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Après la grande cérémonie
à la Muraille de Chine
réceptions les 4 et 5 août 2008
A l'issue de la fin de l'expédition Paris Pékin
à vélo, et la grande cérémonie
de clôture qui eut lieu à la Grande Muraille
de Chine, diverses réceptions ont été
organisées en l'honneur des participants.
Ambassade de France à Pékin
La première réception, qui rassemblait tous
les acteurs du Paris Pékin à vélo et
également ceux du Xi'An Pékin, a eu lieu à
l'Ambassade de France à Pékin, en présence
de son Excellence Monsieur l'ambassadeur Hervé Ladsous
qui les a, au nom de la France, chaleureusement congratulés
et félicités pour la réalisation de leur
incroyable exploit, à la veille de l'ouverture des
Jeux Olympiques. Au cours de cette réception, le président
fédéral Dominique Lamouller offrit aux deux
participants chinois qui ont, tout au long de cette expédition,
dignement représenté leur pays, le vélo
sur lequel ils ont parcouru plus de 12 500 km depuis le Trocadéro
le 16 mars dernier et un troisième à notre guide
privilégié Gaston, qui par sa ténacité
a su démêler parfois des situations inextricables,
et fait découvrir et apprécier son immense pays.
Club
France du CNOSF à Pékin
La seconde, plus symbolique, puisqu'elle a eu lieu dans l'antre
du Club France du Comité national olympique et sportif
français, réservé à la délégation
française où tous les sportifs français
sont reçus et félicités pour chaque récolte
de médailles. Avant d'arriver à la réception,
une quarantaine de participants du Paris Pékin a eu
le privilège de se déplacer à vélo
et circuler aux abords de la place Tian'anmen et de la Cité
Interdite, avant d'être reçus, avec le reste
de leurs camarades, et ceux du Xi'an Pékin, comme des
médaillés olympiques, en présence de
Monsieur Bernard Laporte, secrétaire d'Etat à
la jeunesse, aux sports et à la vie associative, tout
fraîchement arrivé de Paris, de son Excellence
Monsieur l'ambassadeur de France Hervé Ladsous, des
vice-présidents du CNOSF, leur président Monsieur
Henri Serandour s'étant excusé de ne pouvoir
assister à cette cérémonie. Monsieur
Dominique Lamouller, président de la Fédération
française de cyclotourisme a remis symboliquement le
vélo de Paris Pékin, pour le président
Serandour, absent pour cette occasion, qui sera exposé
dès la rentrée au siège du CNOSF à
Paris. Tous les protagonistes ont été fiers
d'avoir pu prouver que le cyclotourisme a valeur humaine et
olympique et d'avoir pu être les représentants
de la France pendant tout ce périple.
Discours du président fédéral 03
août 2008
• Monsieur le Ministre
• Monsieur le gouverneur de la Province de Hebei
• Votre excellence Monsieur L’ambassadeur
• Mesdames et messieurs les cyclotouristes des pays représentés
Nous
sommes rassemblés, ce jour, à la "Grande Muraille de Chine"
pour célébrer la totale réussite de l’expédition de la Fédération
française de cyclotourisme, organisée avec l’Association
Amitié-Euro-Chinoise. Partis le 16 mars 2008 Place
du Trocadéro à Paris, nous arrivons aujourd’hui à Pékin au
pied de la Muraille de Chine. Toutes et tous vous avez accompli
un véritable exploit tant sur le plan sportif que matériel
et humain.
A la veille de l’ouverture des Jeux Olympiques, avec votre
vélo, vous avez porté dans votre cœur "la Flamme"
de l’amitié entre les peuples, à la rencontre des habitants
des 12 pays traversés. Tout au long de ce parcours "la
route de la Soie" l’accueil a été unanimement chaleureux
et empreint d’amitié, de simplicité et de nombreux moments
émouvants.
Je n’ai pas assez de mots pour qualifier ce que vous avez
accompli sur cette longue route de plus de 12 600 km, ensemble
et avec l’équipe d’encadrement dévouée à cette expédition
qui a permis de mettre en évidence comme prévu les valeurs
du Cyclotourisme, de l’Olympisme et de l’Education
par le sport.
Je remercie ici le soutien inconditionnel de toutes les autorités
des pays traversés, des ambassades et différents services
qui ont largement contribué à la réussite de cette expédition
sur le plan administratif. Je remercie également les différents
ministères Chinois, l’Ambassade de Chine à Paris et de France
à Pékin pour nous avoir permis de traverser sans difficultés
les 4000 km de cet immense pays. Je remercie sans réserve
les bénévoles et le personnel de la FFCT qui ont travaillé
sans relâche pour le bon déroulement de Paris Xi’an Pékin
à vélo 2008.
Nous sommes tous honorés des accueils exceptionnels qui nous
ont été réservés tout au long de cette traversée exceptionnelle
du pays de l’Olympiade 2008.
Je remercie les autorités présentes pour cette grande cérémonie
de clôture à la Grande muraille de Chine qui confirme qu'elle
restera le symbole vivant des liens d’amitié entre la France
et la Chine.
Dominique Lamouller
Président de la Fédération française de cyclotourisme
Etape 118
: Gaopédian - Miyun - Muraille de Chine Beijing
Dimanche 3 Aout 2008
71 km - Dénivelé : 551 mètres
Départ : 6h00 - Arrivée : 10h00
CHINE Des
hommes et des femmes uniques et ordinaires ont réalisé quelque
chose d’unique et d’extraordinaire. Par ce fait, ils sont devenus
extraordinaires, et restent vraiment uniques.
Une fin en apothéose !
Dès 6 heures ce matin, par groupe d’une dizaine et dans la plus
grande discrétion, les cyclos prennent le chemin de la Grande
Muraille. Discrétion, car tout rassemblement n’est pas autorisé
et les cyclistes ne doivent pas être plus de 10 sur les routes.
Personne n’est dupe...mais il faut respecter les usages et les
instructions générales et surtout personne ne souhaite un incident.
Après une vingtaine de kilomètres nous entrons dans un secteur
autorisé et là nous avons la possibilité de nous regrouper en
toute légalité cette fois et effectuer notre progression régulière
dans un paysage montagneux. Notre premier étonnement est la
jonction avec les cyclotouristes du groupe Xi'an Pékin : ils
nous accueillent par une haie d’honneur et nous effectuons le
final, Président en tête, par une forte montée de 4 km qui débouche
sur une grande plateforme où les organisateurs Chinois nous
accueillent en "héros". En
musique, sous les ovations de 500 personnes environ, dont les
familles de quelques uns, dans des moments inoubliables où les
rires se mêlent aux larmes où les congratulations effacent sur
le champ fatigue et mauvais souvenirs, chacun savoure la fin
de son périple. Instants exceptionnels, explosion de joie, tout
le monde prend part, avec une satisfaction profonde et unique
à sa portion d’une gloire éphémère et relative. Les héros du
jour bloquent leur compteur officiellement sur le kilomètre
12 663.
Sur l’estrade dressée, d’éminentes personnalités Chinoises et
Françaises viennent exprimer leur satisfaction pour la réussite
de cette expédition exceptionnelle, l’audace de la Fédération,
et le courage des 115 arrivants sur (119 partants !). La contribution
de l’amitié entre les peuples et l’esprit de l’Olympisme sont
valorisés. Nous
retiendrons en particulier les paroles de son Excellence, Monsieur
l’Ambassadeur de France, Hervé Ladsous, de Monsieur Lin, organisateur
Chinois, celles de Dominique Lamouller notre Président et Jean-François
Derégnaucourt, représentant l’ensemble des participants à ce
fabuleux défi de Paris à Pékin, en passant par Xi'an.
Pendant près de deux heures, rires, larmes, photos, interviews,
se succèdent sur la Muraille.
Les moments de bonheur ayant hélas une fin, il nous faut après
avoir mis les vélos dans les camions, repartir pour trois de
heures de bus, afin de rejoindre notre hôtel.
Pour ce déplacement nous avons du obtenir une autorisation quasi
miraculeuse afin de rouler en convoi sur les autoroutes intra
muros de Beijing : quatre bus et nos 7 véhicules alors que Pékin
n’autorise pas l’entrée de camions dans la ville, sauf la nuit,
et que nous sommes les seuls véhicules étrangers à avoir pu
pénétrer en Chine.
Au cours du dîner, les 300 participants, réunis dans une même
salle, recevront dans la joie, l’émotion et la bonne humeur
un souvenir des organisateurs Chinois et un hommage appuyé du
Président fédéral à l’ensemble des cyclotouristes des deux parcours,
à leur encadrement et à tous ceux qui, de près ou de loin, ont
travaillé à la réalisation de ce projet fou, unique et exceptionnel.
Mention spéciale pour le personnel du siège fédéral et des autorités
administratives Françaises.
Notre
témoin du jour est : Jean-François Derégnaucourt, chef
de l’expédition. L’aventure vélo est finie.
Après quelques jours de vacances avec Brigitte, mon épouse,
dans le cadre du séjour touristique prévu pour tous, nous entamerons
une nouvelle aventure, avant de revenir en France, en effectuant
le parcours retour Pékin Paris avec les véhicules et le matériel.
Quel sentiment vous assaille aujourd’hui face à la Muraille
de Chine objectif de votre mission ?
