts du groupe et les souhaits de chacun"


Geneviève
"je possède un groupe formidable où il règne une ambiance excellente. Tout le monde joue le jeu et nous possédons les automatismes collectifs . Nous sommes tous solidaires et l’homogénéité est là. Pour moi cela me semble facile mais je dois reconnaître que je suis bien secondé, par Gilles par exemple. C’est important sur la route bien sûr mais aussi en dehors du vélo et c’est bon pour le moral !"

Daniel
"ce n’est jamais facile d’avoir le statut de capitaine de route.
On est sensé connaître les détails du parcours alors qu’on le découvre en même temps que les autres membres du groupe. Mon expérience d’accompagnateur de séjours FFCT me facilite la tâche. Parfois il faut être ferme car nous appliquons les consignes données par le chef d’expédition, lequel a reçu des ordres des autorités du pays que nous traversonS. Pour ma part, je suis satisfait et je ne donnerai ma place pour rien au monde"

Propos recueillis par Jean-Michel Richefort

Etape 32 : Tataburnary - Odessa
Samedi 19 avril 2008
142 km - Dénivelé : 700 mètres
Départ : 8h30 - Arrivée : 18h00
UKRAINE

Sur les bords de la mer noire

C’est sous le soleil, puis sous la chaleur, et un coup de froid en arrivant que nous franchirons les 142 Kms de l’étape du jour. Nous retrouvons les immenses plaines, vallonnées â souhait, couvertes à perte de vue par le blé encore en herbe. Pas de surprise si le jaune du drapeau Ukrainien, représente les champs de blés murs ! En été la carte postale doit être splendide.

La route est bonne, le vent frais, une bonne randonnée pour un samedi ordinaire ! L’arrivée à Odessa, accompagnée par les cyclistes locaux et la police, se fait sans encombre. Sans cette aide, nous aurions eu beaucoup de peine à trouver notre hôtel, car désormais l’alphabet est cyrillique et la langue Ukrainienne, proche du Russe, nous est hélas incompréhensible.
Rappelons nous qu’ici se sont déroulés des évènements historiques. En 1917, les marins du Potemkine, affamés et non payés depuis des mois, tournèrent les canons de leur cuirassier vers la ville et ouvrirent le feu. Ce fut le début d’une révolution mémorable.

Notre témoin du jour :
Roger Blanchet du cyclo Membrollais, La Membrolle (37) Indre et Loire.
"Je m’interrogeais avant de partir sur la vie en groupe avec plus de cent personnes venues d’horizon différent et très varié. Chacun y mettant du sien avec un minimum d’effort, rapidement l’osmose s’est réalisé.
Mal préparé physiquement, j’ai tout de suite rencontré auprès de mes camarades du groupe jaune compréhension et assistance, surtout sur l’aspect mécanique et technique.
J’ai été surpris en France, par la présence le long du parcours de personnes admiratives. Nous avons traversé la riche Allemagne en partie sous la neige, les paysages n’en étaient que plus beaux, comme dans la belle Autriche. Puis les pays de l’est, Hongrie, Serbie, Roumanie, Moldavie et maintenant l’Ukraine. Ils n’ont pas beaucoup changé depuis 60 ans. Ce sont les pays... des chien écrasés ! Qui finissent sur les routes sans être ramassés ! Les nettoyeurs du ciel, font le travail. La différence de niveau de vie est criante, j’ai vu de nombreuses carrioles tirées par un âne.

Ce périple me convient car il est porteur d’un message pour la jeunesse défavorisée des pays traversés. Pour ma part représentant l’association : Combattre le paralysie, et venant en aide aux anciens sportifs accidentés et devenus paraplégiques, je porte le message auprès des valides, sportifs ou non, de penser au handicapés et une fois par an de donner au profit de la recherche. Même si quelquefois nous sommes à la peine, sur le vélo, les véritables héros sont ceux qui luttent avec leurs corps atrophiés ; La vie est prioritaire disante les Romains. Nous quittons désormais le Danube, fleuve majestueux, mais la Loire reste le fleuve des rois et le Chinon le vin des poètes, ceci écrit en pensant aux écrits d’Antoine Blondin et Louis Nucéra, deux chantres du vélo."

