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Après la grande cérémonie à la Muraille de Chine
réceptions les 4 et 5 août 2008

A l'issue de la fin de l'expédition Paris Pékin à vélo, et la grande cérémonie de clôture qui eut lieu à la Grande Muraille de Chine, diverses réceptions ont été organisées en l'honneur des participants.

Ambassade de France à Pékin
La première réception, qui rassemblait tous les acteurs du Paris Pékin à vélo et également ceux du Xi'An Pékin, a eu lieu à l'Ambassade de France à Pékin, en présence de son Excellence Monsieur l'ambassadeur Hervé Ladsous qui les a, au nom de la France, chaleureusement congratulés et félicités pour la réalisation de leur incroyable exploit, à la veille de l'ouverture des Jeux Olympiques. Au cours de cette réception, le président fédéral Dominique Lamouller offrit aux deux participants chinois qui ont, tout au long de cette expédition, dignement représenté leur pays, le vélo sur lequel ils ont parcouru plus de 12 500 km depuis le Trocadéro le 16 mars dernier et un troisième à notre guide privilégié Gaston, qui par sa ténacité a su démêler parfois des situations inextricables, et fait découvrir et apprécier son immense pays.

Club France du CNOSF à Pékin
La seconde, plus symbolique, puisqu'elle a eu lieu dans l'antre du Club France du Comité national olympique et sportif français, réservé à la délégation française où tous les sportifs français sont reçus et félicités pour chaque récolte de médailles. Avant d'arriver à la réception, une quarantaine de participants du Paris Pékin a eu le privilège de se déplacer à vélo et circuler aux abords de la place Tian'anmen et de la Cité Interdite, avant d'être reçus, avec le reste de leurs camarades, et ceux du Xi'an Pékin, comme des médaillés olympiques, en présence de Monsieur Bernard Laporte, secrétaire d'Etat à la jeunesse, aux sports et à la vie associative, tout fraîchement arrivé de Paris, de son Excellence Monsieur l'ambassadeur de France Hervé Ladsous, des vice-présidents du CNOSF, leur président Monsieur Henri Serandour s'étant excusé de ne pouvoir assister à cette cérémonie. Monsieur Dominique Lamouller, président de la Fédération française de cyclotourisme a remis symboliquement le vélo de Paris Pékin, pour le président Serandour, absent pour cette occasion, qui sera exposé dès la rentrée au siège du CNOSF à Paris. Tous les protagonistes ont été fiers d'avoir pu prouver que le cyclotourisme a valeur humaine et olympique et d'avoir pu être les représentants de la France pendant tout ce périple.

Discours du président fédéral 03 août 2008

• Monsieur le Ministre
• Monsieur le gouverneur de la Province de Hebei
• Votre excellence Monsieur L’ambassadeur
• Mesdames et messieurs les cyclotouristes des pays représentés

Nous sommes rassemblés, ce jour, à la "Grande Muraille de Chine" pour célébrer la totale réussite de l’expédition de la Fédération française de cyclotourisme, organisée avec l’Association Amitié-Euro-Chinoise. Partis le 16 mars 2008 Place du Trocadéro à Paris, nous arrivons aujourd’hui à Pékin au pied de la Muraille de Chine. Toutes et tous vous avez accompli un véritable exploit tant sur le plan sportif que matériel et humain.
A la veille de l’ouverture des Jeux Olympiques, avec votre vélo, vous avez porté dans votre cœur "la Flamme" de l’amitié entre les peuples, à la rencontre des habitants des 12 pays traversés. Tout au long de ce parcours "la route de la Soie" l’accueil a été unanimement chaleureux et empreint d’amitié, de simplicité et de nombreux moments émouvants.
Je n’ai pas assez de mots pour qualifier ce que vous avez accompli sur cette longue route de plus de 12 600 km, ensemble et avec l’équipe d’encadrement dévouée à cette expédition qui a permis de mettre en évidence comme prévu les valeurs du Cyclotourisme, de l’Olympisme et de l’Education par le sport.
Je remercie ici le soutien inconditionnel de toutes les autorités des pays traversés, des ambassades et différents services qui ont largement contribué à la réussite de cette expédition sur le plan administratif. Je remercie également les différents ministères Chinois, l’Ambassade de Chine à Paris et de France à Pékin pour nous avoir permis de traverser sans difficultés les 4000 km de cet immense pays. Je remercie sans réserve les bénévoles et le personnel de la FFCT qui ont travaillé sans relâche pour le bon déroulement de Paris Xi’an Pékin à vélo 2008.
Nous sommes tous honorés des accueils exceptionnels qui nous ont été réservés tout au long de cette traversée exceptionnelle du pays de l’Olympiade 2008.
Je remercie les autorités présentes pour cette grande cérémonie de clôture à la Grande muraille de Chine qui confirme qu'elle restera le symbole vivant des liens d’amitié entre la France et la Chine.

Dominique Lamouller
Président de la Fédération française de cyclotourisme


Etape 118 : Gaopédian - Miyun - Muraille de Chine Beijing
Dimanche 3 Aout 2008
71 km - Dénivelé : 551 mètres
Départ : 6h00 - Arrivée : 10h00
CHINE


Des hommes et des femmes uniques et ordinaires ont réalisé quelque chose d’unique et d’extraordinaire. Par ce fait, ils sont devenus extraordinaires, et restent vraiment uniques.

Une fin en apothéose !

Dès 6 heures ce matin, par groupe d’une dizaine et dans la plus grande discrétion, les cyclos prennent le chemin de la Grande Muraille. Discrétion, car tout rassemblement n’est pas autorisé et les cyclistes ne doivent pas être plus de 10 sur les routes. Personne n’est dupe...mais il faut respecter les usages et les instructions générales et surtout personne ne souhaite un incident.
Après une vingtaine de kilomètres nous entrons dans un secteur autorisé et là nous avons la possibilité de nous regrouper en toute légalité cette fois et effectuer notre progression régulière dans un paysage montagneux. Notre premier étonnement est la jonction avec les cyclotouristes du groupe Xi'an Pékin : ils nous accueillent par une haie d’honneur et nous effectuons le final, Président en tête, par une forte montée de 4 km qui débouche sur une grande plateforme où les organisateurs Chinois nous accueillent en "héros".
En musique, sous les ovations de 500 personnes environ, dont les familles de quelques uns, dans des moments inoubliables où les rires se mêlent aux larmes où les congratulations effacent sur le champ fatigue et mauvais souvenirs, chacun savoure la fin de son périple. Instants exceptionnels, explosion de joie, tout le monde prend part, avec une satisfaction profonde et unique à sa portion d’une gloire éphémère et relative. Les héros du jour bloquent leur compteur officiellement sur le kilomètre 12 663.
Sur l’estrade dressée, d’éminentes personnalités Chinoises et Françaises viennent exprimer leur satisfaction pour la réussite de cette expédition exceptionnelle, l’audace de la Fédération, et le courage des 115 arrivants sur (119 partants !). La contribution de l’amitié entre les peuples et l’esprit de l’Olympisme sont valorisés.
Nous retiendrons en particulier les paroles de son Excellence, Monsieur l’Ambassadeur de France, Hervé Ladsous, de Monsieur Lin, organisateur Chinois, celles de Dominique Lamouller notre Président et Jean-François Derégnaucourt, représentant l’ensemble des participants à ce fabuleux défi de Paris à Pékin, en passant par Xi'an.
Pendant près de deux heures, rires, larmes, photos, interviews, se succèdent sur la Muraille.
Les moments de bonheur ayant hélas une fin, il nous faut après avoir mis les vélos dans les camions, repartir pour trois de heures de bus, afin de rejoindre notre hôtel.
Pour ce déplacement nous avons du obtenir une autorisation quasi miraculeuse afin de rouler en convoi sur les autoroutes intra muros de Beijing : quatre bus et nos 7 véhicules alors que Pékin n’autorise pas l’entrée de camions dans la ville, sauf la nuit, et que nous sommes les seuls véhicules étrangers à avoir pu pénétrer en Chine.
Au cours du dîner, les 300 participants, réunis dans une même salle, recevront dans la joie, l’émotion et la bonne humeur un souvenir des organisateurs Chinois et un hommage appuyé du Président fédéral à l’ensemble des cyclotouristes des deux parcours, à leur encadrement et à tous ceux qui, de près ou de loin, ont travaillé à la réalisation de ce projet fou, unique et exceptionnel. Mention spéciale pour le personnel du siège fédéral et des autorités administratives Françaises.

Notre témoin du jour est : Jean-François Derégnaucourt, chef de l’expédition.

L’aventure vélo est finie. Après quelques jours de vacances avec Brigitte, mon épouse, dans le cadre du séjour touristique prévu pour tous, nous entamerons une nouvelle aventure, avant de revenir en France, en effectuant le parcours retour Pékin Paris avec les véhicules et le matériel.

Quel sentiment vous assaille aujourd’hui face à la Muraille de Chine objectif de votre mission ?