03 août 2008, combien de fois j’ai tapé cette date sur différents
documents, sur diverses demandes en pensant que cela était pour
beaucoup plus tard. Maintenant que nous y sommes je suis surpris
de la mélancolie qui me gagne, de cette émotion qui m’étreint
comme pour l’ensemble des participants. Quel bonheur de voir,
au pied de cette Muraille tant espérée, toute l’équipe, participants
et logistique, s’embrasser, se féliciter et n’essayant même
plus de cacher ses larmes. Il y a des moments où le temps devrait
s’arrêter.
105 cyclos au départ du Trocadéro, 102 à la Grande Muraille,
toutes les féminines présentes, bilan très satisfaisant. Pour
la logistique 14 au départ, 13 à l’arrivée. Les abandons étant
liés à des raisons médicales. Alors
on pourrait penser que cela était facile, on aurait tort, je
peux témoigner que nos cyclotouristes ont été formidables de
courage, de ténacité, d’abnégation, de solidarité et se sont
soutenus dans les moments difficiles constituant une véritable
chaîne où chaque maillon devenait indispensable.
Ils ont tout connu :
- la panoplie complète de la météo, passant de la neige, aux
orages, à la canicule sans oublier le vent,
- Pour les routes, ils ont eu droit en plus des routes goudronnées,
à des pistes cyclables, des pistes plus ou moins défoncées,
du sable, de la boue et des nids de poule ou plutôt aux nids
d’autruche, à des ornières béantes,
- Des hébergements passant de l’hôtel au gymnase ou dans des
classes scolaires ou sous la tente à la belle étoile dans le
cadre des bivouacs,
- Des conditions sanitaires qu’ils n’avaient jamais imaginées,
- Des repas parfois surprenant, parfois répétitifs et parfois
sommaires,
- la variété des paysages qui leur a permis de contempler la
montagne européenne, les plaines d’Ukraine et de Russie, la
steppe, les déserts et les montagnes féeriques du Kirghizistan
sans oublier les terrasses chinoises utilisées pour ne pas perdre
de terres fertiles.
Qu’ils soient honorés comme des aventuriers qui ont osé, qui
ont souffert et qui ont réussi à se surpasser en s’étonnant
de leurs nouvelles limites.
Pour cette réalisation il a fallu des gens pour y croire mais
également des gens pour le faire. Il a fallu des gens de l’ombre
pour travailler, de ceux qui ne sont jamais cités et qui répondent
toujours présents. Quant à l’équipe logistique, composée d’hommes
et de femmes qui étaient toujours disponibles, elle était indispensable
à la réussite de cette expédition. Je tiens à remercier Henri,
mon fidèle et loyal adjoint ainsi que l’ensemble des membres
de la logistique, sans oublier Brigitte, ma chère épouse qui
m’accompagne depuis 2 ans dans tous ces préparatifs. Ce sera
bientôt le moment de faire les bilans. Mais dès à présent je
tiens à crier au monde entier que, certes je suis fier d’avoir
été choisi pour être le chef de l’expédition "Paris-Pékin à
vélo 2008" et de la confiance qui m’a été accordée mais je suis
très fier d’avoir vécu ces derniers mois avec des gens qui ont
fait preuve d’une très grande force morale et qui sont des véritables
ambassadeurs du cyclotourisme.
Non seulement ils ont démontré que 2008 était, par leurs actions
auprès des différents pays, une année interculturelle où la
FFCT aura mis son empreinte mais ils ont écrit une des plus
pages de l’histoire de la Fédération française de cyclotourisme
et ce qui est encore plus fort, c’est qu’ils sont les artisans
d’un cyclotourisme international qui, avec l’arrivée de la Chine,
prend maintenant une nouvelle dimension et un élan que nos responsables
devront exploiter.
Depuis le 16 Mars 2008
Départ de Paris : 12 623 km
Dénivelé : 54 141 mètres
Nombre d'heures de pédalage : 662 heures et 51 minutes
Ces chiffres officiels, sont ceux proposés depuis le départ
par le cyclo Pierre-Marie Werlen, équipé d’un compteur avec
GPS.
Merci à Pierre-Marie pour ce travail quotidien.
Cette 118ème étape marque la fin de l’expédition Paris-Beijing
à vélo 2008. Ipso facto elle marque aussi la dernière page de
la rubrique qui m’avait été confiée. Je remercie en particulier
: Jean-François Derégnaucourt et Dominique Lamouller, qui ne
sont jamais intervenus pour modifier où orienter les termes
de cette rubrique quotidienne, Adrien et Julien, qui souvent
dans des conditions difficiles l’ont transmise à Ivry et les
gens du siège fédéral qui l’a corrigée, relue et mise en ligne
sur le site de parispékinavelo.com
Merci enfin à ceux qui ont bien voulu me lire et notamment,
ceux qui m’ont envoyé des messages d’encouragement.
Etape 117 : Baoding - Gaopedian
Samedi 2 Août 2008
63 km - Dénivelé : 30 mètres
Départ : 7h00 - Arrivée : 11h00
CHINE Première
analyse à chaud…
Demain nous terminerons officiellement la partie vélo du Paris
Pékin 2008. Avant que des torrents d’éloges, des ruisseaux de
critiques, des récupérations de tous ordres, en particulier
des ouvriers de la 25ème heure, irriguent notre milieu et probablement
bien au-delà de notre petit cercle habituel, je souhaite simplement,
en tant qu’accompagnateur et témoin, donner mon point de vue
à chaud et en toute subjectivité sur cette extraordinaire randonnée.
Disons le franchement : l’idée audacieuse du Président Dominique
Lamouller, approuvée par la majorité du comité directeur fédéral
actuel, a été géniale. Par cette témérité, les pionniers de
cette expédition ont marqué définitivement l’histoire déjà longue
et remarquable de la FFCT N’oublions pas en effet que pour la
première fois dans l’histoire mondiale du cyclotourisme, une
Fédération, la nôtre, s’est donné les moyens matériels et humains,
politiques et techniques de proposer à un groupe de 115 personnes
- dont 20 étrangers- de se rendre, à vélo, avec une assistance
logistique, de Paris à Pékin, sur plus de douze mille kilomètres
pendant 5 mois.
Dans la réalisation il y a beaucoup à
dire en bien et en moins bien et ceux qui ont œuvré pour cette
réussite, y compris et en priorité les cyclotouristes, ont le
droit et même le devoir de donner leur sentiment par écrit.
Ceux-ci seront lus, analysés et il serait souhaitable que l’ensemble
de ces commentaires soit regroupé par thème, pour une diffusion,
auprès du comité directeur fédéral. Le
résultat global pour la Fédération est incontestablement un
franc succès. Succès collectif grâce aux 115 participants qui,
à leur manière, ont permis ce résultat final. Sans leur opiniâtreté,
leur courage quotidien, leur participation financière, l’idée
fédérale aurait avorté.
Succès collectif également grâce aux centaines d’hommes et de
femmes connues ou anonymes, modestes ou puissants qui ont, à
un moment donné, contribué à poser leur pierre à l'édifice.
En particulier le siège fédéral qui, dans l’ombre, a su redresser
des situations, parfois critiques, dans la préparation, la réalisation
et la progression du Paris Pékin. Là encore la solidarité a
joué pleinement son rôle.
Un clin d’œil reconnaissant enfin pour celle ou celui qui a
accepté de laisser partir son homme ou sa femme, pour une absence
de plusieurs mois. Mais sachez que pour la plupart d’entre nous
cette expédition nous aura changés.
Pour le parcours de cette dernière étape, dans la grande banlieue
de Pékin où les contraintes de circulation sont très difficiles
à gérer, nous avons du l'écourter pour ne pédaler que 60 km,
ensuite est venu le temps de charger nos vélos dans les camions
pour rejoindre en bus et en convoi notre hôtel situé dans la
périphérie de Beijing. Trois heures de route ont été nécessaires.
Demain matin sera l'ultime étape à vélo de notre périple.
Etape
116 :
Dingzhou - Baoding
Vendredi 1er Août 2008
75 km
Dénivelé : 18 mètres
Départ : 7h40
Arrivée : 12h00
CHINE A deux jours du bonheur !
A tout petit pas, nous approchons du
but final : Pékin et la muraille de Chine. Nous ne pédalons
plus que le matin et restons en groupe sous escorte policière
du départ à l’arrivée. Le parcours plat, ultra plat n’a que
peu d’intérêt et notre seule préoccupation est de ne pas se
perdre dans les dédales de villes interminables, de ce fait
notre escorte reste la bienvenue.
Il faut dire que depuis le 16 juin date de notre entrée en Chine,
nous n’avions vu nulle part une présence policière et que depuis
deux jours, à l’approche de la capitale, les contrôles sur la
route pour nos véhicules, la présence visible de policiers et
de militaires en tenue dans les villes, aux abords de nos hôtels,
la fermeture du fonctionnement d’Internet dans les cybercafés
modifient totalement le climat de liberté totale que nous avions
connu et apprécié. Cela ne nous empêche
pas de profiter de ces derniers jours pour prendre des photos
et se balader très librement dans les villes. Pour préparer
la fin de l’expédition et trouver une solution aux contraintes
de la circulation des camions – Interdiction a tous les véhicules
de plus de 3T5 d’entrer dans Beijing le jour et seulement de
minuit à 6h du matin - nos deux gros camions pilotés par Jean-François
et Claude Galvaing nous ont quittés pour assurer le transport
des vélos du Xi'an et demain du Paris-Pékin. Nous ne pouvons
en effet pas rouler en peloton dans la province de Pékin, il
faut donc que les cyclos circulent en bus et livrer les vélos
dans des lieux autorisés. Tout cela est un peu compliqué à gérer,
et contraingnant mais ce ne sont pas ces dernières péripéties
qui vont nous empêcher de progresser ! Notre
témoin du jour est :
Claude Morel du club cyclo l’Abeille de Rueil Malmaison dans
les Hauts de Seine (92).