Photo du jour :











Les stats du samedi.
Kms parcourus en 5ème semaine : 788 km - Dénivelé : 3 879 mètres
Depuis le départ : 3 699 km pour 16 750 mètres

Etape 31 : Albota de Jos - Tataburnary
Vendredi 18 avril 2008
Distance : 132 km - dénivelé : 999 mètres
Départ : 7h00 - Arrivée 21h00
MOLDAVIE-UKRAINE

Une étape pénible

Cette fois, nous avons quitté nos normes habituelles et nous entrons dans des périodes plus difficiles quant aux conditions de vie. Nous avons voulu l’aventure. Elle commence vraiment!
Pour débuter notre journée, passage en douane pour entrer en Ukraine. Pour le première fois, nous ne sommes pas favorisés : Véhicules et cyclos doivent patienter plus de quatre heures pour avoir le droit de continuer le parcours. Rien que pour les camions et camionnettes il faut passer dans 5 bureaux différents, pour obtenir les cinq tampons magiques.
Chacun est resté calme. La patience est une vertu, dit le philosophe, nous avons été vertueux.
Il nous restait plus de 100Km pour finir l’étape. Courageusement nous avons pris les bosses une à une, pour rejoindre le bivouac prévu. A 21h00, enfin, de nuit l’arrivée. Bonne surprise : plus de camping ! Dans la journée, grâce au Maire de la ville et à un professeur de Français, l’encadrement a trouvé un hébergement en dur dans un collège, ou nous pouvons installer nos duvets dans trois salles. Ouf, nous avons frisé la correctionnelle.
Jean-Claude le cuisinier et son équipe avaient préparé dans la cuisine mise à notre disposition par le proviseur potages, rations pâtes, à volonté. Couchage à 23h00. Petit problème : pas de douche, deux robinets pour tous, des toilettes disons épouvantables. Le confort aussi change de style!
Ce manque total de confort, soude l’équipe, et ce soir à Odessa, nous profiterons pleinement d’un hôtel, avec jour de repos.

Note aux lecteurs : Depuis le 16 mars, nous écrivons quotidiennement et parfois fort tard, cette petite chronique sans prétention, pour vous donner quelques nouvelles de notre étonnant périple. Depuis ce jour, nous sommes parvenus à vous envoyer tous les jours, cette information. Dans la mesure du possible, nous rédigerons tous les jours à venir ce papier. Mais, les conditions d’accès à Internet devenant aléatoires, nous ne sommes plus certains de pouvoir vous envoyer tous les jours ce message. En vous remerciant de votre compréhension.

Etape 30 : Braila - Albota de Jos
Jeudi 17 avril 2008
117 km - Dénivelé : 1 097 mètres
Départ : 7h15 - Arrivée : 17h30
ROUMANIE-MOLDAVIE

Le choc !

Encore une journée inoubliable ! Un départ matinal où pour la première fois, le petit déjeuner est préparé par notre équipe intendance : Brigitte, Odette et Jean-Claude. Après une cinquantaine de kilomètres, nous nous rassemblons, cyclotouristess et véhicules à la frontière Roumanie-Moldavie. Aucun problème, grâce, là encore à une préparation minutieuse entre les services des affaires étrangères et la FFCT. En une heure, nous quittons l’espace Européen, pour entrer, déjà dans l’ancienne Union soviétique.

Tout change : le paysage, l’architecture, l’état des routes, la monnaie, les villages. Le pays semble assez pauvre, les roues à pneus des chariots sont remplacées par des roues ferrées en bois. Les femmes portent en majorité un châle sombre. Les villages s’étirent le long des routes. Plus de trottoirs, l’architecture est simple, originale et homogène. Les routes sont à aborder avec précaution, non pas à cause de la circulation, inexistante dans la campagne, mais à cause de l’état de la chaussée.