03 août 2008, combien de fois j’ai tapé cette date sur différents documents, sur diverses demandes en pensant que cela était pour beaucoup plus tard. Maintenant que nous y sommes je suis surpris de la mélancolie qui me gagne, de cette émotion qui m’étreint comme pour l’ensemble des participants. Quel bonheur de voir, au pied de cette Muraille tant espérée, toute l’équipe, participants et logistique, s’embrasser, se féliciter et n’essayant même plus de cacher ses larmes. Il y a des moments où le temps devrait s’arrêter.
105 cyclos au départ du Trocadéro, 102 à la Grande Muraille, toutes les féminines présentes, bilan très satisfaisant. Pour la logistique 14 au départ, 13 à l’arrivée. Les abandons étant liés à des raisons médicales.
Alors on pourrait penser que cela était facile, on aurait tort, je peux témoigner que nos cyclotouristes ont été formidables de courage, de ténacité, d’abnégation, de solidarité et se sont soutenus dans les moments difficiles constituant une véritable chaîne où chaque maillon devenait indispensable.

Ils ont tout connu :
- la panoplie complète de la météo, passant de la neige, aux orages, à la canicule sans oublier le vent,
- Pour les routes, ils ont eu droit en plus des routes goudronnées, à des pistes cyclables, des pistes plus ou moins défoncées, du sable, de la boue et des nids de poule ou plutôt aux nids d’autruche, à des ornières béantes,
- Des hébergements passant de l’hôtel au gymnase ou dans des classes scolaires ou sous la tente à la belle étoile dans le cadre des bivouacs,
- Des conditions sanitaires qu’ils n’avaient jamais imaginées,
- Des repas parfois surprenant, parfois répétitifs et parfois sommaires,
- la variété des paysages qui leur a permis de contempler la montagne européenne, les plaines d’Ukraine et de Russie, la steppe, les déserts et les montagnes féeriques du Kirghizistan sans oublier les terrasses chinoises utilisées pour ne pas perdre de terres fertiles.

Qu’ils soient honorés comme des aventuriers qui ont osé, qui ont souffert et qui ont réussi à se surpasser en s’étonnant de leurs nouvelles limites.

Pour cette réalisation il a fallu des gens pour y croire mais également des gens pour le faire. Il a fallu des gens de l’ombre pour travailler, de ceux qui ne sont jamais cités et qui répondent toujours présents. Quant à l’équipe logistique, composée d’hommes et de femmes qui étaient toujours disponibles, elle était indispensable à la réussite de cette expédition. Je tiens à remercier Henri, mon fidèle et loyal adjoint ainsi que l’ensemble des membres de la logistique, sans oublier Brigitte, ma chère épouse qui m’accompagne depuis 2 ans dans tous ces préparatifs. Ce sera bientôt le moment de faire les bilans. Mais dès à présent je tiens à crier au monde entier que, certes je suis fier d’avoir été choisi pour être le chef de l’expédition "Paris-Pékin à vélo 2008" et de la confiance qui m’a été accordée mais je suis très fier d’avoir vécu ces derniers mois avec des gens qui ont fait preuve d’une très grande force morale et qui sont des véritables ambassadeurs du cyclotourisme.
Non seulement ils ont démontré que 2008 était, par leurs actions auprès des différents pays, une année interculturelle où la FFCT aura mis son empreinte mais ils ont écrit une des plus pages de l’histoire de la Fédération française de cyclotourisme et ce qui est encore plus fort, c’est qu’ils sont les artisans d’un cyclotourisme international qui, avec l’arrivée de la Chine, prend maintenant une nouvelle dimension et un élan que nos responsables devront exploiter.

Depuis le 16 Mars 2008
Départ de Paris : 12 623 km
Dénivelé : 54 141 mètres
Nombre d'heures de pédalage : 662 heures et 51 minutes


Ces chiffres officiels, sont ceux proposés depuis le départ par le cyclo Pierre-Marie Werlen, équipé d’un compteur avec GPS.
Merci à Pierre-Marie pour ce travail quotidien.

Cette 118ème étape marque la fin de l’expédition Paris-Beijing à vélo 2008. Ipso facto elle marque aussi la dernière page de la rubrique qui m’avait été confiée. Je remercie en particulier : Jean-François Derégnaucourt et Dominique Lamouller, qui ne sont jamais intervenus pour modifier où orienter les termes de cette rubrique quotidienne, Adrien et Julien, qui souvent dans des conditions difficiles l’ont transmise à Ivry et les gens du siège fédéral qui l’a corrigée, relue et mise en ligne sur le site de parispékinavelo.com
Merci enfin à ceux qui ont bien voulu me lire et notamment, ceux qui m’ont envoyé des messages d’encouragement.

Etape 117 : Baoding - Gaopedian
Samedi 2 Août 2008
63 km - Dénivelé : 30 mètres
Départ : 7h00 - Arrivée : 11h00
CHINE


Première analyse à chaud…

Demain nous terminerons officiellement la partie vélo du Paris Pékin 2008. Avant que des torrents d’éloges, des ruisseaux de critiques, des récupérations de tous ordres, en particulier des ouvriers de la 25ème heure, irriguent notre milieu et probablement bien au-delà de notre petit cercle habituel, je souhaite simplement, en tant qu’accompagnateur et témoin, donner mon point de vue à chaud et en toute subjectivité sur cette extraordinaire randonnée.
Disons le franchement : l’idée audacieuse du Président Dominique Lamouller, approuvée par la majorité du comité directeur fédéral actuel, a été géniale. Par cette témérité, les pionniers de cette expédition ont marqué définitivement l’histoire déjà longue et remarquable de la FFCT N’oublions pas en effet que pour la première fois dans l’histoire mondiale du cyclotourisme, une Fédération, la nôtre, s’est donné les moyens matériels et humains, politiques et techniques de proposer à un groupe de 115 personnes - dont 20 étrangers- de se rendre, à vélo, avec une assistance logistique, de Paris à Pékin, sur plus de douze mille kilomètres pendant 5 mois.

Dans la réalisation il y a beaucoup à dire en bien et en moins bien et ceux qui ont œuvré pour cette réussite, y compris et en priorité les cyclotouristes, ont le droit et même le devoir de donner leur sentiment par écrit. Ceux-ci seront lus, analysés et il serait souhaitable que l’ensemble de ces commentaires soit regroupé par thème, pour une diffusion, auprès du comité directeur fédéral.
Le résultat global pour la Fédération est incontestablement un franc succès. Succès collectif grâce aux 115 participants qui, à leur manière, ont permis ce résultat final. Sans leur opiniâtreté, leur courage quotidien, leur participation financière, l’idée fédérale aurait avorté.
Succès collectif également grâce aux centaines d’hommes et de femmes connues ou anonymes, modestes ou puissants qui ont, à un moment donné, contribué à poser leur pierre à l'édifice. En particulier le siège fédéral qui, dans l’ombre, a su redresser des situations, parfois critiques, dans la préparation, la réalisation et la progression du Paris Pékin. Là encore la solidarité a joué pleinement son rôle.

Un clin d’œil reconnaissant enfin pour celle ou celui qui a accepté de laisser partir son homme ou sa femme, pour une absence de plusieurs mois. Mais sachez que pour la plupart d’entre nous cette expédition nous aura changés.

Pour le parcours de cette dernière étape, dans la grande banlieue de Pékin où les contraintes de circulation sont très difficiles à gérer, nous avons du l'écourter pour ne pédaler que 60 km, ensuite est venu le temps de charger nos vélos dans les camions pour rejoindre en bus et en convoi notre hôtel situé dans la périphérie de Beijing. Trois heures de route ont été nécessaires.
Demain matin sera l'ultime étape à vélo de notre périple.

Etape 116 :
Dingzhou - Baoding
Vendredi 1er Août 2008
75 km
Dénivelé : 18 mètres
Départ : 7h40
Arrivée : 12h00
CHINE


A deux jours du bonheur !

A tout petit pas, nous approchons du but final : Pékin et la muraille de Chine. Nous ne pédalons plus que le matin et restons en groupe sous escorte policière du départ à l’arrivée. Le parcours plat, ultra plat n’a que peu d’intérêt et notre seule préoccupation est de ne pas se perdre dans les dédales de villes interminables, de ce fait notre escorte reste la bienvenue.

Il faut dire que depuis le 16 juin date de notre entrée en Chine, nous n’avions vu nulle part une présence policière et que depuis deux jours, à l’approche de la capitale, les contrôles sur la route pour nos véhicules, la présence visible de policiers et de militaires en tenue dans les villes, aux abords de nos hôtels, la fermeture du fonctionnement d’Internet dans les cybercafés modifient totalement le climat de liberté totale que nous avions connu et apprécié.
Cela ne nous empêche pas de profiter de ces derniers jours pour prendre des photos et se balader très librement dans les villes. Pour préparer la fin de l’expédition et trouver une solution aux contraintes de la circulation des camions – Interdiction a tous les véhicules de plus de 3T5 d’entrer dans Beijing le jour et seulement de minuit à 6h du matin - nos deux gros camions pilotés par Jean-François et Claude Galvaing nous ont quittés pour assurer le transport des vélos du Xi'an et demain du Paris-Pékin. Nous ne pouvons en effet pas rouler en peloton dans la province de Pékin, il faut donc que les cyclos circulent en bus et livrer les vélos dans des lieux autorisés. Tout cela est un peu compliqué à gérer, et contraingnant mais ce ne sont pas ces dernières péripéties qui vont nous empêcher de progresser !