Une étape de 75 km plate, un excellent revêtement, une escorte
policière discrète en voiture, beaucoup de spectateurs très
amicaux au bord de la route, incontestablement informés de notre
passage, restera la photo de cette journée.
Par ailleurs nous avons beaucoup moins souffert que les jours
précédents des effets de la pollution. Le ciel étant dégagé
et clair. Nous logeons ce soir dans un grand hôtel d’excellente
qualité.
L’expédition touche à sa fin et je suis heureux de la terminer,
mission accomplie. J’en retiens plusieurs éléments : la Chine
en tout premier lieu où j’ai rencontré une population qui manifestement
semble heureuse, et toujours très souriante, même si le niveau
de vie est visiblement inférieur au nôtre. J’ai également rencontré
des paysages variés et une agriculture riche, grâce à un climat
et une irrigation très maîtrisée qui permet toujours deux, quelquefois
trois récoltes pas an ! Une autre surprise vient de la taille
des cités. Un village compte un million d’habitants, une ville
moyenne 5 millions.
La traversée des autres pays a été aussi pour moi, d’un grand
intérêt, notamment le Khirghizistan – dont j’ignorais l’existence
même avant mon départ ! - avec ses paysages de hautes montagnes
magnifiques et son niveau de vie très modeste et le Kazakhstan,
avec ses plaines immenses, ses chevaux sauvages, ses habitants
accueillants et ses routes à faire frémir les ingénieurs de
notre D.D.E. !
Pour terminer réellement ce voyage au très long court, il me
faudra plusieurs mois, avec l’appui de plus de 1 500 photos
que j’ai prises pendant cinq mois. Cela me permettra d’établir
un bilan définitif en me remémorant tout ce que j’ai pu voir
et ressentir dans ce film incroyable et inoubliable.
Etape 115 : Shijiazhuang - Dingzhou
Jeudi 31 Juillet 2008
81 km - Dénivelé : 62 mètres
Départ : 7h40 - Arrivée : 13h00
CHINE Le
retour de flamme vaut
une étape supplémentaire
Initialement nous aurions du avoir une seconde journée de repos
à Shijiazhuang et accompagner la flamme Olympique. L’ouverture
des jeux étant proche, et les tensions perceptibles à l'approche
de cet évènement, nous n'avons pas pu l'accompagner.
Ce qui, sur le plan cyclotouristique uniquement, nous a permis
de scinder l'étape initiale de 140 km en deux étapes de 80 et
60 Km. Nous avons donc remplacé Baoding, que nous atteindrons
demain par Digzhou. De ce fait, cette courte étape nous a permis
de déjeuner directement au restaurant de l'hôtel qui nous était
réservé et de profiter d'une longue sieste réparatrice, bien
utile avec ce climat chaud et humide. En cours de route un arrêt,
organisé dans un village, nous a valu d’assister à une courte
démonstration de sports de combat par de jeunes enfants.
Ce matin au départ, pour fêter la saint Léon, le patron de la
ville de Bayonne et pour saluer les fêtes qui commencent dans
cette région, 6 cyclotouristes originaires du Pays Basque, ont
adopté, comme tenue, les couleurs blanche et rouge pour symboliser
leurs attaches.
Les préparatifs pour les journées des 3, 4, et 5 août prochains
s’activent et il n’est pas simple d'obtenir une coordination
parfaite. Mais comme d’habitude, parce que nous sommes très
rôdés maintenant, toutes les cérémonies se dérouleront à la
perfection. NDLR
Nous signalons à tous les lecteurs, que depuis aujourd’hui,
pour des raisons "inconnues", tous les cybercafés ne permettent
plus d’utiliser Internet. Ne soyez donc pas inquiets (es) si
vous n’avez pas de nouvelles, il s'agit sans doute d'incidents
ou d’impossibilité techniques.
Journée
de Repos
à Shijiazhuang
Mercredi 30 Juillet 2008
CHINE Repos...,
pas pour tout le monde !
En effet depuis hier déjà, Jean-François, chef de l'expédition
et une équipe d’une trentaine de volontaires - dont naturellement
l’équipe "camion" dont je vous ai parlé hier - s’activent pour
mettre en place l’opération de rapatriement, de la plus grande
partie du matériel (les vélos du Paris Pékin et le maximum des
vélos du Xi'an Pékin) et des 13 chauffeurs, lors du retour de
la logistique vers Paris.
Il est indispensable en effet d’anticiper les actions de logistique
à réaliser car, dès le 5 août, le groupe initial des 115 cyclotouristes
qui imprimera une page d'histoire de la fédération, va être
éclaté, sans espoir de se retrouver…avant les cérémonies prévues
en France.
Il aura fallu la journée entière pour vider les véhicules, environ
45 tonnes de matériel divers, allant des installations de douche
aux médicaments en passant par le matériel de réparation des
vélos. Puis trier l’ensemble de ce matériel hétéroclite, et
effectuer un maximum de reconditionnement, pour préparer et
commencer un nouveau chargement des véhicules, dans une configuration
bien différente de l’initiale. En tenant compte, toutefois,
des dernières étapes pour servir au mieux les cyclotouristes
jusqu'à Pékin et ne pas les pénaliser de la logistique mise
en place depuis le 16 mars dernier. Dès l'arrivée à Pékin, but
final de l'expédition, les 2 20t seront de nouveau charger,
dont l’un engrangera près de 150 vélos conditionnés en carton
et repérables.
Etape 114 : Xingtai - Shijiazhuang
Mardi 29 Juillet 2008
125 km Dénivelé : 185 mètres
Départ : 7h40 - Arrivée : 15 h00
CHINE Silence on tourne !!!
Ce matin une équipe de la télévision française nous accompagne,
il s’agit d’une chaîne câblée ou satellitaire : B.F.M.TV. Le
caméraman juchée sur une moto s’en donne à cœur joie et pour
un sujet de 1 minute 45 qui sera diffusée en boucle, il doit
filmer pendant plusieurs heures. Le profil de l'étape étant
entièrement en milieu urbain sur près de 100 kilomètres, il
sera plus intéressant, selon nous, de cadrer le sujet sur les
participants.
Notre principal souci est de se faufiler dans une circulation
intense ou le Code de la route n’est pas forcément le même que
le nôtre. En la matière, la rigueur n’est pas formelle et chaque
conducteur de vélo, de voiture, de camion, de bus, de scooter
ou de très nombreux vélos électriques, pilote son engin suivant
son inspiration, sa créativité et son besoin de rapidité ! Curieusement
il y a peu d’accrochages et tous les usagers circulent assez
lentement. Nos
propres chauffeurs, avec la plus grande prudence et sagement,
laissent passer à gauche et à droite les véhicules qui ne s’en
privent pas. Il faut dire aussi que nos sept véhicules provoquent
la curiosité. Nous sommes les seuls véhicules étrangers à pouvoir
rouler sur le sol Chinois, pendant la pré-ouverture des Jeux
Olympiques !
A l’arrivée à l’étape, nous retrouvons, dans le même hôtel,
le groupe des «Xi'an-Pékin». Un dîner en commun, en présence
du Ministre du Tourisme de la province, de monsieur Lin, patron
de la agence de tourisme Eurasiatours et Dominique Lamouller,
président de la Fédération française de cyclotourisme, clôturera
cette journée.
Dans l’après-midi, une réunion de travail avec les mêmes protagonistes
et plus notamment Jean-François Derégnaucourt, Marie-Claude
Jonac et Jean-Michel Richefort, a été organisée pour essayer
de coordonner les cérémonies prévues les 3, 4, et 5 août prochains
à Pékin. Des informations contradictoires et souvent différentes
arrivent un peu de partout, nos "grosses têtes" réfléchissent
et surtout agissent dans le seul souci commun du respect de
la parole de la Fédération. Notre
témoin du Jour est :
le responsable de l’équipe "camions" Christian Robin, de Saiguede
(31)
Pourquoi une équipe camion ?
La première des raisons est de participer activement à la vie
collective du périple. L’équipe logistique en place pouvant
difficilement assurée seule, pendant cinq mois ce «travail».
La seconde raison est d’avoir une vision autre que celle du
cyclotouriste passif et consommateur.
Comment agissez-vous ?
Il s’agit d’une équipe de six cyclos, bénévoles naturellement,
Jean-Pierre Rouxel d’Orléans, Roland Diot d’Ivry sur Seine,
Christian Piriou de Lyon, Christian Lemay du Québec, Georges
Farjou de Villefranche de Rouergue, qui, sous ma houlette, ont
pris en charge spontanément, la gestion et le rangement du camion
(20t) de la logistique.
La tache consiste essentiellement au déchargement et au chargement
de tout le matériel nécessaire au bivouac et à la préparation
des repas.- 2835 kg.