A l’arrivée une réception champêtre, avec les autorités et notamment Monsieur l’Ambassadeur de France en Moldavie nous fait vraiment chaud au coeur ; nous remettons aux enfants les 14 vélos restants des écoles solidaires. Des instants forts en voyant ces jeunes enfants pleurer de joie, en emportant leur nouveau trésor.

Notre témoin du jour :
Yvon Blazy du club cyclo du pays d’Aulmes, Lavelanet de Ariège (09).
Pour moi cette journée a été formidable. Notre sortie de Roumanie sous un beau ciel bleu, nous a permis de voir pour la dernière fois, ce beau Danube, suivi depuis sa source en Allemagne Un instant d’émotion de le voir disparaître à l’horizon au milieu des grues du port de Galati.
Je ne connaissais pas la Moldavie où nous entrons dès la sortie de cette ville. Le pays est certes pauvre, mais séduisant par la gentillesse de ses habitants. Par chance notre groupe est passé devant une école à l’heure de la sortie, et avec deux collègues nous avons longuement discutés avec des collégiennes qui parlaient déjà bien notre langue et qui étaient heureuse de rencontrer « pour la première fois » des vrais Français. J’ai récupéré l’adresse e mail du collège et je me suis engagé a leur donner des nouvelles de notre expédition.
A l’arrivée à Albota de Jos, le maire et les habitants nous ont offert une réception unique, avec bouquets de fleurs, danses en costume local, sans compter un buffet somptueux. J’ai eu également le plaisir de rencontrer l’ancien coureur professionnel André Tchmil, vainqueur notamment de Paris-Roubaix, devenu Ministre des sports de Moldavie et qui a gardé sa gentillesse.
Ce fut vraiment pour moi une belle journée.

Etape 29 : Slobozia - Braila
Mercredi 16 avril 2008
98 km - Dénivelé : 143 mètres
Départ 10h10 - Arrivée 17h30
ROUMANIE

Une journée improvisée.

Grasse matinée aujourd’hui, car nous ne pouvons prendre possession de notre hébergement qu’à 20 heures. Il faut dire que nous devions camper à Braila et que le temps incertain nous a incités à trouver, en catastrophe un hébergement en dur. Grâce à la Mairie et au Conseil départemental (l'équivalent de notre Conseil général en France) deux gymnases nous ont été proposés. Nous atteindrons celui retenu vers 21 heures.
Entre temps nous avons pédalé nos 100 petits km. à travers une large plaine ou là encore, les Entre temps nous avons pédalé nos 100 petits km à travers une large plaine où là encore, les céréales sont omniprésentes.

A mi-parcours, lors d’une halte, Gilles de Guglielmi et Jean-Marie Estoupe frappent à la porte de la classe du groupe scolaire d’Insurate et l’institutrice Madame Dragulin Marioara, sans se poser de question, les accueillent avec gentillesse. Durant une demie heure, nos deux cyclotouristes vont s’improviser maître d’école, l’un au tableau, le second devant la carte du monde, le silence règne, et les élèves s’émerveillent et voyagent depuis leur Roumanie natale jusqu’à la Grande muraille. Un instant insolite, improbable et magique ou le mot partage prend toute sa signification.
Dès notre arrivée à Braila, ville jumelée avec Calais (62), nous avons été reçus par les représentants du Conseil départemental, le Président, Mr. Gheorghe Bunea Stancu étant dans l’impossibilité de nous recevoir lui-même. Puis, devant la mairie nous avons procédé à la remise d’un vélo à la commune jumelle des Ulis dans l'Essonne (91) : Gropéni. Monsieur Constantin Sever Cibu, le maire étant venu nous saluer. A 19 heures, enfin, nous étions à table. Reprise de nos vélos pour 10 km. Et après une installation en chambre unique, les 117 participants ont pris un repos salutaire.