Notre témoin du jour est :
Claude Morel du club cyclo l’Abeille de Rueil Malmaison dans les Hauts de Seine (92).

Une étape de 75 km plate, un excellent revêtement, une escorte policière discrète en voiture, beaucoup de spectateurs très amicaux au bord de la route, incontestablement informés de notre passage, restera la photo de cette journée.
Par ailleurs nous avons beaucoup moins souffert que les jours précédents des effets de la pollution. Le ciel étant dégagé et clair. Nous logeons ce soir dans un grand hôtel d’excellente qualité.
L’expédition touche à sa fin et je suis heureux de la terminer, mission accomplie. J’en retiens plusieurs éléments : la Chine en tout premier lieu où j’ai rencontré une population qui manifestement semble heureuse, et toujours très souriante, même si le niveau de vie est visiblement inférieur au nôtre. J’ai également rencontré des paysages variés et une agriculture riche, grâce à un climat et une irrigation très maîtrisée qui permet toujours deux, quelquefois trois récoltes pas an ! Une autre surprise vient de la taille des cités. Un village compte un million d’habitants, une ville moyenne 5 millions.
La traversée des autres pays a été aussi pour moi, d’un grand intérêt, notamment le Khirghizistan – dont j’ignorais l’existence même avant mon départ ! - avec ses paysages de hautes montagnes magnifiques et son niveau de vie très modeste et le Kazakhstan, avec ses plaines immenses, ses chevaux sauvages, ses habitants accueillants et ses routes à faire frémir les ingénieurs de notre D.D.E. !
Pour terminer réellement ce voyage au très long court, il me faudra plusieurs mois, avec l’appui de plus de 1 500 photos que j’ai prises pendant cinq mois. Cela me permettra d’établir un bilan définitif en me remémorant tout ce que j’ai pu voir et ressentir dans ce film incroyable et inoubliable.

Etape 115 : Shijiazhuang - Dingzhou
Jeudi 31 Juillet 2008
81 km - Dénivelé : 62 mètres
Départ : 7h40 - Arrivée : 13h00
CHINE


Le retour de flamme vaut
une étape supplémentaire


Initialement nous aurions du avoir une seconde journée de repos à Shijiazhuang et accompagner la flamme Olympique. L’ouverture des jeux étant proche, et les tensions perceptibles à l'approche de cet évènement, nous n'avons pas pu l'accompagner.

Ce qui, sur le plan cyclotouristique uniquement, nous a permis de scinder l'étape initiale de 140 km en deux étapes de 80 et 60 Km. Nous avons donc remplacé Baoding, que nous atteindrons demain par Digzhou. De ce fait, cette courte étape nous a permis de déjeuner directement au restaurant de l'hôtel qui nous était réservé et de profiter d'une longue sieste réparatrice, bien utile avec ce climat chaud et humide. En cours de route un arrêt, organisé dans un village, nous a valu d’assister à une courte démonstration de sports de combat par de jeunes enfants.
Ce matin au départ, pour fêter la saint Léon, le patron de la ville de Bayonne et pour saluer les fêtes qui commencent dans cette région, 6 cyclotouristes originaires du Pays Basque, ont adopté, comme tenue, les couleurs blanche et rouge pour symboliser leurs attaches.

Les préparatifs pour les journées des 3, 4, et 5 août prochains s’activent et il n’est pas simple d'obtenir une coordination parfaite. Mais comme d’habitude, parce que nous sommes très rôdés maintenant, toutes les cérémonies se dérouleront à la perfection.

NDLR
Nous signalons à tous les lecteurs, que depuis aujourd’hui, pour des raisons "inconnues", tous les cybercafés ne permettent plus d’utiliser Internet. Ne soyez donc pas inquiets (es) si vous n’avez pas de nouvelles, il s'agit sans doute d'incidents ou d’impossibilité techniques.

Journée de Repos
à Shijiazhuang
Mercredi 30 Juillet 2008
CHINE


Repos...,
pas pour tout le monde !


En effet depuis hier déjà, Jean-François, chef de l'expédition et une équipe d’une trentaine de volontaires - dont naturellement l’équipe "camion" dont je vous ai parlé hier - s’activent pour mettre en place l’opération de rapatriement, de la plus grande partie du matériel (les vélos du Paris Pékin et le maximum des vélos du Xi'an Pékin) et des 13 chauffeurs, lors du retour de la logistique vers Paris.

Il est indispensable en effet d’anticiper les actions de logistique à réaliser car, dès le 5 août, le groupe initial des 115 cyclotouristes qui imprimera une page d'histoire de la fédération, va être éclaté, sans espoir de se retrouver…avant les cérémonies prévues en France.

Il aura fallu la journée entière pour vider les véhicules, environ 45 tonnes de matériel divers, allant des installations de douche aux médicaments en passant par le matériel de réparation des vélos. Puis trier l’ensemble de ce matériel hétéroclite, et effectuer un maximum de reconditionnement, pour préparer et commencer un nouveau chargement des véhicules, dans une configuration bien différente de l’initiale. En tenant compte, toutefois, des dernières étapes pour servir au mieux les cyclotouristes jusqu'à Pékin et ne pas les pénaliser de la logistique mise en place depuis le 16 mars dernier. Dès l'arrivée à Pékin, but final de l'expédition, les 2 20t seront de nouveau charger, dont l’un engrangera près de 150 vélos conditionnés en carton et repérables.

Etape 114 : Xingtai - Shijiazhuang
Mardi 29 Juillet 2008
125 km Dénivelé : 185 mètres
Départ : 7h40 - Arrivée : 15 h00
CHINE


Silence on tourne !!!


Ce matin une équipe de la télévision française nous accompagne, il s’agit d’une chaîne câblée ou satellitaire : B.F.M.TV. Le caméraman juchée sur une moto s’en donne à cœur joie et pour un sujet de 1 minute 45 qui sera diffusée en boucle, il doit filmer pendant plusieurs heures. Le profil de l'étape étant entièrement en milieu urbain sur près de 100 kilomètres, il sera plus intéressant, selon nous, de cadrer le sujet sur les participants.
Notre principal souci est de se faufiler dans une circulation intense ou le Code de la route n’est pas forcément le même que le nôtre. En la matière, la rigueur n’est pas formelle et chaque conducteur de vélo, de voiture, de camion, de bus, de scooter ou de très nombreux vélos électriques, pilote son engin suivant son inspiration, sa créativité et son besoin de rapidité ! Curieusement il y a peu d’accrochages et tous les usagers circulent assez lentement.
Nos propres chauffeurs, avec la plus grande prudence et sagement, laissent passer à gauche et à droite les véhicules qui ne s’en privent pas. Il faut dire aussi que nos sept véhicules provoquent la curiosité. Nous sommes les seuls véhicules étrangers à pouvoir rouler sur le sol Chinois, pendant la pré-ouverture des Jeux Olympiques !
A l’arrivée à l’étape, nous retrouvons, dans le même hôtel, le groupe des «Xi'an-Pékin». Un dîner en commun, en présence du Ministre du Tourisme de la province, de monsieur Lin, patron de la agence de tourisme Eurasiatours et Dominique Lamouller, président de la Fédération française de cyclotourisme, clôturera cette journée.
Dans l’après-midi, une réunion de travail avec les mêmes protagonistes et plus notamment Jean-François Derégnaucourt, Marie-Claude Jonac et Jean-Michel Richefort, a été organisée pour essayer de coordonner les cérémonies prévues les 3, 4, et 5 août prochains à Pékin. Des informations contradictoires et souvent différentes arrivent un peu de partout, nos "grosses têtes" réfléchissent et surtout agissent dans le seul souci commun du respect de la parole de la Fédération.

Notre témoin du Jour est :
le responsable de l’équipe "camions" Christian Robin, de Saiguede (31)

Pourquoi une équipe camion ?
La première des raisons est de participer activement à la vie collective du périple. L’équipe logistique en place pouvant difficilement assurée seule, pendant cinq mois ce «travail».
La seconde raison est d’avoir une vision autre que celle du cyclotouriste passif et consommateur.