Egalement la mise en place des douches, des rampes de robinets
d’eau froide pour la toilette quotidienne. Les jours de pluie,
deux tentes de 40 et 80m2 sont déployées, pour que chacun puisse
se restaurer tranquillement assis à table et à l’abri. Pas moins
de 32 tables et 120 tabourets sont déployés à cette occasion.
Cette opération dure en moyenne 90 minutes au chargement comme
au déchargement.
En prime de fin de séjour, il nous a été demandé de reconfigurer
les deux camions de 20 tonnes, afin de pouvoir ramener en France,
l’ensemble de tout le matériel et probablement les 110 vélos
du Paris Pékin et 40 vélos du Xi'an Pékin. Nous espérons boucler
cette tache délicate en une journée et demie. Nous consacrerons
notre jour de repos prévu le 30 juillet pour accomplir cette
ultime mission.
Qu’a apporté ce travail supplémentaire à votre
équipe et dans votre vie de cyclos ?
Tout d’abord une grande satisfaction et beaucoup de plaisir
d’avoir été utile au groupe. Au delà, de la part des autres
participants, de la reconnaissance, qui s’est traduite par des
gestes amicaux spontanés, que nous avons beaucoup appréciés.
Pour conclure ?
L’ensemble de l’équipe, qui ne se connaissait pas avant de partir,
est déjà prêt à repartir pour de nouvelles aventures… ! Notre
Paris-Pékin, s’en trouve encore plus enrichi y compris sur le
plan des relations humaines.
Etape 113 : Anyang - Xingtai
Lundi 28 Juillet 2008
126 km - Dénivelé : 85 mètres
Départ : 7h45 Arrivée : 15h00
CHINE La
rénovation perpétuelle !
Nous entrons dès le départ dans une nouvelle région nommée :
Hebei, peuplée de 15 millions d’habitants. Des slogans cent
fois répétés indiquent que la région se donne trois (3) ans
pour reconstruire totalement les maisons et immeubles anciens
! Et cela se voit. Tout au long de notre étape, pratiquement
réalisée en milieu urbain, des kilomètres de maisons détruites
et d’autres en reconstruction se succèdent. Des centaines de
triporteurs évacuent les déblais et les mêmes apportent les
briques pour reconstruire. Rien de très spectaculaire, mais
telles les fourmis, les hommes et les femmes font avancer les
chantiers et cette province sera très vraisemblablement reconstruite
dans moins de trois ans. Déjà les infrastructures sont prêtes.
Il faut dire quand même que ces transformations ont été la cause
d’encombrements multiples et forts gênants dégageant une poussière
permanente. Malgré ces désagréments, tout le monde semble accepter
ces radicales transformations.
Notre étape, au contraire des précédentes, a été très encadrée
par la police. Voiture devant et derrière le peloton et 6 motards
pour régler une chaotique circulation. Il faut préciser que
demain, nous arrivons le même jour que la flamme olympique.
Hélas l’accompagnement envisagé, il y a un an, est désormais
obsolète. Sans
trop savoir pourquoi, aujourd’hui des centaines de spectateurs
nous attendaient au bord de la route. Spectateurs attentifs
et curieux, mais silencieux et pas du tout démonstratifs, en
revanche des cyclistes Chinois ont terminé avec nous cette étape,
placée encore sous le signe de la chaleur humide.
Notre
témoin du jour est :
Lilianne Perdriel de l’ASPTT de Paris, demeurant à Paris (14ème)
Quelques
brèves du jour :
Ce matin quand nous avons pris nos vélos pour partir, une épaisse
couche de suie recouvrait nos selles et nos guidons. La pollution
n’est pas théorique ici. Dans
la matinée, j’ai entendu un cyclo comparer le bruit du peloton
à celui d’un essaim d’abeilles ! Je cherchais depuis le départ
de Paris à quoi correspondait le bruissement bien particulier
d’un peloton en action. J’ai la réponse, merci Yves-Michel.
Un membre des "jaunes" étant fatigué, un petit noyau de ces
collègues de la même couleur s’est groupé autour de lui pour
rendre sa matinée plus agréable. Rétabli dans l’après midi il
a continué son périple.
Ce midi, lors du déjeuner nous avons fait la connaissance d’un
jeune Chinois Zhai qi de 29 ans, instituteur, parti de son domicile
dans le sud de la Chine le 12 juillet 2008, il compte rallier
Pékin à raison de 200 km par jour.
Dans l’après midi notre ami le distrait cascadeur a effectué
avec maestria sa 7ème chute, aujourd’hui
dans une clairière. Le
groupe de cyclos Chinois, avec qui nous faisons route commune,
nous a doublés avec enthousiasme et nous a précédés à travers
le ville pour nous conduire à notre hôtel, en criant PA -RI
–PE- KIN- PA- RI -PE -KIN .
Quelle que soit la galère prévue, je voulais, pour moi-même,
pour mon club et aussi... pour les sceptiques de mon groupe
je voulais "faire" moi aussi Paris-Pékin. J’y arrive enfin je
suis satisfaite, très satisfaite.
Etape 112 : Xinxiang - Anyang
Dimanche 27 Juillet 2008
111 km - Dénivelé : 80 mètres
Départ : 7h45 - Arrivée : 15h00
CHINE Paris
Pékin = un rêve unique, un but commun Jean
Marchand
Une étape de routine
A force de pédaler dans des paysages grandioses, d’être encouragés
par des centaines de spectateurs tout au long de la journée,
nous devenons moins surpris et plus exigeants, car nous devenons
des "stars". Aujourd’hui l’étape nous a paru sans grand intérêt,
voire monotone, toutefois à l’heure du déjeuner, pris au restaurant,
nous avons pu déguster notre plat unique, des raviolis géants,
lors d'un bon moment de détente.
Dans nos rencontres insolites, nous avons été accompagnés pendant
plusieurs kilomètres par un cycliste local, posé sur un vélo
couché. C’est le premier et le seul vélo de ce type que nous
avons croisé en Chine
Il est vrai que la route est dorénavant plate et que nous continuons
à traverser une riche campagne sans aucun attrait touristique.
Par ailleurs le temps chaud et humide provoque une brume, qui
mélangée avec une pollution certaine, bouche totalement l’horizon.
Ces dernières étapes sont cependant nécessaires pour toucher
au but. A signaler quand même que nous avons franchi dans la
journée notre 12.000ème kilomètre! Même cette fantastique distance
nous paraît ordinaire !
Notre témoin du jour est :
Jean-Claude Marandon du vélo-club d’Annecy en Haute-Savoie (74)
notre Cuisinier.
Dans une expédition de 5 mois la nécessité d’avoir son propre
cuisinier a été très vite posée et résolue. Cette décision s’est
avérée excellente. En effet si en Chine, Jean-Claude ne prépare
plus aucun repas, il en a été bien autrement pendant les 8 000
kilomètres précédents.
Avant
toute chose, je veux remercier l’équipe de volontaires qui,
sous la conduite de Lionel Barbotin, m'a apporté une aide précieuse
dans la préparation des repas et du service. Sans eux, tout
aurait été beaucoup plus difficile.
Tous les jours, le camion frigo, véhicule très précieux dans
notre expédition, conduit en covoiturage par Odette ou moi,
doit être présent au départ, toujours au pique nique du midi
et à l’arrivée pour offrir aux cyclos assoiffés une boisson
fraîche. Un rapide calcul nous permet d’affirmer que nous avons
servi depuis le départ plus de 25000 bières, 4000 litres d’eau,
6000 sodas, 1500 boissons lactées ! Ce qui implique la nécessité
absolument d'alimenter chaque jour le véhicule et trouver les
fournisseurs. Heureusement Jean-François nous donne un sérieux
coup de main. Mon
travail principal de cuisinier est réalisé les jours de bivouac,
car je dois acheter les ingrédients pour préparer 115 repas
chauds pour le dîner et 115 petits déjeuners pour 6h30 le matin.
Pour faciliter la tache, l’organisation avait fait l’acquisition
de milliers de rations alimentaires, auprès des organisateurs
du Paris-Dakar, annulé en janvier 2008. Ces rations nous ont
permis de servir des plats cuisinés variés le soir et quelquefois
le midi : pâtes à la Bolognaise, poularde au curry accompagné
de riz, Chili con carne, cassoulet, porc aux lentilles, porc
au pomme de terre.
J’ai du également préparer de très nombreux pique-niques pour
le midi, sachant qu'il faut environ trois heures la veille au
soir pour tout préparer et conditionner. Là encore Brigitte
Derégnaucourt nous a beaucoup aidés.
Le matin, debout à 4h30 pour faire chauffer l’eau, 6O litres
pour le café, le thé et le chocolat et préparer le petit déjeuner
: pain, confiture, beurre, riz au lait. Heureusement une équipe
de volontaires m’a apporté une aide précieuse. Je tiens aussi
à souligner la gentillesse et la serviabilité de tous les commerçants,
petits ou grands auprès de qui nous avons pu nous approvisionner,
et je peux vous garantir que cela n’a pas été une mince affaire
car je ne parle pas très couramment l’Allemand, le Roumain,
le Hongrois, le Russe ou le Chinois...
Mon seul regret est de n’avoir pas eu le temps de faire du vélo,
mais en découvrant la Chine, je crois bien que je reviendrai
dans ce pays qui me laisse de magnifiques souvenirs... que je
garde pour moi.