Notre témoin du jour :
Michel Fauvain du Vélo-Club d’Annecy en Haute-Savoie (74).
Après un mois de route la fatigue commence à s’installer et pour bien passer l’étape quotidienne, il faut vivre l’instant présent sans penser aux prochains jours. Le fait de rouler en couple procure une sérénité et finalement, me semble plus facile à vivre qu’en individuel. Notre projet étant commun, sa réalisation partagée est une grande chance pour nous deux. Le soutien réciproque permet de mieux passer les moments difficiles. La contrainte du groupe est réelle, mais malheureusement inévitable. Par contre, des rencontres inopinées et inimaginables peuvent être réalisées grâce au groupe et peuvent être totalement magiques. Par exemple ces enfants rencontrés dans un petit village, qui spontanément ont offert des fleurs à toutes les femmes du groupe. Pour l’avenir, je suis confiant et je pense que Régine et moi réaliserons notre rêve.

Etape 28 : Bucarest - Slobozia
Mardi 15 avril 2008
131 km - Dénivelé : 195 mètres
Départ 8h40 - Arrivée 17h15
ROUMANIE

Une étape Belge

Il fallait beaucoup de courage ce matin, pour affronter les 131 km prévus. Pluie et vent glacial, vent de face ! En prime la sortie de Bucarest par des routes surchargées pouvait être dangereuse. Tout s’est bien passé grâce à la discipline des groupes. La campagne sous la pluie, dans tous les pays du monde, reste vraiment dépourvue de charme.

Difficulté supplémentaire à l’arrivée à Slobozia, chaque chambre de l’hôtel nous propose un lit "matrimonial" N’ayant que 16 couples, nous devons mettre dans un grand lit…………… deux garçons ! Ce n’est pas évident et il faut prendre sur soi pour dormir avec un collègue ! Nous aurons encore d’autres surprises, probablement encore moins agréables.
Monsieur le Maire de Slobozia, nous a fait l’honneur d’une visite lors de notre dîner.

Une histoire de chien écrasé pour finir. Chaque jour depuis notre entrée en Roumanie nous voyons avec un certain malaise, des dizaines de chiens écrasés. Ce matin, en plein milieu de la route, un énorme berger Allemand gît. Au même endroit les cantonniers locaux, avec une machine ad hoc, peigne sur la chaussée une ligne blanche continue. La machine arrive sur le chien et……….sans état d’âme, passe le pinceau………… sur la gueule entrouverte de l’animal ! Nous n’en sommes toujours pas encore revenus.
Une citation antidote du Cardinal de Retz : L’expérience nous fait connaître que tout ce qui est incroyable n’est pas faux.

Notre témoin du jour est un cyclo Belge de Bruxelles :
André Vaneeckhout, adhérent au cyclos randonneurs de Ferrières-la-Grande dans le Nord (59) et au club Aurore-cyclo Saint Gilles de Bruxelles.

La pluie et le vent sont au rendez vous ce matin, ce qui n’est évidemment pas fait pour effrayer un Belge. La difficulté principale dans les 20 premiers Km est de s’insérer dans un trafic urbain dense, sur un boulevard périphérique saturé (tiens cela rappelle quelque chose aux franciliens!!!!) avec des chauffeurs pressés de rejoindre leur travail. Par ailleurs un incident technique sur le tandem de notre groupe noir, celui de notre mal voyant Gérard Muller, nous a stoppé dans la tourmente, heureusement non loin d’une station service. Après réparation et pause café, nous sommes repartis vent de face, et cahin-caha, les plus costauds "ont tiré" le groupe, jusqu’au repas de 13 heures au km 65. A partir de 15 heures, la pluie cesse, le vent faiblit, nous reprenons espoir car en plus un changement de cap, a permis au vent d’être notre allié. A l’arrivée nos maillots et nos vélos témoignent de la rude journée. La campagne Roumaine sous la pluie nous a paru bien morne, heureusement les habitants nous encouragent par des signes amicaux et des sourires. Encore un détail : Au bout d’un mois je constate que les niveaux d’expérience des participants sont très divers. Cela n’est pas sans conséquences, hélas, dans les relations humaines.

Journée de repos à Bucarest
lundi 14 avril 2008
ROUMANIE

Journée de repos pour les adultes,
Jour de gloire pour les jeunes.