Comment agissez-vous ?
Il s’agit d’une équipe de six cyclos, bénévoles naturellement, Jean-Pierre Rouxel d’Orléans, Roland Diot d’Ivry sur Seine, Christian Piriou de Lyon, Christian Lemay du Québec, Georges Farjou de Villefranche de Rouergue, qui, sous ma houlette, ont pris en charge spontanément, la gestion et le rangement du camion (20t) de la logistique.
La tache consiste essentiellement au déchargement et au chargement de tout le matériel nécessaire au bivouac et à la préparation des repas.- 2835 kg.
Egalement la mise en place des douches, des rampes de robinets d’eau froide pour la toilette quotidienne. Les jours de pluie, deux tentes de 40 et 80m2 sont déployées, pour que chacun puisse se restaurer tranquillement assis à table et à l’abri. Pas moins de 32 tables et 120 tabourets sont déployés à cette occasion. Cette opération dure en moyenne 90 minutes au chargement comme au déchargement.
En prime de fin de séjour, il nous a été demandé de reconfigurer les deux camions de 20 tonnes, afin de pouvoir ramener en France, l’ensemble de tout le matériel et probablement les 110 vélos du Paris Pékin et 40 vélos du Xi'an Pékin. Nous espérons boucler cette tache délicate en une journée et demie. Nous consacrerons notre jour de repos prévu le 30 juillet pour accomplir cette ultime mission.

Qu’a apporté ce travail supplémentaire à votre équipe et dans votre vie de cyclos ?
Tout d’abord une grande satisfaction et beaucoup de plaisir d’avoir été utile au groupe. Au delà, de la part des autres participants, de la reconnaissance, qui s’est traduite par des gestes amicaux spontanés, que nous avons beaucoup appréciés.

Pour conclure ?
L’ensemble de l’équipe, qui ne se connaissait pas avant de partir, est déjà prêt à repartir pour de nouvelles aventures… ! Notre Paris-Pékin, s’en trouve encore plus enrichi y compris sur le plan des relations humaines.

Etape 113 : Anyang - Xingtai
Lundi 28 Juillet 2008
126 km - Dénivelé : 85 mètres
Départ : 7h45 Arrivée : 15h00
CHINE


La rénovation perpétuelle !

Nous entrons dès le départ dans une nouvelle région nommée : Hebei, peuplée de 15 millions d’habitants. Des slogans cent fois répétés indiquent que la région se donne trois (3) ans pour reconstruire totalement les maisons et immeubles anciens ! Et cela se voit. Tout au long de notre étape, pratiquement réalisée en milieu urbain, des kilomètres de maisons détruites et d’autres en reconstruction se succèdent. Des centaines de triporteurs évacuent les déblais et les mêmes apportent les briques pour reconstruire. Rien de très spectaculaire, mais telles les fourmis, les hommes et les femmes font avancer les chantiers et cette province sera très vraisemblablement reconstruite dans moins de trois ans. Déjà les infrastructures sont prêtes. Il faut dire quand même que ces transformations ont été la cause d’encombrements multiples et forts gênants dégageant une poussière permanente. Malgré ces désagréments, tout le monde semble accepter ces radicales transformations.
Notre étape, au contraire des précédentes, a été très encadrée par la police. Voiture devant et derrière le peloton et 6 motards pour régler une chaotique circulation. Il faut préciser que demain, nous arrivons le même jour que la flamme olympique. Hélas l’accompagnement envisagé, il y a un an, est désormais obsolète.
Sans trop savoir pourquoi, aujourd’hui des centaines de spectateurs nous attendaient au bord de la route. Spectateurs attentifs et curieux, mais silencieux et pas du tout démonstratifs, en revanche des cyclistes Chinois ont terminé avec nous cette étape, placée encore sous le signe de la chaleur humide.

Notre témoin du jour est :
Lilianne Perdriel de l’ASPTT de Paris, demeurant à Paris (14ème)

Quelques brèves du jour :
Ce matin quand nous avons pris nos vélos pour partir, une épaisse couche de suie recouvrait nos selles et nos guidons. La pollution n’est pas théorique ici.
Dans la matinée, j’ai entendu un cyclo comparer le bruit du peloton à celui d’un essaim d’abeilles ! Je cherchais depuis le départ de Paris à quoi correspondait le bruissement bien particulier d’un peloton en action. J’ai la réponse, merci Yves-Michel.
Un membre des "jaunes" étant fatigué, un petit noyau de ces collègues de la même couleur s’est groupé autour de lui pour rendre sa matinée plus agréable. Rétabli dans l’après midi il a continué son périple.
Ce midi, lors du déjeuner nous avons fait la connaissance d’un jeune Chinois Zhai qi de 29 ans, instituteur, parti de son domicile dans le sud de la Chine le 12 juillet 2008, il compte rallier Pékin à raison de 200 km par jour.
Dans l’après midi notre ami le distrait cascadeur a effectué avec maestria sa 7ème chute, aujourd’hui dans une clairière.
Le groupe de cyclos Chinois, avec qui nous faisons route commune, nous a doublés avec enthousiasme et nous a précédés à travers le ville pour nous conduire à notre hôtel, en criant PA -RI –PE- KIN- PA- RI -PE -KIN .
Quelle que soit la galère prévue, je voulais, pour moi-même, pour mon club et aussi... pour les sceptiques de mon groupe je voulais "faire" moi aussi Paris-Pékin. J’y arrive enfin je suis satisfaite, très satisfaite.

Etape 112 : Xinxiang - Anyang
Dimanche 27 Juillet 2008
111 km - Dénivelé : 80 mètres
Départ : 7h45 - Arrivée : 15h00
CHINE


Paris Pékin = un rêve unique, un but commun
Jean Marchand

Une étape de routine


A force de pédaler dans des paysages grandioses, d’être encouragés par des centaines de spectateurs tout au long de la journée, nous devenons moins surpris et plus exigeants, car nous devenons des "stars". Aujourd’hui l’étape nous a paru sans grand intérêt, voire monotone, toutefois à l’heure du déjeuner, pris au restaurant, nous avons pu déguster notre plat unique, des raviolis géants, lors d'un bon moment de détente.
Dans nos rencontres insolites, nous avons été accompagnés pendant plusieurs kilomètres par un cycliste local, posé sur un vélo couché. C’est le premier et le seul vélo de ce type que nous avons croisé en Chine
Il est vrai que la route est dorénavant plate et que nous continuons à traverser une riche campagne sans aucun attrait touristique. Par ailleurs le temps chaud et humide provoque une brume, qui mélangée avec une pollution certaine, bouche totalement l’horizon. Ces dernières étapes sont cependant nécessaires pour toucher au but. A signaler quand même que nous avons franchi dans la journée notre 12.000ème kilomètre! Même cette fantastique distance nous paraît ordinaire !

Notre témoin du jour est :
Jean-Claude Marandon du vélo-club d’Annecy en Haute-Savoie (74) notre Cuisinier.

Dans une expédition de 5 mois la nécessité d’avoir son propre cuisinier a été très vite posée et résolue. Cette décision s’est avérée excellente. En effet si en Chine, Jean-Claude ne prépare plus aucun repas, il en a été bien autrement pendant les 8 000 kilomètres précédents.

Avant toute chose, je veux remercier l’équipe de volontaires qui, sous la conduite de Lionel Barbotin, m'a apporté une aide précieuse dans la préparation des repas et du service. Sans eux, tout aurait été beaucoup plus difficile.
Tous les jours, le camion frigo, véhicule très précieux dans notre expédition, conduit en covoiturage par Odette ou moi, doit être présent au départ, toujours au pique nique du midi et à l’arrivée pour offrir aux cyclos assoiffés une boisson fraîche. Un rapide calcul nous permet d’affirmer que nous avons servi depuis le départ plus de 25000 bières, 4000 litres d’eau, 6000 sodas, 1500 boissons lactées ! Ce qui implique la nécessité absolument d'alimenter chaque jour le véhicule et trouver les fournisseurs. Heureusement Jean-François nous donne un sérieux coup de main.
Mon travail principal de cuisinier est réalisé les jours de bivouac, car je dois acheter les ingrédients pour préparer 115 repas chauds pour le dîner et 115 petits déjeuners pour 6h30 le matin.
Pour faciliter la tache, l’organisation avait fait l’acquisition de milliers de rations alimentaires, auprès des organisateurs du Paris-Dakar, annulé en janvier 2008. Ces rations nous ont permis de servir des plats cuisinés variés le soir et quelquefois le midi : pâtes à la Bolognaise, poularde au curry accompagné de riz, Chili con carne, cassoulet, porc aux lentilles, porc au pomme de terre.
J’ai du également préparer de très nombreux pique-niques pour le midi, sachant qu'il faut environ trois heures la veille au soir pour tout préparer et conditionner. Là encore Brigitte Derégnaucourt nous a beaucoup aidés.
Le matin, debout à 4h30 pour faire chauffer l’eau, 6O litres pour le café, le thé et le chocolat et préparer le petit déjeuner : pain, confiture, beurre, riz au lait. Heureusement une équipe de volontaires m’a apporté une aide précieuse. Je tiens aussi à souligner la gentillesse et la serviabilité de tous les commerçants, petits ou grands auprès de qui nous avons pu nous approvisionner, et je peux vous garantir que cela n’a pas été une mince affaire car je ne parle pas très couramment l’Allemand, le Roumain, le Hongrois, le Russe ou le Chinois...

Mon seul regret est de n’avoir pas eu le temps de faire du vélo, mais en découvrant la Chine, je crois bien que je reviendrai dans ce pays qui me laisse de magnifiques souvenirs... que je garde pour moi.