Etape 111 : Jiyuan - Xinxiang
Samedi 26 Juillet 2008
130 km - Dénivelé : 85 mètres
Départ : 7h45 - Arrivée : 16h30
CHINE L’étonnement
est une aspiration à la connaissance Thomas
d’Aquin
Dans le grenier
de la Chine.
Nous avons connu tous les climats durant ces cinq mois, actuellement
très chaud (37°) et très humide (90%) le matin pas de problème
pour des sportifs bien entraînés, après le repas de midi rien
n’est plus évident et les organismes sont à la peine. Cependant
la journée s’est bien passée. Tout le monde roule groupé, à
une bonne allure, régulière et tranquille, le rythme étant donné
par trois capitaines de route : Alain, James et Joël.
Nous traversons une nouvelle province, la 5ème de notre périple,
celle-ci étant considérée comme le grenier de la Chine. De fait,
la route plate et longiligne traverse des champs de maïs à perte
de vue. Petites et grandes parcelles se succèdent, souvent séparées
par des rangées d’arbres, qui les protègent du vent fréquent
dans cette large vallée.
Ce soir, nous apprécions le confort d’un bon hôtel et d’une
bonne cuisine Chinoise. A ce propos, à part le petit déjeuner
qui est plus difficile à avaler, les déjeuners et les dîners,
sont appréciés de la très grande majorité des participants.
Nous savons maintenant, un peu mieux, ce qu’est la vraie cuisine
Chinoise, et nous nous ferons tous un plaisir de vous conduire,
à notre retour, dans un vrai "Chinois". Notre
témoin du jour est :
Royer Jean-Paul de l’amical cyclos et VTT de Toul dans la Meurthe
et Moselle (54).
Je suis très heureux aujourd’hui, car selon les calculs de mon
cher compteur, j’ai franchi ce soir mes 12 000 km. En ce qui
concerne l’étape du jour, le départ à 7h45 est tout à fait conforme
avec le kilométrage prévu. Avant le départ réel, nous avons
écouté attentivement une longue explication de Jean-François
sur les prochaines festivités prévues pour notre arrivée à Pékin.
Cela était indispensable pour unifier le groupe pour ces trois
rendez-vous importants : la muraille de Chine, l’ambassade de
France, le Club France du CNOSF Certains de ses propos m’ont
rappelé mon service militaire ! Vélos propres, tenues impeccables,
véhicules comme neufs !
La matinée s’est déroulée en traversant beaucoup d’agglomérations,
avec une brume toujours aussi persistante. Au km 75, surprise,
une copie de notre chère tour Eiffel, d’une centaine de mètres,
nous a été présentée. Repas pris au Km 105, vers 13h car notre
guide Chinois Gaston avait disparu ! Après le traditionnel bol…de
pâtes arrosées d’une bière bien fraîche, nous avons repris la
route. Mon étonnement a été de retrouver un vrai ciel bleu,
disparu, depuis Xi'an. Le vent a été notre allié pour réaliser
ce petit miracle.
Au bord de la route, de multiples marchands de fruits, dont
beaucoup de pêches, très agréables à déguster : Prix du kilo
20 centimes d’Euro ! Aucun problème pour terminer, en groupe,
cette étape ordinaire mais nécessaire ! Après une période de
rodage et d’adaptation assez courte pour les participants où
je voyais certains cyclos bien mal partis je suis surpris, 4
mois après, d’être toujours accompagnés par 102 collègues et
néanmoins amis ! Je tiens à les féliciter, pour avoir su s’adapter
à l’ensemble des difficultés présentes dans une telle aventure.
Le bienfait du cyclotourisme a-t-il frappé une nouvelle fois
de sa magie les cyclistes ? Journée
de Repos à Jiyuan
Vendredi 25 Juillet 2008
CHINE
Oser
affronter le mystère de l’inconnu est un excellent moyen de
se découvrir soi même.
Amand de Thibert
Une journée bien relaxante
Nous apprécions une fois de plus cette journée
de repos. Un car a été mis à notre disposition pour faciliter
l'excursion organisée pour la plupart des accompagnatrices
et de leurs compagnons. Beaucoup ont profité d’un salon de
massage, dans l’hôtel même, pour goûter aux délices du massage
Chinois. Il s’agit de soins, dispensés par des professionnels,
d’une durée de plus d’une heure, sans ambiguïté pour seulement
6 euros. Une très bonne séance de relaxation.
L’encadrement prépare studieusement les cérémonies des 3,
4 et 5 août à Pékin. Rien n’est simple et tout doit être réalisé
dans une ville immense, dont la priorité est naturellement
l’organisation réussie de ses jeux olympiques. Tout est mis
en oeuvre pour que ces trois jours dont les réceptions à la
muraille de Chine, à l’ambassade de France à Pékin et au club
France du Comité Olympique et Sportif Français soient une
conclusion digne de l’exploit réalisé par nos cyclotouristes.
Notre
témoin du jour est :
Brigitte Derégnaucourt du club de l’amical des randonneurs
de la communauté de commune de saint Pourçain sur Sioule dans
l'Allier (03)
Pourquoi avoir une comptable dans Paris Pékin
?
Responsable d’un budget conséquent de plus de deux millions
d’Euros, Jean-François, chef de l’expédition et mon mari avait
impérativement besoin d’un comptable pour assurer, au quotidien,
des taches nombreuses et variées. Comptable de métier, il
a paru à tous que mon choix était naturel.
Le travail est très important en particulier le suivi comptable
des centaines d’opérations réalisées chaque semaine et qui
doit tenir compte de la ventilation demandée par Stéphanie,
la comptable fédérale au siège de la fédération, je dois en
effet avoir les mêmes rubriques et les mêmes codes que le
budget fédéral.
Pour faciliter et simplifier la vie du groupe, Jean-François
a mis à la disposition de chaque participant un compte privé.
Il faut donc assumer la gestion des 115 comptes. Ce n’est
pas un travail de tout repos car il faut enregistrer les opérations
comptables aussi bien en recettes qu’en dépenses et qui plus
est en monnaie locale ; soit 10 monnaies différentes : Euros,
Lei, Rouble, Tengué, Som, Yen, ce travail ne peut se faire
que le soir, dans la nuit ou au petit matin.
A chaque passage de frontières (10) je dois préparer et présenter
les passeports, m’assurer que l’expédition soit pourvue en
monnaie du pays et que chaque cyclo puisse aussi disposer
de la monnaie locale sur son compte.
Pendant la journée je dois en effet, avec l’équipe du camion
frigo, assurer la distribution des boissons fraîches. En revanche,
depuis que nous sommes arrivés à Xi'an, je ne participe plus
à la préparation des pique-niques, qui sont assurés par l’organisation
Chinoise.
Je suis très heureuse d’aider à la bonne marche du Paris Pékin
et d’apporter une aide à mon mari, en précisant que la préparation
de cette expédition a commencé pour lui, comme pour moi, plus
de 18 mois avant le départ de Paris et se terminera probablement
en décembre 2008, à l’assemblée générale de la FFCT à Orléans.
Etape 110 : Luo Yang - Jiyuan
Jeudi 24 juillet 2008
71 km - Dénivelé : 182 mètres
Départ : 7h30 - Arrivée : 12h00
CHINE
L'âge n’est pas une donnée naturelle
en soi, mais un indicateur de mesure
Maurice Halbwach
En parfaite osmose

Il ne nous a pas fallu beaucoup de temps, ni beaucoup d’effort,
pour rejoindre notre étape. Il faut dire en effet que
désormais le groupe est homogène, bien entraîné
et que chacun ayant enfin trouvé sa place, personne
n’a plus besoin de prouver qu’il existe par un
besoin impérieux de se faire remarquer. Nous avons
rejoint la large et riche vallée du fleuve Jaune, qui
ressemble un peu à notre belle Loire en période
d’étiage. Différence quand même,
dans ce fleuve nous avons pu apercevoir des centres d’aquaculture.
Nous avons également longé une mine de charbon,
toujours à ciel ouvert. Si un smog permanent, assez
pénible, ne nous empêchait pas de voir le ciel,
nous serions heureux comme des cyclos lors d’une sortie
de club du dimanche matin.
Ce soir nous faisons étape, dans un hôtel différent,
avec le groupe des « Xian-Pékin ». Les
contacts fraternels ont été nombreux.
Notre
témoin du jour est :
Clément Genet, ostéopathe, de Wimereux (62)
Pas de Calais, Côte d’Opale. Ancien élève
de l’ecole d’ostéophatie de Paris, notre
partenaire
Quel est le rôle de l’ostéophate
dans ce Paris-Pékin ?
Du point de vue ostéophatique il y a eu deux axes
de travail. La prévention pour le bien être du
cyclo, afin d’optimiser sa forme physique et lui permettre
de rouler en toute sérénité et d’éviter
les blessures musculaires et articulaires. Le second, en cas
de traumatisme ou de chute est de tout faire pour que le patient
soit remis sur ses pédales, le plus rapidement possible,
pour éviter de rater quelques étapes.
Notre volonté, nous sommes deux ostéopathes,
a été, de mieux comprendre les contraintes particulières
du cyclotouriste au long cours, et de pratiquer avec eux.
Nous avons donc fait quelques étapes en vélo
et un jour sur deux, nous sommes dans le véhicule fermant
la marche, pour apporter un soutien à l’infirmière
Hermina et l'aider à régler les milles petits
bobos qui sont présents dans un peloton de 103 cyclos
sur près de 13 000 km.