Chacun profite au mieux de sa liberté d’horaire et de mouvement pour simplement "vivre sa vie" Certains ont choisi de visiter la ville en car. Déception unanime des 35 participants. D’autres n’ont pas quitté l’hôtel et se sont tranquillement reposés. Sont-ce les sages ? Quatre des nôtres ont passé leur journée et leurs deux nuits de calme avec leur compagne venue spécialement à Bucarest. Enfin une majorité, nez au vent, est allée visiter la capitale. Une circulation intense et désordonnée, ne facilite pas la calme promenade. Par contre les restaurants ne sont pas chers !

Cette journée a été pour les jeunes des écoles cyclos de Saint Bonnet le Château et Firminy (42) Loire, un grand jour. Une rencontre avec leurs homologues de Piatra Neamt, restera un moment mémorable. Ce projet très bien préparé par les moniteurs et orchestré par Michel Rougert, est un succès. Immédiatement les jeunes ont partagé au cours d’un repas, leur point de vue, leur jeunesse et une certaine complicité.


Dans la matinée une réunion a permis à tous de comprendre les différences et les points communs dans le sport et l’éducation. Débat passionnant. L’après midi, visite au Lycée Français où les « ambassadeurs cyclos » ont répondu à des centaines de questions sur les raisons de l’expédition.

Difficile de dire qui étaient les plus heureux : Elèves, enseignants ou cyclos?

Enfin, à 16h00 une conférence de presse, dans les locaux de l’agence Roumaine pour le sport a permis à la fédération Roumaine de cyclisme et à la presse, d’entendre le point de vue de la Fédération française de cyclotourisme sur les écoles solidaires, l’organisation fédérale et le Paris- Pékin.

Dernier acte d’une longue journée : remise de 14 vélos, en provenance de Paris, à de jeunes Roumains venus tout spécialement de Piatra Néamt et sûrement moins privilégiés que nous.

Ce geste très apprécié, a mis à l’honneur toutes les écoles solidaires de France ayant participé à ce superbe projet.

Etape 27 : Rosiori de Vede - Bucaresti
Dimanche 13 avril 2008
141 km - Dénivelé: 502 m
Départ : 8h15 - Arrivée : 17h30
ROUMANIE

La journée des rencontres.

Notre première nuit dans un gymnase avec nos 117 lits de camps, nos 117 tabourets en guise de table de nuit, s’est globalement bien passée. Les lits, agrémentés d’un matelas auto gonflable et d’un bon duvet, sont confortables. La fatigue aidant, à 22 heures tout le monde (ou presque dormait déjà). Bien sur tout le monde n’a pas pris sa douche, la plupart des garçons n’ont pas sorti le rasoir et les filles, faute de miroir, n’ont pas pu vérifier leur élégance naturelle. Les 3 petits malins qui discrètement avaient quitté l’intérieur pour une place à l’air libre, ont du rentrer dans l’urgence à trois heures du matin………….. un orage ayant éclaté.

La première rencontre s’est faite avec les pompiers de la ville. En effet, en ce beau dimanche de printemps et pour honorer la capitale Roumaine, Il était indispensable de laver à grande eau les 7 véhicules. La caserne étant proche de notre hébergement, en une bonne heure, la caravane avait retrouvé son air pimpant d’origine.

Notre deuxième rencontre, cette fois imprévue et inhabituelle s’est passée dans un village surprenant : Buzescu, à une quarantaine de km du départ. Nous sommes arrivés dans la rue principale bordée par des constructions étonnantes, des petits palais, de style rococo. Du marbre, des dorures, des toits a plusieurs étages, un cachet très particulier. Nous sommes en plein pays Rom.

Les habitants très typés portent chevalières aux 10 doigts, dents en or, et chapeau noir. Les femmes robes et cheveux longs sont entourées d’enfants vêtus de couleurs vives. Des voitures haut de gamme, stationnent devant les maisons gardées. L’histoire dit que les habitants, fortune faite en Europe, reviennent au pays et étalent leur réussite. Nous avons connu cela avec les Barcelonnettes !