Etape 111 : Jiyuan - Xinxiang
Samedi 26 Juillet 2008
130 km - Dénivelé : 85 mètres
Départ : 7h45 - Arrivée : 16h30
CHINE


L’étonnement est une aspiration à la connaissance
Thomas d’Aquin

Dans le grenier de la Chine.


Nous avons connu tous les climats durant ces cinq mois, actuellement très chaud (37°) et très humide (90%) le matin pas de problème pour des sportifs bien entraînés, après le repas de midi rien n’est plus évident et les organismes sont à la peine. Cependant la journée s’est bien passée. Tout le monde roule groupé, à une bonne allure, régulière et tranquille, le rythme étant donné par trois capitaines de route : Alain, James et Joël.
Nous traversons une nouvelle province, la 5ème de notre périple, celle-ci étant considérée comme le grenier de la Chine. De fait, la route plate et longiligne traverse des champs de maïs à perte de vue. Petites et grandes parcelles se succèdent, souvent séparées par des rangées d’arbres, qui les protègent du vent fréquent dans cette large vallée.
Ce soir, nous apprécions le confort d’un bon hôtel et d’une bonne cuisine Chinoise. A ce propos, à part le petit déjeuner qui est plus difficile à avaler, les déjeuners et les dîners, sont appréciés de la très grande majorité des participants. Nous savons maintenant, un peu mieux, ce qu’est la vraie cuisine Chinoise, et nous nous ferons tous un plaisir de vous conduire, à notre retour, dans un vrai "Chinois".

Notre témoin du jour est :
Royer Jean-Paul de l’amical cyclos et VTT de Toul dans la Meurthe et Moselle (54).
Je suis très heureux aujourd’hui, car selon les calculs de mon cher compteur, j’ai franchi ce soir mes 12 000 km. En ce qui concerne l’étape du jour, le départ à 7h45 est tout à fait conforme avec le kilométrage prévu. Avant le départ réel, nous avons écouté attentivement une longue explication de Jean-François sur les prochaines festivités prévues pour notre arrivée à Pékin. Cela était indispensable pour unifier le groupe pour ces trois rendez-vous importants : la muraille de Chine, l’ambassade de France, le Club France du CNOSF Certains de ses propos m’ont rappelé mon service militaire ! Vélos propres, tenues impeccables, véhicules comme neufs !
La matinée s’est déroulée en traversant beaucoup d’agglomérations, avec une brume toujours aussi persistante. Au km 75, surprise, une copie de notre chère tour Eiffel, d’une centaine de mètres, nous a été présentée. Repas pris au Km 105, vers 13h car notre guide Chinois Gaston avait disparu ! Après le traditionnel bol…de pâtes arrosées d’une bière bien fraîche, nous avons repris la route. Mon étonnement a été de retrouver un vrai ciel bleu, disparu, depuis Xi'an. Le vent a été notre allié pour réaliser ce petit miracle.
Au bord de la route, de multiples marchands de fruits, dont beaucoup de pêches, très agréables à déguster : Prix du kilo 20 centimes d’Euro ! Aucun problème pour terminer, en groupe, cette étape ordinaire mais nécessaire ! Après une période de rodage et d’adaptation assez courte pour les participants où je voyais certains cyclos bien mal partis je suis surpris, 4 mois après, d’être toujours accompagnés par 102 collègues et néanmoins amis ! Je tiens à les féliciter, pour avoir su s’adapter à l’ensemble des difficultés présentes dans une telle aventure. Le bienfait du cyclotourisme a-t-il frappé une nouvelle fois de sa magie les cyclistes ?

Journée de Repos à Jiyuan
Vendredi 25 Juillet 2008
CHINE

Oser affronter le mystère de l’inconnu est un excellent moyen de se découvrir soi même.
Amand de Thibert

Une journée bien relaxante


Nous apprécions une fois de plus cette journée de repos. Un car a été mis à notre disposition pour faciliter l'excursion organisée pour la plupart des accompagnatrices et de leurs compagnons. Beaucoup ont profité d’un salon de massage, dans l’hôtel même, pour goûter aux délices du massage Chinois. Il s’agit de soins, dispensés par des professionnels, d’une durée de plus d’une heure, sans ambiguïté pour seulement 6 euros. Une très bonne séance de relaxation.

L’encadrement prépare studieusement les cérémonies des 3, 4 et 5 août à Pékin. Rien n’est simple et tout doit être réalisé dans une ville immense, dont la priorité est naturellement l’organisation réussie de ses jeux olympiques. Tout est mis en oeuvre pour que ces trois jours dont les réceptions à la muraille de Chine, à l’ambassade de France à Pékin et au club France du Comité Olympique et Sportif Français soient une conclusion digne de l’exploit réalisé par nos cyclotouristes.

Notre témoin du jour est :
Brigitte Derégnaucourt du club de l’amical des randonneurs de la communauté de commune de saint Pourçain sur Sioule dans l'Allier (03)

Pourquoi avoir une comptable dans Paris Pékin ?

Responsable d’un budget conséquent de plus de deux millions d’Euros, Jean-François, chef de l’expédition et mon mari avait impérativement besoin d’un comptable pour assurer, au quotidien, des taches nombreuses et variées. Comptable de métier, il a paru à tous que mon choix était naturel.
Le travail est très important en particulier le suivi comptable des centaines d’opérations réalisées chaque semaine et qui doit tenir compte de la ventilation demandée par Stéphanie, la comptable fédérale au siège de la fédération, je dois en effet avoir les mêmes rubriques et les mêmes codes que le budget fédéral.

Pour faciliter et simplifier la vie du groupe, Jean-François a mis à la disposition de chaque participant un compte privé.
Il faut donc assumer la gestion des 115 comptes. Ce n’est pas un travail de tout repos car il faut enregistrer les opérations comptables aussi bien en recettes qu’en dépenses et qui plus est en monnaie locale ; soit 10 monnaies différentes : Euros, Lei, Rouble, Tengué, Som, Yen, ce travail ne peut se faire que le soir, dans la nuit ou au petit matin.

A chaque passage de frontières (10) je dois préparer et présenter les passeports, m’assurer que l’expédition soit pourvue en monnaie du pays et que chaque cyclo puisse aussi disposer de la monnaie locale sur son compte.

Pendant la journée je dois en effet, avec l’équipe du camion frigo, assurer la distribution des boissons fraîches. En revanche, depuis que nous sommes arrivés à Xi'an, je ne participe plus à la préparation des pique-niques, qui sont assurés par l’organisation Chinoise.

Je suis très heureuse d’aider à la bonne marche du Paris Pékin et d’apporter une aide à mon mari, en précisant que la préparation de cette expédition a commencé pour lui, comme pour moi, plus de 18 mois avant le départ de Paris et se terminera probablement en décembre 2008, à l’assemblée générale de la FFCT à Orléans.


Etape 110 : Luo Yang - Jiyuan
Jeudi 24 juillet 2008
71 km - Dénivelé : 182 mètres
Départ : 7h30 - Arrivée : 12h00
CHINE

L'âge n’est pas une donnée naturelle en soi, mais un indicateur de mesure
Maurice Halbwach

En parfaite osmose



Il ne nous a pas fallu beaucoup de temps, ni beaucoup d’effort, pour rejoindre notre étape. Il faut dire en effet que désormais le groupe est homogène, bien entraîné et que chacun ayant enfin trouvé sa place, personne n’a plus besoin de prouver qu’il existe par un besoin impérieux de se faire remarquer. Nous avons rejoint la large et riche vallée du fleuve Jaune, qui ressemble un peu à notre belle Loire en période d’étiage. Différence quand même, dans ce fleuve nous avons pu apercevoir des centres d’aquaculture. Nous avons également longé une mine de charbon, toujours à ciel ouvert. Si un smog permanent, assez pénible, ne nous empêchait pas de voir le ciel, nous serions heureux comme des cyclos lors d’une sortie de club du dimanche matin.
Ce soir nous faisons étape, dans un hôtel différent, avec le groupe des « Xian-Pékin ». Les contacts fraternels ont été nombreux.

Notre témoin du jour est :
Clément Genet, ostéopathe, de Wimereux (62) Pas de Calais, Côte d’Opale. Ancien élève de l’ecole d’ostéophatie de Paris, notre partenaire

Quel est le rôle de l’ostéophate dans ce Paris-Pékin ?

Du point de vue ostéophatique il y a eu deux axes de travail. La prévention pour le bien être du cyclo, afin d’optimiser sa forme physique et lui permettre de rouler en toute sérénité et d’éviter les blessures musculaires et articulaires. Le second, en cas de traumatisme ou de chute est de tout faire pour que le patient soit remis sur ses pédales, le plus rapidement possible, pour éviter de rater quelques étapes.
Notre volonté, nous sommes deux ostéopathes, a été, de mieux comprendre les contraintes particulières du cyclotouriste au long cours, et de pratiquer avec eux. Nous avons donc fait quelques étapes en vélo et un jour sur deux, nous sommes dans le véhicule fermant la marche, pour apporter un soutien à l’infirmière Hermina et l'aider à régler les milles petits bobos qui sont présents dans un peloton de 103 cyclos sur près de 13 000 km.
Nous devons traiter une population très précise et très particulière ce qui nous oblige à vraiment connaître ce milieu. Ce qui me surprend en effet ce n’est pas tant la «performance» sportive que l’acharnement et la volonté pour trouver une motivation quotidienne pendant…4 mois ! Cela est vraiment caractéristique de ce groupe Paris-Pékin.