Nous devons traiter une population très précise
et très particulière ce qui nous oblige à
vraiment connaître ce milieu. Ce qui me surprend en
effet ce n’est pas tant la «performance»
sportive que l’acharnement et la volonté pour
trouver une motivation quotidienne pendant…4 mois !
Cela est vraiment caractéristique de ce groupe Paris-Pékin.
Indépendamment
de notre rôle spécifique, nous avons pu sans
problème nous intégrer facilement dans l’équipe
d’encadrement. Nous avons notamment, parlant Anglais,
servi d'interprète à la logistique, aimant conduire,
au cas où, nous avons même obtenu notre permis
de conduire poids lourd Chinois ! et accessoirement fait baisser
la moyenne d’âge du groupe (j'ai moi-même
26 ans et Enrique 27).
Pour moi cette aventure, à mon âge, est une expérience
imprévue et inoubliable et demain j’envisage
sérieusement…d’adhérer à
la FFCT.
Etape 109 : Sanmenxia – Yu Yang
Mercredi 23 Juillet 2008
130 km - Dénivelé : 925 mètres
Départ : 7h45 Arrivée : 15h00
CHINE
Qui vit content de rien, possède toute chose
Boileau
La route du charbon !
Changement en vingt quatre heures pour modifier l’arrivée
de l’étape. En raison de difficultés d’hébergement
nous passons la soirée et la nuit à Yu Yang,
une petite ville… de deux millions d’habitants
en lieu et place de Wangshan. L’hôtel est neuf
et très confortable.
Ce changement imprévu nous a permis de fréquenter
une route peu usitée par les cyclistes du dimanche
et qui, pour nous, ajoute une page noire à notre expédition.
Explication : nous sommes dans une région de mines
de charbon. Curieusement nous ne voyons jamais la mine proprement
dite, qui se trouve éloignée de la nationale,
la célèbre 310, il s’agit en réalité
de gisements exploités à ciel ouvert.
Une noria incroyable de camions, de tous tonnages circulant
jour et nuit, tous les jours de la semaine, dans un va-et-vient
perpétuel, transporte de la mine aux centrales thermiques,
le précieux combustible. Il faut dire qu’actuellement
le pays est de plus en plus demandeur d’énergie
et que 80% de la production d’électricité
sont assurés par des centrales thermiques alimentées
par du charbon.
Bienheureux le pays qui assure sa production électrique
à 75%, grâce à l’énergie
nucléaire. Mais le sait il ?
Sur cette route du charbon, on n’y rencontre forcément…
que des charbonniers. Quand les cyclotouristes sont arrivés,
ils méritaient bien ce titre, car ils avaient tellement
pédalés dans la poussière de charbon,
qu’ils étaient vraiment devenus des gueules noires,
dignes de Emile Zola.
Tous fringants, ils apparaissent, comme tous les soirs, à
19h30 dans la salle de restaurant ayant déjà
récupéré en grande partie la fatigue
de la journée. Quand on vous dit qu’il se passe
quelque chose de ne pas ordinaire ici.
Notre
témoin du jour est :
Georges Mazzega du club : Cyclo-club de Cloubevie dans l'Isère
(38).
Pour moi cette expédition a un intérêt
majeur, car elle me permet de rencontrer des hommes et des
femmes de cultures différentes et de nombreux paysages
que je ne connaissais que dans les livres ou par des reportages.
Tout au long de cette randonnée, tout en sachant que
sans le groupe rien n’est possible, j’ai pu cependant
exercer mon tempérament de «contemplatif»
seul ou avec quelques uns. J’ai beaucoup apprécié
aussi des moments de partage quotidiens sur nos péripéties,
chacun profitant de l’expérience de l’autre.
Les moments forts de l’expédition sont, de mon
point de vue, ceux qui sont provoquées par les autochtones
des pays traversés. Par exemple à Albota de
Jos, en Moldavie ou à Akhtoubinsk en Russie ou un buffet
et une réception princière nous attendaient.
Personnellement, en toute intimité d’une famille,
au hasard, j’ai eu le bonheur de côtoyer certains
anonymes qui m’ont reçus à bras ouverts
dans leur maison ! Moments simples, mais moments palpitants
qui permettent de découvrir les vraies coutumes locales.
Ce
qui m’impressionne chez les Chinois c’est le respect
des autres et d’eux mêmes, des lieux publics,
des animaux des paysages et de la nature. Ce sont des gens
souriants, calmes. Tout ici est mis en valeur, pour essayer
de faire beau, la plupart du temps, l’opération
est réussie. Je trouve que le pays est un jardin, cultivé
de partout.
Etant à la Fédération depuis 40 ans,
je veux simplement dire que sans elle, je n’aurais jamais
pu profiter d’un tel voyage, car elle m'a tout appris
en matière de cyclotourisme, par l’intermédiaire
de mon ancien président de club. Par ce message, je
souhaite tous les remercier pour leurs actions discrètes
et méconnues.
Etape 108 : Ruichang - Xanmenxia
Mardi 22 juillet 2008
91 km - Dénivelé : 981mètres
Départ : 7h40 - Arrivée : 15h00
CHINE
Si l’on veut plus de sourires dans la vie, il
faut créer les conditions pour qu’ils apparaissent.
Dalaï-lama
Les travailleurs de l'ombre
Temps
gris et frais, pas de pluie, de bonnes conditions météo
pour aujourd’hui. Le temps se maintiendra ainsi toute
la journée. Un excellent hôtel nous reçoit
ce soir, tout va donc pour le mieux. Pendant que ces messieurs
pédalent, les accompagnatrices arrivées à
Xi'an, profitent, en car, des beautés des lieux touristiques
de la région. Elles semblent apprécier.
Nous profitons de nos derniers jours de route pour commencer
à préparer le retour…. ! Les esprits vagabondent.
Il faut redoubler de présence sur la route, car le
stress ayant disparu, la fin de l’expédition
étant chaque jour plus proche, l’attention est
moindre et les chutes plus probables. Aujourd’hui encore
une chute, sans gravité heureusement, a donné
du souci au capitaine de route concerné, qui naturellement
s’est porté au secours de la «cyclote»
ayant chutée. Travail obscure et anonyme des capitaines,
dont peu de monde se rend compte, qu’ils en soient ici
déjà remerciés.
Notre
témoin du jour est :
Jean-Luc Bernard de l’association sportive cordemaisienne
cyclos, de Cordemais en Loire-Atlantique (44).
Une superbe étape, bosselée à souhait,
au milieu de cultures multiples et variées: pommier,
pêchers, arbres à coton, maïs, poivriers
et toujours des maisons troglodytes. La circulation est assez
difficile, car la pluie de la veille et de la nuit a engendrée
des coulées de boue, assez dangereuses. Belle et riche
campagne, mais population pauvre et laborieuse.
Je n’arrive pas encore à croire tout le chemin
parcouru depuis Paris. Il me faudra quelques mois pour réaliser.
C’est le voyage de notre vie (je suis avec ma femme
Evelyne) et il restera graver au fond de mon cœur, encore
très longtemps.
Mon voyage a commencé à Paris le 16 mars. Le
départ a été difficile et émouvant,
car notre fille Virginie et son mari Stéphane, venus
nous accompagner, ont couru un moment derrière nous
et ont disparu sur les quais de la Seine proches. Nous avons
continué très émus dans l'idée
de nous séparer pour la première fois. J’avoue
avoir versé une larme à cet instant.
Ce voyage est la découverte de trois grands fleuves
: le Danube, la Volga, et le fleuve Jaune. Les moments forts
auront été : le froid et la neige en Allemagne,
la pauvreté en Roumanie, l’accueil simple et
fraternel en Moldavie, la longue attente à la frontière
Russe, dans le froid, sous la pluie, et dans la boue du Kazakhstan.
J’ai réalisé des actions que je n’imaginais
pas pouvoir faire : rouler dans des conditions climatiques
difficiles, aller dans des toilettes à cinq de front,
vivre près de 5 mois en communauté, manger avec
des baguettes et une cuisine épicée, avec tous
les jours du riz, que je n’aime toujours pas. ! Cette
randonnée m’a fait grandir et mûrir dans
la connaissance de la vie.
Ce Paris Pékin est «le mien» mais j’ai
conscience que sans la FFCT et son organisation, je n’aurais
pu réaliser cette expédition.
Mon seul dopage a été les applaudissements de
milliers de spectateurs anonymes et les encouragements de
toute ma famille et mes amis. Qu’ils en soient remerciés
ici.
Etape 107 : Tong Guan - Ruichang
Lundi 21 juillet 2008
61 km - Dénivelé : 530 mètres
Départ : 7h40 - Arrivée : de 11h15 à
12h30
CHINE
Après la pluie le temps de la fête
!
Ce matin au départ le temps est à la pluie
et hélas, le restera toute la matinée. Contre
mauvaise fortune bon cœur, il faudra donc s’en
accommoder et chacun avec philosophie a pris la route, essayant
de se protéger au mieux. La pluie a comme conséquence
première une route glissante et ce matin en particulier
une route boueuse et dangereuse. Plusieurs chutes, sans gravité,
ont incité les cyclos à une plus grande vigilance.
Sur quelques kilomètres nous avons retrouvé,
sans rire, la route Kazakhstanaise ! Heureusement la campagne
est toujours aussi belle et nous avons traversé des
kilomètres de prairies où poussent des poivriers.