Autre rencontre, à l’opposé de celle précitée. A 40 km de l’arrivée une trentaine de cyclistes Roumains souriants et toniques, piloté par Florin Léonte de la Fédération Roumaine de cyclisme, viennent à notre rencontre. Pauvres en matériel, mais riches de générosité. Ils nous conduiront jusqu'à notre hôtel.
Enfin quelques kilomètres plus loin, se réalise, la jonction entre les Paris-Pékin et les deux écoles de cyclotourisme venues de la Loire : Saint Bonnet le château et Firminy, qui profitent de leur lien avec la ville de Piatra Néamt, pour leur rendre visite en mettant en valeur les écoles solidaires. Par leur intermédiaire, Nous laisserons ici, nos premiers vélos, emmenés de Paris. Bravo à ces jeunes et à leur encadrement pour ce dynamisme, digne des meilleurs.

Etape 26 : Craiova - Rosiori de vede
Samedi 12 avril 2008
Distance : 105 km - Dénivelé : 349 mètres
Départ : 8h15 - Arrivée : 15h
ROUMANIE

Le grenier Roumain

Notre étape du jour se révèle assez banale, pendant toute la journée nous avons traversé des milliers d'hectares de cultures de céréales : Blé, sorgho, avoine, seigle et colza qui sont cultivés dans cette région. Culture intensive pour certains avec, excusez du peu, épandage des pesticides par petit avion et tracteurs énormes, ou culture à l'ancienne avec charrue tirée par un cheval, et derrière, un homme à la peine. Nous réalisons que ce moment est important pour la Roumanie. Ce pays, à cause ou grâce à l'Europe est en pleine mutation. Elle sera certainement difficile pour les plus modestes. Tout ici pose problème, mais tout ici a une solution.

Ce soir nous avions prévu un bivouac pur et dur. Par chance, grâce à la Mairie de la ville de Rosiori de Vede, nous avons obtenu un gymnase et pour la première fois les 117 participants feront chambre commune, avec lit de camp et duvet réglementaire. 4 douches froides et 4 W.C. sont à notre disposition. Nous entrons dans la vie communautaire sans appréhension.

N’ayant pas aujourd’hui de témoin du jour, car chacun est occupé à installer son lit de camp, j’en profite pour adresser un petit message aux enfants des écoles (solidaires ou non, cyclotouristes ou non, primaires ou secondaires, publiques ou privées en général, et en particulier aux élèves de Corinne Patoz, directrice de l’école primaire de Vallerois Lorioz en Haute Saône (70).

Nous savons que vous êtes très nombreux à être attentifs à notre périple et nous sommes très touchés par vos travaux et vos encouragements réalisés sous la conduite de vos enseignants.

Le message de Corinne, lu à tous, à l’instant du départ nous a bouleversés. Nous vous en remercions très sincèrement. Nous ferons tout notre possible pour continuer à vous conter cette aventure exceptionnelle pour nous tous. Nous disons aux enfants que réaliser un rêve est un aboutissement, pour, à votre tour un jour, réaliser le vôtre, il est indispensable de travailler à l’école et notamment d’apprendre une ou plusieurs langues étrangères. Si vous parlez le Français, l’Anglais, le Russe, l’Espagnol et le Chinois, vous pourrez écouter et comprendre les hommes et les femmes du monde entier.
Au plaisir d’avoir de vos nouvelles………….

La statistique hebdomadaire après 4 semaines :
Km de la semaine : 609 Km pour un total : 2 919 m
Dénivelé de la semaine : 2 397 m Dénivelé total : 12 871 m

Etape 25 : Turnu severin - Craïova
Vendredi 11 avril 2008
114 km - Dénivelé : 490 mètres
Départ 8h35 - Arrivée 16h30
ROUMANIE

Roumanie traditionelle

Dés le départ, des enfants encadrés par leurs enseignants viennent nous saluer, en agitant des petits drapeaux bleu, jaune, rouge. Le ton est donné.
Après l'Euro, le Florin et le Dinard, notre monnaie est désormais le Leu, pour 7 étapes.