Indépendamment de notre rôle spécifique, nous avons pu sans problème nous intégrer facilement dans l’équipe d’encadrement. Nous avons notamment, parlant Anglais, servi d'interprète à la logistique, aimant conduire, au cas où, nous avons même obtenu notre permis de conduire poids lourd Chinois ! et accessoirement fait baisser la moyenne d’âge du groupe (j'ai moi-même 26 ans et Enrique 27).
Pour moi cette aventure, à mon âge, est une expérience imprévue et inoubliable et demain j’envisage sérieusement…d’adhérer à la FFCT.

Etape 109 : Sanmenxia – Yu Yang
Mercredi 23 Juillet 2008
130 km - Dénivelé : 925 mètres
Départ : 7h45 Arrivée : 15h00
CHINE

Qui vit content de rien, possède toute chose
Boileau

La route du charbon !

Changement en vingt quatre heures pour modifier l’arrivée de l’étape. En raison de difficultés d’hébergement nous passons la soirée et la nuit à Yu Yang, une petite ville… de deux millions d’habitants en lieu et place de Wangshan. L’hôtel est neuf et très confortable.
Ce changement imprévu nous a permis de fréquenter une route peu usitée par les cyclistes du dimanche et qui, pour nous, ajoute une page noire à notre expédition. Explication : nous sommes dans une région de mines de charbon. Curieusement nous ne voyons jamais la mine proprement dite, qui se trouve éloignée de la nationale, la célèbre 310, il s’agit en réalité de gisements exploités à ciel ouvert.
Une noria incroyable de camions, de tous tonnages circulant jour et nuit, tous les jours de la semaine, dans un va-et-vient perpétuel, transporte de la mine aux centrales thermiques, le précieux combustible. Il faut dire qu’actuellement le pays est de plus en plus demandeur d’énergie et que 80% de la production d’électricité sont assurés par des centrales thermiques alimentées par du charbon.
Bienheureux le pays qui assure sa production électrique à 75%, grâce à l’énergie nucléaire. Mais le sait il ?
Sur cette route du charbon, on n’y rencontre forcément… que des charbonniers. Quand les cyclotouristes sont arrivés, ils méritaient bien ce titre, car ils avaient tellement pédalés dans la poussière de charbon, qu’ils étaient vraiment devenus des gueules noires, dignes de Emile Zola.
Tous fringants, ils apparaissent, comme tous les soirs, à 19h30 dans la salle de restaurant ayant déjà récupéré en grande partie la fatigue de la journée. Quand on vous dit qu’il se passe quelque chose de ne pas ordinaire ici.


Notre témoin du jour est :
Georges Mazzega du club : Cyclo-club de Cloubevie dans l'Isère (38).

Pour moi cette expédition a un intérêt majeur, car elle me permet de rencontrer des hommes et des femmes de cultures différentes et de nombreux paysages que je ne connaissais que dans les livres ou par des reportages.
Tout au long de cette randonnée, tout en sachant que sans le groupe rien n’est possible, j’ai pu cependant exercer mon tempérament de «contemplatif» seul ou avec quelques uns. J’ai beaucoup apprécié aussi des moments de partage quotidiens sur nos péripéties, chacun profitant de l’expérience de l’autre.
Les moments forts de l’expédition sont, de mon point de vue, ceux qui sont provoquées par les autochtones des pays traversés. Par exemple à Albota de Jos, en Moldavie ou à Akhtoubinsk en Russie ou un buffet et une réception princière nous attendaient.
Personnellement, en toute intimité d’une famille, au hasard, j’ai eu le bonheur de côtoyer certains anonymes qui m’ont reçus à bras ouverts dans leur maison ! Moments simples, mais moments palpitants qui permettent de découvrir les vraies coutumes locales.

Ce qui m’impressionne chez les Chinois c’est le respect des autres et d’eux mêmes, des lieux publics, des animaux des paysages et de la nature. Ce sont des gens souriants, calmes. Tout ici est mis en valeur, pour essayer de faire beau, la plupart du temps, l’opération est réussie. Je trouve que le pays est un jardin, cultivé de partout.
Etant à la Fédération depuis 40 ans, je veux simplement dire que sans elle, je n’aurais jamais pu profiter d’un tel voyage, car elle m'a tout appris en matière de cyclotourisme, par l’intermédiaire de mon ancien président de club. Par ce message, je souhaite tous les remercier pour leurs actions discrètes et méconnues.

Etape 108 : Ruichang - Xanmenxia
Mardi 22 juillet 2008
91 km - Dénivelé : 981mètres
Départ : 7h40 - Arrivée : 15h00
CHINE

Si l’on veut plus de sourires dans la vie, il faut créer les conditions pour qu’ils apparaissent.
Dalaï-lama

Les travailleurs de l'ombre

Temps gris et frais, pas de pluie, de bonnes conditions météo pour aujourd’hui. Le temps se maintiendra ainsi toute la journée. Un excellent hôtel nous reçoit ce soir, tout va donc pour le mieux. Pendant que ces messieurs pédalent, les accompagnatrices arrivées à Xi'an, profitent, en car, des beautés des lieux touristiques de la région. Elles semblent apprécier.
Nous profitons de nos derniers jours de route pour commencer à préparer le retour…. ! Les esprits vagabondent. Il faut redoubler de présence sur la route, car le stress ayant disparu, la fin de l’expédition étant chaque jour plus proche, l’attention est moindre et les chutes plus probables. Aujourd’hui encore une chute, sans gravité heureusement, a donné du souci au capitaine de route concerné, qui naturellement s’est porté au secours de la «cyclote» ayant chutée. Travail obscure et anonyme des capitaines, dont peu de monde se rend compte, qu’ils en soient ici déjà remerciés.

Notre témoin du jour est :
Jean-Luc Bernard de l’association sportive cordemaisienne cyclos, de Cordemais en Loire-Atlantique (44).

Une superbe étape, bosselée à souhait, au milieu de cultures multiples et variées: pommier, pêchers, arbres à coton, maïs, poivriers et toujours des maisons troglodytes. La circulation est assez difficile, car la pluie de la veille et de la nuit a engendrée des coulées de boue, assez dangereuses. Belle et riche campagne, mais population pauvre et laborieuse.
Je n’arrive pas encore à croire tout le chemin parcouru depuis Paris. Il me faudra quelques mois pour réaliser. C’est le voyage de notre vie (je suis avec ma femme Evelyne) et il restera graver au fond de mon cœur, encore très longtemps.
Mon voyage a commencé à Paris le 16 mars. Le départ a été difficile et émouvant, car notre fille Virginie et son mari Stéphane, venus nous accompagner, ont couru un moment derrière nous et ont disparu sur les quais de la Seine proches. Nous avons continué très émus dans l'idée de nous séparer pour la première fois. J’avoue avoir versé une larme à cet instant.
Ce voyage est la découverte de trois grands fleuves : le Danube, la Volga, et le fleuve Jaune. Les moments forts auront été : le froid et la neige en Allemagne, la pauvreté en Roumanie, l’accueil simple et fraternel en Moldavie, la longue attente à la frontière Russe, dans le froid, sous la pluie, et dans la boue du Kazakhstan.
J’ai réalisé des actions que je n’imaginais pas pouvoir faire : rouler dans des conditions climatiques difficiles, aller dans des toilettes à cinq de front, vivre près de 5 mois en communauté, manger avec des baguettes et une cuisine épicée, avec tous les jours du riz, que je n’aime toujours pas. ! Cette randonnée m’a fait grandir et mûrir dans la connaissance de la vie.
Ce Paris Pékin est «le mien» mais j’ai conscience que sans la FFCT et son organisation, je n’aurais pu réaliser cette expédition.
Mon seul dopage a été les applaudissements de milliers de spectateurs anonymes et les encouragements de toute ma famille et mes amis. Qu’ils en soient remerciés ici.

Etape 107 : Tong Guan - Ruichang
Lundi 21 juillet 2008
61 km - Dénivelé : 530 mètres
Départ : 7h40 - Arrivée : de 11h15 à 12h30
CHINE

Après la pluie le temps de la fête !

Ce matin au départ le temps est à la pluie et hélas, le restera toute la matinée. Contre mauvaise fortune bon cœur, il faudra donc s’en accommoder et chacun avec philosophie a pris la route, essayant de se protéger au mieux. La pluie a comme conséquence première une route glissante et ce matin en particulier une route boueuse et dangereuse. Plusieurs chutes, sans gravité, ont incité les cyclos à une plus grande vigilance. Sur quelques kilomètres nous avons retrouvé, sans rire, la route Kazakhstanaise ! Heureusement la campagne est toujours aussi belle et nous avons traversé des kilomètres de prairies où poussent des poivriers.
Trois hôtels assez médiocres nous attendent, nous profiterons de l’après midi pour vivre zen. Ce soir, nos amis Belges offrent à boire à l’occasion de leur fête nationale. La bière (Chinoise) va couler à flots.