Trois hôtels assez médiocres nous attendent,
nous profiterons de l’après midi pour vivre zen.
Ce soir, nos amis Belges offrent à boire à l’occasion
de leur fête nationale. La bière (Chinoise) va
couler à flots.
Notre
témoin du jour est :
Marcel Lefèbvre : membre individuel de Belgique.
C’est un grand honneur pour un Audax ordinaire qui
fait des choses Audaxtraordinaires d’être le témoin
du jour en ce 21 juillet, fête Nationale de la Belgique.
C’est très émouvant pour moi car il y
a exactement un an, je me trouvais devant le petit écran,
entouré affectueusement de ma petite famille pour regarder
comme chaque année le défilé militaire
se déroulant dans la capitale Bruxelloise et j’ignorais,
encore étant sur une liste d’attente des candidats
à Paris-Pékin, que je serais invité à
participer à cette merveilleuse aventure. Cette année,
moi aussi, je défilerai...mais au pied de la Grande
muraille.
Pour en revenir à Paris-Pékin, j’aimerais
exprimer mon admiration sans borne pour ce bel élan
de solidarité qui s’est manifesté souvent
et spontanément parmi les 101 cyclos lorsque soudain
s’élevait dans les airs, d’abord timidement,
puis en crescendo ce mot «crevaison». Tous s’arrêtaient
pour attendre la malheureuse victime, la conseiller d’abord
sur la façon de démonter le pneu, retirer la
jante, remonter le pneu, à la méthode «d'un
tel», à la canadienne "d'un autre",
etc.… Mieux, il arrive souvent qu’elle n’ait
même pas la possibilité de procéder à
la réparation, si ce n’est de fournir la chambre
neuve, tant les mains se tendent sur l’objet du désir,
j’en parle d’expérience.
Ces minutes, qui au fil du temps se transforment en heures,
puis en jours complets, ne sont pas perdues, bien au contraire
; c’était l’occasion pour chacun au début
de l’expédition de faire connaissance, puis peu
à peu de s’apprécier, puis découvrir
derrière la tenue de cyclo se cache un cœur d’or,
une âme de poète, et aussi de se lier d’amitié,
et pourquoi pas de s’aimer.
Bref tout est bénéfique, à tel point
que certains envisagent la création d’une association
des anciens de Paris-Pékin 2008. J’applaudis
à deux mains en lâchant mon guidon, mais à
la condition que l’on se réunisse tous les 20
ans, la première réunion se passerait à
Aubusson lors de la récupération des vélos
par exemple et la seconde en 2028 à Pékin, le
trajet se faisant bien évidemment à vélo.
Pour la logistique, cela ne devrait pas poser beaucoup de
problèmes, une camionnette et 2 tentes de 4 suffiraient.
Mais évoquer ces projets m’émeuvent et
des sanglots me viennent dans la voix tandis que je vois perler
sur les joues de mon rédacteur, lui aussi ému,
des larmes, au risque qu’elles ne s’écrasent
sur son clavier et causer un court circuit néfaste
pour lui et les prochains comptes-rendus.
Etape 106 : Weinan –Tong
Guan
Dimanche 20 juillet 2008
82 km - Dénivelé : 860 mètres
Départ : 8h30 - Arrivée : 15h00
CHINE
Les raisonnables ont des rêves, les passionnés
ont du vécu
Henri de Bonnaffé.
Vous avez dit * ** *** voire plus….

Une séance photo avec le groupe d’une centaine
de cyclotouristes Chinois, avec qui nous faisons route commune,
permet à tous de partager quelques instants très
conviviaux.
Le temps est gris et lourd, mais notre sérénité
est totale et notre coup de pédale très léger.
L’étape vallonnée à souhait nous
permet de franchir, probablement notre dernier col Chinois.
Nous poursuivons notre route vers le nord à environ
1000 km au nord ouest de Shanghai.
L’assurance d’avoir chaque jour un hébergement
en hôtellerie est la garantie pour nous tous, d’être
reposés pour avoir profité d'une literie correcte
et de sentir "le propre" pour avoir profité
d'une bonne douche à la température voulue.
Nous qui avons connu des moments de galère notamment
dans des hébergements, difficiles à imaginer,
nous en apprécions davantage à sa juste mesure
ce simple luxe.
Notre seul souci désormais est de finir en toute sécurité
et au complet ce périple insensé, car nul doute,
et sans incidents majeurs, il marquera à jamais nos
vies de cyclotouristes, de femmes et d’hommes.
Notre
témoin du jour est :
Michel Bédard du Vélo club de Saint-Hyacinthe
du Québec
Mon rêve deviendra bientôt réalité...Il
y a quelques mois, j’ai vu une émission à
la télévision de langue française de
radio Canada ou une personne a prononcé une phrase
qui m’a marqué : «Les raisonnables ont
des rêves, les passionnés ont du vécu».
Depuis plusieurs années je rêvais de réaliser
un voyage unique à vélo, mais mon côté
raisonnable me freinait. Je me trouvais toujours des excuses
pour ne pas concrétiser ce rêve, même si
je n’avais aucune idée précise de ce projet.
Par un pur hasard, en janvier 2007, je suis informé,
sur le site voyage.com du projet de la FFCT la réalisation
de Paris Pékin à vélo 2008. Instantanément
j’ai su, que c’était ce voyage que je ferais.
Je m’informe plus précisément sur les
conditions de participation et j’apprends que 20% de
non Français pourront être présents. Je
suis certain en tant que «cousin des Français»
de pouvoir participer. Je m’empresse de remplir un dossier,
de passer un examen médical sérieux et...bonheur
en juillet 2007 j’apprends que je suis sélectionné
avec trois autres Québécois.
Après quatre mois de vie commune avec les hommes et
les femmes de l’expédition Paris Pékin,
pour lesquelles j’ai la plus grande admiration et cela
sans exception, j’atteindrais mon but ultime le 3 août
à Pékin. Je serais alors comblé et heureux,
car c’était là ma seule et unique attente
le 16 mars à Paris, cela et rien d’autre.
Maintenant le retour à la maison est tout proche, cette
expédition unique et enrichissante sur le plan humain,
restera gravée pour toujours dans mon cœur et
tous ensemble nous aurons ce petit quelque chose de spécial
entre nous qui confirmera que : "les raisonnables ont des
rêves et les passionnés du vécu".
Etape 105 : Xian - Weinan
Samedi 19 juillet 2008
77 km - Dénivelé : 464 mètres
Départ : 8h00 - Arrivée : 14h00
CHINE
Dans les traces du Xi'an Pékin.
C’est
ce matin que nous entamons la deuxième partie de notre
Paris Pékin, nettement plus courte. Les "Xi'an"
comme on les appelle dorénavant, ont une avance de
24 heures "chrono", ils nous ouvrent la route. Quant
à notre groupe, nous sommes accompagnés par
une centaine de cyclos Chinois, qui vont également
à Pékin. Nous ferons route commune encore demain.
Désormais un bus nous accompagne parallèlement,
son but faire visiter le pays à une quinzaine
de d'épouses ou de compagnes venues nous rejoindre
pour effectuer la fin de parcours. Tous les rouages et les
mécanismes de la "machine" semblent n'avoir
subi aucun problème particulier !
Notre témoin du jour est : François
Hennebert du Cyclo Sport Provencal, d’Aix en Provence
dans les Bouches du Rhône (13).
J’ai passé aujourd’hui un excellent anniversaire
- 62 ans – sur une route de rêve pour un cyclotouriste.
Nous avons traversé 5 ou 6 villages, ou les villageois,
notamment, font battre leur blé par les véhicules
qui traversent le bourg.
J’ai pu mettre, comme chaque jour, en application un
premier principe qui m’est cher dans cette expédition
: toujours lever la tête et ouvrir les yeux. Le second
principe appliqué, est : tout ce qui m’est arrivé
ou tout ce qui m’arrive en positif ou en négatif
est mille fois mieux que d’être dans mon fauteuil,
en train de regarder la télévision.
Pour moi ce très long passage en Chine est le cerisier
sur l’énorme gâteau de mon plaisir, en
particulier notre traversée du Kazakhstan et du Kirghizistan.
En effet le contact avec la quasi-totalité de la population
est facile, chaleureux, décontracté et simple.
En croisant n’importe qui, un simple un sourire, celui-ci
vous est immédiatement et systématiquement rendu.
Ce matin, une mère de famille a glissé son enfant
dans mes bras pour qu’il soit photographié avec
moi ! Cela
donne une impression de confiance totale entre humains ! Après
une surveillance (protection) policière dans certains
pays de l’ex URSS, nous pouvons, en Chine pratiquer
le cyclotourisme et la visite des villes, en totale et entière
liberté, jour et nuit.
Je ne souhaite pas terminer ce témoignage
sans dire que si « mon » Paris Pékin s’est
très bien passé, je le dois aussi à toute
l'équipe de la logistique qui nous entoure : sur le
terrain et à Paris. Pour partager mes émotions
et mes impressions plus compètes sur cette histoire
incroyable, vous pouvez me retrouver sur :
http://velo.hennebert.fr
Journée de repos à
Xi'an
Vendredi 18 Juillet 2008
CHINE
Bis repetita encore une journée de repos !