Les locaux nous semblent plus exubérants et plus bruyants que les Serbes. Nous avons perdu le Danube et c'est sur une route en excellent état que nous avançons rapidement. Une bande cyclable nous protège des automobilistes en dehors des villes la circulation, aujourd'hui n'est pas très forte. Nous croisons des troupeaux de chèvres et ça et là, nous doublons des charettes à pneus, tirées par un ou deux chevaux. Dans la campagne la majorité des femmes adultes portent encore un foulard. Le temps avec brouillard le matin s'est transformé en soleil discret l'après midi.
L'arrivée à Craiova est marquée par la présence d'énormes usines de produits chimiques. Une forte odeur de chlore nous surprend. L'entrée en ville, est un peu chaotique à cause de travaux de voirie, mais grâce à la police, nous rejoignons nos deux hébergements.

Notre témoin du jour est :
Odile Cabart, de Peisey-nancroix (73) Savoie. Club : Les amis du tour cyclotouriste de la FFCT.

En tant que femme je constate avec surprise et tristesse que depuis notre départ, nous entrons dans un pays où les femmes travaillent rudement sur les routes comme cantonnières. Malgré tout elles nous sourient simplement et un contact furtif s'établi. Je vois aussi l'état de délabrement des villages, des usines et de la plupart des constructions.
Dans notre groupe (noir) l'ambiance s'est beaucoup améliorée, chacun, selon moi, ayant pris conscience de la nécessité absolue de rester uni et solidaire.
Je viens de recevoir un SMS de mon fils, il est fier de nous et ce message nous a fait chaud au coeur (je suis avec mon mari Michel).
Grâce à cette chaîne amicale et à l'ambiance du groupe, nous poursuivons notre chemin, en confiance et avec l'espoir de nous retrouver à Pékin.

Etape 24 : Golubac - Turnu severin
Jeudi 10 avril 2008
125 km - Dénivelé : 623 mètres
Départ : 8h25 - Arrivée : 17h30
SERBIE-ROUMANIE

La route aux 19 tunnels

Nous retrouvons notre vieux complice le Danube, qui au grès des fantaisies de la nature passe de 800 mètres à 6 km de large. Nous allons le côtoyer sur toute la longueur de l'étape. 100 km sur la rive droite en Serbie, puis 25 km sur la rive gauche.

A midi, dans le village de Ninurin, une surprise ! Des enfants des écoles, entre 8 et 12 ans en costume traditionnel nous attendent et dansent au son d'un petit orchestre. Spectacle ravissant et émouvant.
J'ai vu des randonneurs blasés, sortir un coin de mouchoir. Pensaient ils à leurs propres petits enfants ?
La frontière entre la Serbie et la Roumanie est au milieu du fleuve. Un gigantesque ouvrage d’art : barrrage avec usine hydro électrique, écluse et passage routier reste un lien solide entre ces deux nations.
Le passage en douane, un peu folklorique, je parle de l’appel des 102 cyclos présentant leur passeport est réglé en une heure quinze. Ce sera plus long pour les camions.
Notre arrivée en Roumanie, ne laisse pas indifférent. Avant d’aller au lit, nous avançons nos montres d’une heure, fuseau horaire oblige. Un bon hôtel, un bon repas, nous partons demain à la rencontre de ce nouveau pays.

Etape 23 : Pozaverac - Golubac
Mercredi 9 avril 2008
86 km - Dénivelé : 349m
Départ : 8h25 - Arrivée : 15h30
SERBIE

Notre belle histoire serbe se termine.
Aujourd’hui s’est déroulée notre dernière étape parcourue totalement en Serbie. Demain, nous passerons en Roumanie. Notre témoin du jour, vous dira combien cette étape a été riche, sereine, conviviale et solidaire.
Une nouvelle fois nous avons apprécié la gentillesse des Serbes. Au départ, les pompiers de la ville de Pozaverac ont mis à la disposition de la logistique, leurs lances à incendie, permettant de remplir nos réservoirs d’eau, en prévision de jours plus difficiles. 4m3 sont désormais dans nos réserves.
A l’arrivée, dans notre hôtel - Golubaçki Grad - au bord du Danube, un pot d’accueil nous est réservé avec un gâteau traditionnel qu’il faut tremper dans du sel et un verre de Sl