Notre témoin du jour est :
Marcel Lefèbvre : membre individuel de Belgique.

C’est un grand honneur pour un Audax ordinaire qui fait des choses Audaxtraordinaires d’être le témoin du jour en ce 21 juillet, fête Nationale de la Belgique.
C’est très émouvant pour moi car il y a exactement un an, je me trouvais devant le petit écran, entouré affectueusement de ma petite famille pour regarder comme chaque année le défilé militaire se déroulant dans la capitale Bruxelloise et j’ignorais, encore étant sur une liste d’attente des candidats à Paris-Pékin, que je serais invité à participer à cette merveilleuse aventure. Cette année, moi aussi, je défilerai...mais au pied de la Grande muraille.
Pour en revenir à Paris-Pékin, j’aimerais exprimer mon admiration sans borne pour ce bel élan de solidarité qui s’est manifesté souvent et spontanément parmi les 101 cyclos lorsque soudain s’élevait dans les airs, d’abord timidement, puis en crescendo ce mot «crevaison». Tous s’arrêtaient pour attendre la malheureuse victime, la conseiller d’abord sur la façon de démonter le pneu, retirer la jante, remonter le pneu, à la méthode «d'un tel», à la canadienne "d'un autre", etc.… Mieux, il arrive souvent qu’elle n’ait même pas la possibilité de procéder à la réparation, si ce n’est de fournir la chambre neuve, tant les mains se tendent sur l’objet du désir, j’en parle d’expérience.
Ces minutes, qui au fil du temps se transforment en heures, puis en jours complets, ne sont pas perdues, bien au contraire ; c’était l’occasion pour chacun au début de l’expédition de faire connaissance, puis peu à peu de s’apprécier, puis découvrir derrière la tenue de cyclo se cache un cœur d’or, une âme de poète, et aussi de se lier d’amitié, et pourquoi pas de s’aimer.
Bref tout est bénéfique, à tel point que certains envisagent la création d’une association des anciens de Paris-Pékin 2008. J’applaudis à deux mains en lâchant mon guidon, mais à la condition que l’on se réunisse tous les 20 ans, la première réunion se passerait à Aubusson lors de la récupération des vélos par exemple et la seconde en 2028 à Pékin, le trajet se faisant bien évidemment à vélo. Pour la logistique, cela ne devrait pas poser beaucoup de problèmes, une camionnette et 2 tentes de 4 suffiraient.
Mais évoquer ces projets m’émeuvent et des sanglots me viennent dans la voix tandis que je vois perler sur les joues de mon rédacteur, lui aussi ému, des larmes, au risque qu’elles ne s’écrasent sur son clavier et causer un court circuit néfaste pour lui et les prochains comptes-rendus.

Etape 106 : Weinan –Tong Guan
Dimanche 20 juillet 2008
82 km - Dénivelé : 860 mètres
Départ : 8h30 - Arrivée : 15h00
CHINE

Les raisonnables ont des rêves, les passionnés ont du vécu
Henri de Bonnaffé.

Vous avez dit * ** *** voire plus….



Une séance photo avec le groupe d’une centaine de cyclotouristes Chinois, avec qui nous faisons route commune, permet à tous de partager quelques instants très conviviaux.
Le temps est gris et lourd, mais notre sérénité est totale et notre coup de pédale très léger. L’étape vallonnée à souhait nous permet de franchir, probablement notre dernier col Chinois. Nous poursuivons notre route vers le nord à environ 1000 km au nord ouest de Shanghai.
L’assurance d’avoir chaque jour un hébergement en hôtellerie est la garantie pour nous tous, d’être reposés pour avoir profité d'une literie correcte et de sentir "le propre" pour avoir profité d'une bonne douche à la température voulue. Nous qui avons connu des moments de galère notamment dans des hébergements, difficiles à imaginer, nous en apprécions davantage à sa juste mesure ce simple luxe.
Notre seul souci désormais est de finir en toute sécurité et au complet ce périple insensé, car nul doute, et sans incidents majeurs, il marquera à jamais nos vies de cyclotouristes, de femmes et d’hommes.

Notre témoin du jour est :
Michel Bédard du Vélo club de Saint-Hyacinthe du Québec

Mon rêve deviendra bientôt réalité...Il y a quelques mois, j’ai vu une émission à la télévision de langue française de radio Canada ou une personne a prononcé une phrase qui m’a marqué : «Les raisonnables ont des rêves, les passionnés ont du vécu». Depuis plusieurs années je rêvais de réaliser un voyage unique à vélo, mais mon côté raisonnable me freinait. Je me trouvais toujours des excuses pour ne pas concrétiser ce rêve, même si je n’avais aucune idée précise de ce projet.

Par un pur hasard, en janvier 2007, je suis informé, sur le site voyage.com du projet de la FFCT la réalisation de Paris Pékin à vélo 2008. Instantanément j’ai su, que c’était ce voyage que je ferais. Je m’informe plus précisément sur les conditions de participation et j’apprends que 20% de non Français pourront être présents. Je suis certain en tant que «cousin des Français» de pouvoir participer. Je m’empresse de remplir un dossier, de passer un examen médical sérieux et...bonheur en juillet 2007 j’apprends que je suis sélectionné avec trois autres Québécois.

Après quatre mois de vie commune avec les hommes et les femmes de l’expédition Paris Pékin, pour lesquelles j’ai la plus grande admiration et cela sans exception, j’atteindrais mon but ultime le 3 août à Pékin. Je serais alors comblé et heureux, car c’était là ma seule et unique attente le 16 mars à Paris, cela et rien d’autre.

Maintenant le retour à la maison est tout proche, cette expédition unique et enrichissante sur le plan humain, restera gravée pour toujours dans mon cœur et tous ensemble nous aurons ce petit quelque chose de spécial entre nous qui confirmera que : "les raisonnables ont des rêves et les passionnés du vécu".

Etape 105 : Xian - Weinan
Samedi 19 juillet 2008
77 km - Dénivelé : 464 mètres
Départ : 8h00 - Arrivée : 14h00
CHINE

Dans les traces du Xi'an Pékin.

C’est ce matin que nous entamons la deuxième partie de notre Paris Pékin, nettement plus courte. Les "Xi'an" comme on les appelle dorénavant, ont une avance de 24 heures "chrono", ils nous ouvrent la route. Quant à notre groupe, nous sommes accompagnés par une centaine de cyclos Chinois, qui vont également à Pékin. Nous ferons route commune encore demain. Désormais un bus nous accompagne parallèlement, son but faire visiter le pays à une quinzaine de d'épouses ou de compagnes venues nous rejoindre pour effectuer la fin de parcours. Tous les rouages et les mécanismes de la "machine" semblent n'avoir subi aucun problème particulier !

Notre témoin du jour est : François Hennebert du Cyclo Sport Provencal, d’Aix en Provence dans les Bouches du Rhône (13).

J’ai passé aujourd’hui un excellent anniversaire - 62 ans – sur une route de rêve pour un cyclotouriste. Nous avons traversé 5 ou 6 villages, ou les villageois, notamment, font battre leur blé par les véhicules qui traversent le bourg.
J’ai pu mettre, comme chaque jour, en application un premier principe qui m’est cher dans cette expédition : toujours lever la tête et ouvrir les yeux. Le second principe appliqué, est : tout ce qui m’est arrivé ou tout ce qui m’arrive en positif ou en négatif est mille fois mieux que d’être dans mon fauteuil, en train de regarder la télévision.
Pour moi ce très long passage en Chine est le cerisier sur l’énorme gâteau de mon plaisir, en particulier notre traversée du Kazakhstan et du Kirghizistan. En effet le contact avec la quasi-totalité de la population est facile, chaleureux, décontracté et simple. En croisant n’importe qui, un simple un sourire, celui-ci vous est immédiatement et systématiquement rendu. Ce matin, une mère de famille a glissé son enfant dans mes bras pour qu’il soit photographié avec moi ! Cela donne une impression de confiance totale entre humains ! Après une surveillance (protection) policière dans certains pays de l’ex URSS, nous pouvons, en Chine pratiquer le cyclotourisme et la visite des villes, en totale et entière liberté, jour et nuit.
Je ne souhaite pas terminer ce témoignage sans dire que si « mon » Paris Pékin s’est très bien passé, je le dois aussi à toute l'équipe de la logistique qui nous entoure : sur le terrain et à Paris. Pour partager mes émotions et mes impressions plus compètes sur cette histoire incroyable, vous pouvez me retrouver sur :
http://velo.hennebert.fr

Journée de repos à Xi'an
Vendredi 18 Juillet 2008
CHINE


Bis repetita encore une journée de repos !