Nous n’avions jamais eu depuis notre départ de
Paris le 16 mars dernier, deux jours consécutifs de
repos. Nous avons donc profité de cette véritable
coupure pour satisfaire à diverses occupations. Les
chauffeurs des véhicules Ivéco ont, quant à
eux, profité de cette aubaine pour rendre visite au
concessionnaire du même nom, pour l’entretien
de leurs véhicules qui ont beaucoup souffert.
Le soir, la grande majorité du groupe, s’est
rendue à l’opéra pour assister à
un spectacle ou l’Art Chinois, sa poésie, sa
sensibilité et sa richesse ont été démontrés
avec talent, grâce et émotion.
Notre
témoin du jour est :
Bernard Monnin du club Les cyclos de Chartreuse de Saint Laurent
du Pont dans l'Isère (38).
Cette deuxième journée de repos à Xi'an
a été la bienvenue car les visites de la veille
ont été, pour moi, assez fatigantes. Visites
que j’ai beaucoup appréciées, et dont
je n’ai pas à faire l’éloge ce jour.
Aujourd’hui donc, je me suis vraiment reposé
et j’ai pris du temps pour être avec ma fille,
arrivée la veille à Xi'an, pour participer au
séjour touristique de Xi'an à Pékin.
Nous avons flâné dans la vieille ville et fait
quelques achats dans les échoppes de souvenirs pièges
à touristes !
Après le repas pris en dehors de l’hôtel
nous hébergeant, nous avons assisté à
une soirée à l’opéra de Xi'an.
Spectacle court -1h15- et d’une qualité exceptionnelle,
tant pour les costumes, que pour les décors et les
artistes. De la danse, des ballets, présentant des
costumes et des instruments de musiques anciens et traditionnels
en Chine sont venus nous charmer avec un spectacle très
poétique.
J’ai apprécié en particulier une séquence
mettant en scène 6 musiciens, qui avec des instruments
à percussion et des cymbales, se sont lancés
dans un numéro ou chaque musicien donnait un rythme
différent en une sorte de dialogue plein d’humour
avec l’un ou avec les autres.
Tous
les participants de Paris-Pékin, qu’ils soient
sur le vélo ou dans l’accompagnement sont les
pièces d’un puzzle, pièces disparates,
qui n’ont qu’un point commun : la passion du vélo.
Reste à savoir quelle sera l’image de ce puzzle
reconstitué à l’arrivée ? J’espère
que cette image du cyclotourisme, de notre Fédération
et de la France, transportée à l’autre
bout du monde, sera belle et restera gravée dans la
mémoire de tous ceux qui s’y sont intéressée.
Je souhaiterai que cet itinéraire de Paris-Pékin,
tracé et bientôt terminé, soit un fil
d’Ariane d’union et de paix entre les pays traversés
et les peuples rencontrés. Je voudrais que toutes les
routes qui finalement ne mènent pas toujours qu’à
Rome, soient pour tous les baroudeurs de tous les pays du
monde un trait d’union et d’amitié.
Journée de repos à
Xi'an
Jeudi 17 juillet 2008
CHINE
Une journée gigXIANtesque !
Le voyageur qui vient de si loin ne peut être qu’un
ami !
Confucius

Nous attendions tous Xi'an, car nous savions que nous
finissions la première partie de l’expédition
et que ces deux jours de repos seraient différents.
Rencontre avec nos cadets de «Xi'an Pékin»,
l'arrivée d’une dizaine d’épouses
ou de compagnes, deux jours de repos consécutifs dans
la même ville, visites et festivités diverses.
Tout a été différent en effet. Dès
9h trois cars ont été mis à notre disposition
pour la journée. Première visite de la ville
de Xi'an (8 millions d’habitants), à la pagode
des oies sauvages. Lieu de repos, de détente, de calme
et de silence. Notre guide nous explique, en Français,
ce qui peut être considéré comme une façon
de vivre pour la plupart des chinois : arriver à l’équilibre
entre le Yang et le Yin, vivre Zen, suivre la philosophie
Bouddhiste, qui n’est pas d’origine Chinoise,
mais qui est reconnue et très respectée.
Deuxième visite, permettant à l’Etat de
nous présenter dans un show room impressionnant la
fabrication et la vente de superbes articles en Jade.
Puis
direction vers le site de l’armée enterrée,
à 45 km de notre hôtel. Découvert par
hasard en 1974 par un paysan qui creusait un puit, ce site
aménagé, comme savent le faire les Chinois,
permet de recevoir une douzaine de millions de visiteur par
an. Les aménagements sont plus fonctionnels qu’esthétiques.
En revanche, l’objet de la visite est vraiment extraordinaire
et mérite le voyage. 3 heures sont nécessaire
pour admirer et tenter de comprendre la mégalomanie
ou le génie de l’empereur Tchin Shu Ruangdi,
qui a enterré des milliers de statues de soldats, en
tenue de combat, au 3ème siècle avant Jésus
Christ !
Chaque fois qu’une salle était terminée
et recouverte d’un plafond, lui-même couvert de
terre, il faisait entrer tous les artisans ayant participé
à cette œuvre, et fermait la salle définitivement,
pour éloigner tous témoins de cette croyance
en l’éternité !
Le Président Chirac, nous a-t-on dit plusieurs fois,
considérait à cette découverte comme
la 8ème merveille du monde.
Les fouilles continues et il est probable que lors de notre
prochaine visite, dans une vingtaine d’années,
beaucoup de questions qui se posent encore aux archéologues
seront résolues.
Notre journée s’est terminée en apothéose
par un dîner officiel et par une cérémonie
sur les remparts de la ville ou le Maire de Xi'an a remis
au Président Dominique Lamouller les clés de
la ville et à Jean-François Dérégnaucourt,
chef de l’expédition un parchemin. Le tout, en
musique, avec danse et spectacle. Longtemps après minuit,
nous étions encore sous le charme de cette surprenante
journée.
Notre
témoin du jour est : Lionel Barbotin du club
: La roue Marquettonne de Marquette en Ostrevant dans le Nord
(59).
Je participe à une magnifique expédition, certes
nous avons eu rencontré beaucoup de difficultés
: neige, pluie, froid, chaleur, bivouacs improvisés,
ce qui m’a occasionné quelquefois un peu de nostalgie
quant à ma famille. C’est normal, mais l’ambiance
qui s’est créée au fil du le temps, nous
a fait oublier toutes ces contraintes et le franchissement
de cols à plus de 3000 mètres a été
pour moi un moment merveilleux.
Aujourd’hui nous sommes à Xi'an, là où
la découverte des soldats enterrés est impressionnante.
Les vacances commencent il ne nous reste plus que 1 200 Km
à parcourir. Les jeunes et les nouveaux arrivants,
partageront un peu de notre expérience, mais je crains
qu’ils ne profitent pas comme nous, de nos merveilleux
contacts et l'ambiance trouvés lors de nos traversées
des 14 pays différents.
Mon souhait le plus fort est que nous arrivions tous ensemble
à Pékin, pour verser des larmes de bonheur et
d’émotion sur la Grande muraille. Si c’était
à refaire, je le referais comme cyclo ou comme encadrant
bénévole, pour faire bénéficier
à d'autres de cette unique et extraordinaire expérience.
Le
témoin du jour :
Dominique Lamouller, président FFCT.
Pour la première fois, les 262 cyclotouristes sont
réunis à 21h ou 3 représentants de la
FFCT sont pris en charge par la ville de Xi’An. Tous
les cyclotouristes suivirent dans 7 bus et furent amenés
à la porte principale de la ville. Face à des
remparts majestueux qui entourent cette ville impériale
sur 14 km, nous sommes tous accueillis par une cérémonie
majestueuse. Sous des flots de musique et de lumière,
de nombreux soldats de l’empire et de nombreux princes
et princesses nous reçoivent avec le faste de l’empire.
C’est l’émotion et l’émerveillement
pour tous. Le président de la FFCT reçut alors
les clefs de la ville de Xi’An. Jean-François
Derégnaucourt reçut le visa impérial.
Paris-Pékin est ainsi devenu Paris-Xi’An-Pékin.

Nous pouvons alors pénétrer sur un large tapis
rouge et sous une haie d’honneur les larges fortifications
et la porte de la ville. Tout se termine dans la cour impériale
du palais des ‘Cloches’ sous le grondement des
tambours.
Tous les cyclotouristes sont devenus des citoyens de fait
de la ville de Xi’An. Nous avons eu ici une belle cérémonie
d’ouverture confirmant l’amitié entre les
peuples.
Etape 104 : Fufeng - Xi'An
Mercredi 16 juillet 2008
109 km - Dénivelé : 282 mètres
Départ : 9h00 - Arrivée : 17h00
CHINE
La rencontre avec les Xi'an Pékin !
Avant le départ, nous avons commencé notre
matinée par une séance photo. Vue d’ensemble,
de chaque groupe, de l’équipe cuisine, de ceux
qui chargent et déchargent les camions et de l’équipe
de la logistique. Ces prises de vues ne sont pas faciles à
organiser car nous avons besoin de la présence de tous
et de grandes surfaces au sol pour pourvoir organiser le déploiement
de 120 personnes et sept véhicules.
Tout le monde se souviendra longtemps du dernier bivouac,
excellent dîner, projection des vidéos de notre
expédition, feu d’artifice et feux de camp.
A noter hier après midi, un léger accrochage
entre le 20 T de Jean-François et une voiture, qui
est venue, en manoeuvrant à reculons s’écraser
contre le pneu arrière droit du camion ! Cet incident
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