Nous n’avions jamais eu depuis notre départ de Paris le 16 mars dernier, deux jours consécutifs de repos. Nous avons donc profité de cette véritable coupure pour satisfaire à diverses occupations. Les chauffeurs des véhicules Ivéco ont, quant à eux, profité de cette aubaine pour rendre visite au concessionnaire du même nom, pour l’entretien de leurs véhicules qui ont beaucoup souffert.
Le soir, la grande majorité du groupe, s’est rendue à l’opéra pour assister à un spectacle ou l’Art Chinois, sa poésie, sa sensibilité et sa richesse ont été démontrés avec talent, grâce et émotion.

Notre témoin du jour est :
Bernard Monnin du club Les cyclos de Chartreuse de Saint Laurent du Pont dans l'Isère (38).

Cette deuxième journée de repos à Xi'an a été la bienvenue car les visites de la veille ont été, pour moi, assez fatigantes. Visites que j’ai beaucoup appréciées, et dont je n’ai pas à faire l’éloge ce jour.
Aujourd’hui donc, je me suis vraiment reposé et j’ai pris du temps pour être avec ma fille, arrivée la veille à Xi'an, pour participer au séjour touristique de Xi'an à Pékin. Nous avons flâné dans la vieille ville et fait quelques achats dans les échoppes de souvenirs pièges à touristes !
Après le repas pris en dehors de l’hôtel nous hébergeant, nous avons assisté à une soirée à l’opéra de Xi'an. Spectacle court -1h15- et d’une qualité exceptionnelle, tant pour les costumes, que pour les décors et les artistes. De la danse, des ballets, présentant des costumes et des instruments de musiques anciens et traditionnels en Chine sont venus nous charmer avec un spectacle très poétique.
J’ai apprécié en particulier une séquence mettant en scène 6 musiciens, qui avec des instruments à percussion et des cymbales, se sont lancés dans un numéro ou chaque musicien donnait un rythme différent en une sorte de dialogue plein d’humour avec l’un ou avec les autres.
Tous les participants de Paris-Pékin, qu’ils soient sur le vélo ou dans l’accompagnement sont les pièces d’un puzzle, pièces disparates, qui n’ont qu’un point commun : la passion du vélo. Reste à savoir quelle sera l’image de ce puzzle reconstitué à l’arrivée ? J’espère que cette image du cyclotourisme, de notre Fédération et de la France, transportée à l’autre bout du monde, sera belle et restera gravée dans la mémoire de tous ceux qui s’y sont intéressée.
Je souhaiterai que cet itinéraire de Paris-Pékin, tracé et bientôt terminé, soit un fil d’Ariane d’union et de paix entre les pays traversés et les peuples rencontrés. Je voudrais que toutes les routes qui finalement ne mènent pas toujours qu’à Rome, soient pour tous les baroudeurs de tous les pays du monde un trait d’union et d’amitié.

Journée de repos à Xi'an
Jeudi 17 juillet 2008
CHINE


Une journée gigXIANtesque !

Le voyageur qui vient de si loin ne peut être qu’un ami !
Confucius


Nous attendions tous Xi'an, car nous savions que nous finissions la première partie de l’expédition et que ces deux jours de repos seraient différents. Rencontre avec nos cadets de «Xi'an Pékin», l'arrivée d’une dizaine d’épouses ou de compagnes, deux jours de repos consécutifs dans la même ville, visites et festivités diverses.
Tout a été différent en effet. Dès 9h trois cars ont été mis à notre disposition pour la journée. Première visite de la ville de Xi'an (8 millions d’habitants), à la pagode des oies sauvages. Lieu de repos, de détente, de calme et de silence. Notre guide nous explique, en Français, ce qui peut être considéré comme une façon de vivre pour la plupart des chinois : arriver à l’équilibre entre le Yang et le Yin, vivre Zen, suivre la philosophie Bouddhiste, qui n’est pas d’origine Chinoise, mais qui est reconnue et très respectée.

Deuxième visite, permettant à l’Etat de nous présenter dans un show room impressionnant la fabrication et la vente de superbes articles en Jade.

Puis direction vers le site de l’armée enterrée, à 45 km de notre hôtel. Découvert par hasard en 1974 par un paysan qui creusait un puit, ce site aménagé, comme savent le faire les Chinois, permet de recevoir une douzaine de millions de visiteur par an. Les aménagements sont plus fonctionnels qu’esthétiques. En revanche, l’objet de la visite est vraiment extraordinaire et mérite le voyage. 3 heures sont nécessaire pour admirer et tenter de comprendre la mégalomanie ou le génie de l’empereur Tchin Shu Ruangdi, qui a enterré des milliers de statues de soldats, en tenue de combat, au 3ème siècle avant Jésus Christ !
Chaque fois qu’une salle était terminée et recouverte d’un plafond, lui-même couvert de terre, il faisait entrer tous les artisans ayant participé à cette œuvre, et fermait la salle définitivement, pour éloigner tous témoins de cette croyance en l’éternité !

Le Président Chirac, nous a-t-on dit plusieurs fois, considérait à cette découverte comme la 8ème merveille du monde.

Les fouilles continues et il est probable que lors de notre prochaine visite, dans une vingtaine d’années, beaucoup de questions qui se posent encore aux archéologues seront résolues.


Notre journée s’est terminée en apothéose par un dîner officiel et par une cérémonie sur les remparts de la ville ou le Maire de Xi'an a remis au Président Dominique Lamouller les clés de la ville et à Jean-François Dérégnaucourt, chef de l’expédition un parchemin. Le tout, en musique, avec danse et spectacle. Longtemps après minuit, nous étions encore sous le charme de cette surprenante journée.




Notre témoin du jour est
: Lionel Barbotin du club : La roue Marquettonne de Marquette en Ostrevant dans le Nord (59).

Je participe à une magnifique expédition, certes nous avons eu rencontré beaucoup de difficultés : neige, pluie, froid, chaleur, bivouacs improvisés, ce qui m’a occasionné quelquefois un peu de nostalgie quant à ma famille. C’est normal, mais l’ambiance qui s’est créée au fil du le temps, nous a fait oublier toutes ces contraintes et le franchissement de cols à plus de 3000 mètres a été pour moi un moment merveilleux.
Aujourd’hui nous sommes à Xi'an, là où la découverte des soldats enterrés est impressionnante. Les vacances commencent il ne nous reste plus que 1 200 Km à parcourir. Les jeunes et les nouveaux arrivants, partageront un peu de notre expérience, mais je crains qu’ils ne profitent pas comme nous, de nos merveilleux contacts et l'ambiance trouvés lors de nos traversées des 14 pays différents.
Mon souhait le plus fort est que nous arrivions tous ensemble à Pékin, pour verser des larmes de bonheur et d’émotion sur la Grande muraille. Si c’était à refaire, je le referais comme cyclo ou comme encadrant bénévole, pour faire bénéficier à d'autres de cette unique et extraordinaire expérience.

Le témoin du jour :
Dominique Lamouller, président FFCT.

Pour la première fois, les 262 cyclotouristes sont réunis à 21h ou 3 représentants de la FFCT sont pris en charge par la ville de Xi’An. Tous les cyclotouristes suivirent dans 7 bus et furent amenés à la porte principale de la ville. Face à des remparts majestueux qui entourent cette ville impériale sur 14 km, nous sommes tous accueillis par une cérémonie majestueuse. Sous des flots de musique et de lumière, de nombreux soldats de l’empire et de nombreux princes et princesses nous reçoivent avec le faste de l’empire. C’est l’émotion et l’émerveillement pour tous. Le président de la FFCT reçut alors les clefs de la ville de Xi’An. Jean-François Derégnaucourt reçut le visa impérial. Paris-Pékin est ainsi devenu Paris-Xi’An-Pékin.






Nous pouvons alors pénétrer sur un large tapis rouge et sous une haie d’honneur les larges fortifications et la porte de la ville. Tout se termine dans la cour impériale du palais des ‘Cloches’ sous le grondement des tambours.
Tous les cyclotouristes sont devenus des citoyens de fait de la ville de Xi’An. Nous avons eu ici une belle cérémonie d’ouverture confirmant l’amitié entre les peuples.




Etape 104 : Fufeng - Xi'An
Mercredi 16 juillet 2008
109 km - Dénivelé : 282 mètres
Départ : 9h00 - Arrivée : 17h00
CHINE

La rencontre avec les Xi'an Pékin !

Avant le départ, nous avons commencé notre matinée par une séance photo. Vue d’ensemble, de chaque groupe, de l’équipe cuisine, de ceux qui chargent et déchargent les camions et de l’équipe de la logistique. Ces prises de vues ne sont pas faciles à organiser car nous avons besoin de la présence de tous et de grandes surfaces au sol pour pourvoir organiser le déploiement de 120 personnes et sept véhicules.
Tout le monde se souviendra longtemps du dernier bivouac, excellent dîner, projection des vidéos de notre expédition, feu d’artifice et feux de camp.
A noter hier après midi, un léger accrochage entre le 20 T de Jean-François et une voiture, qui est venue, en manoeuvrant à reculons s’écraser contre le pneu arrière droit du camion ! Cet incident